AU FIL DES HOMELIES

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 LE DIACRE, MESSAGER DE LA BONNE NOUVELLE

Is 63, 15-64, 7 ; 1 Co 1, 3-9 ; Mc 13, 33-37
Deuxième dimanche de l'avent – Année B (9 décembre 1990)
Homélie de Mgr Bernard PANAFIEU
pour l'ordination diaconale du Frère Bernard MAITTE

 

Le fait que la célébration de l'ordination au diaconat du frère Bernard se déroule en ce temps de l'Avent, et qu'en ce dimanche la figure de Jean-Baptiste nous soit présentée comme celle du prophète qui prépare humblement la route du Seigneur, n'est pas sans signification le diaconat n'est-il pas en effet, un service de la Parole et de la Charité qui ouvre les cœurs au don de Dieu et les achemine vers le Christ Jésus ?

Jean-Baptiste est un messager qui proclame la Bonne Nouvelle, invite à la conversion et s'efface pour laisser chacun dans l'intimité de son Seigneur.

Un messager qui proclame la Bonne Nou­velle. La mission du diacre est d'annoncer la Parole de Dieu comme une parole de conversion et de vie. Le plus grand service qu'on puisse rendre à quelqu'un, c'est de lui transmettre l'évangile. Ce n'est pas lui ou­vrir un livre de recettes sur le sens de la vie. C'est lui révéler une Parole qui se fait chair en Jésus-Christ. C'est le faire entrer dans l'intimité de l'amour trini­taire. C'est lui révéler sa condition merveille use de fils de Dieu reçue dans le sacrement de baptême comme une pâque, une mort au péché pour une résur­rection à la vie nouvelle dans le Christ.

Le messager sait bien que son rôle est mo­deste. Il n'est pas le chemin. Il est celui qui aplanit la route. Il n'est pas la lumière. Il est celui qui montre la lumière. Il n'a pas le pouvoir de convertir, de changer les cœurs, pas même le sien. Il n'est qu'un témoin pécheur et discret qui a reçu une mission et qui se doit de l'assumer avec courage et avec ferveur. Il se re­connaît incapable d'assumer la charge qui lui est confiée. Il sait qu'il n'est pas "digne de dénouer la courroie des sandales" de Celui qui l'envoie. Mais il croit en la puissance de l'Esprit saint qui rend à l'homme sa dignité de fils de Dieu et l'ouvre à la vie éternelle.

La vocation diaconale dans l'Église est faite de discrétion, d'humilité, d'esprit de service. Elle est le regard du Christ qui nous aime. Elle est la main du Christ qui nous secourt dans l'épreuve. Elle est le cœur du Christ compatissant à toute souffrance et à toute détresse. Elle révèle le visage que devrait pren­dre toute communauté chrétienne : celui du Christ serviteur.

Le diacre ne se définit donc pas d'abord par des tâches à accomplir, mais par le signe dont il est porteur qui unit dans la même ferveur le service de la gloire de Dieu dans la liturgie et l'Office divin, et le service des pauvres. C'est ce que saint Augustin ex­primait à ses frères : "En chantant "Alléluia", donne du pain à qui a faim, habille celui qui est nu, ac­cueille le sans abri. Ce n'est pas seulement ta voix qui chante, mais ta main qui chante, elle aussi, parce que tes actes se conforment à tes paroles, comme tes doigts s'associent à ce que proclame ta langue". Et voila pourquoi l'Église au cours des siècles a vu dans la diaconie l'expression la plus parfaite du mystère de l'Incarnation : Dieu se fait serviteur de l'homme au point de donner sa vie en son Fils pour que le monde soit sauvé par Lui. Est-il image plus parlante de ce mystère que celle de la crèche de Bethléem vers la­quelle nous oriente la liturgie de l'Avent ?

Bernard, l'Église te fait confiance, qui t'ap­pelle par ma voix à ce ministère diaconal en vue du sacerdoce. Elle t'invite à vivre la charité du Christ, inséparablement amour du Père et service de tes frè­res. Sur cette route, tu n'es pas seul. Elle est longue la procession des diacres en laquelle tu t'insères : Etienne, contemporain des apôtres, lapidé aux portes de Jérusalem, Burrhus et Philon, les diacres de l'évê­que Ignace d'Antioche, Laurent, le diacre de Rome martyrisé en 258, Ephrem, ce diacre syrien du qua­trième siècle, appelé "la harpe du saint Esprit", Fran­çois d'Assise, époux de Dame Pauvreté. Avec eux et à la suite de Jean-Baptiste, tu vis l'Avent du Royaume, cette veille, ou mieux encore cette vigile active du Seigneur qui vient. Chemin d'espérance où Marie te précède en te montrant la voie.

Que l'amitié et la prière de ton évêque, de tes frères moines, de la communauté paroissiale de saint Jean de Malte et de toute l'Église d'Aix-en-Provence et d'Arles t'aident à rester fidèle à l'amour du Sei­gneur.

 

 

AMEN

 

 
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