AU FIL DES HOMELIES

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PAR QUELLE AUTORITÉ FAIS-TU CELA ?

Ba 4, 21-29 ; Mt 21, 23-32

Jeudi de la deuxième semaine de l'Avent – C

(12 décembre 1991)

Homélie du Frère Michel MORIN

 

C

e passage d'évangile peut se raccourcir en trois mots. Le premier : l'autorité de Jésus. Les pharisiens, les scribes, les chefs des prêtres reconnaissent que Jésus a vraiment une autorité. Et ils la reconnaissent de telle façon que celle-ci ne les laisse pas indifférents et ils veulent savoir d'où vient cette autorité. Cette question est normale : quand on reconnaît une autorité, cela entraîne, et c'est le second mot qui résume cet évangile, l'obéissance ou la non-obéissance. Les pharisiens avaient donc bien cru en cette parole de Jean-Baptiste au sujet de Jésus : "Quelqu'un vient après moi qui est plus grand que moi !" Donc le Christ est reconnu comme ayant une autorité.

Le deuxième mot est donc l'obéissance. C'est de là que vient le double jeu de questions. D'abord celle des juifs puis celle de Jésus Lui-même. Jésus ramène une question qu'Il a souvent évoquée et qui lui sert non pas de réponse immédiate mais d'approfon­dissement, de perspective, de réflexion. Et une fois encore Il ramène son propos aux deux types d'hom­mes qu'Il rencontre pendant son ministère : ceux qui refusent sa parole, les pharisiens, les chefs des prêtres, et ceux qui accueillent sa parole, les prostituées ou les publicains, et ceci à travers cette parabole des deux fils, deux enfants, le premier qui dit j'y vais et qui n'y va pas, le second qui apparemment ne fait rien pour obéir et qui dans le fond de son cœur va vivre un jour selon l'opportunité de cette parole.

Donc, à propos de la question qu'ils se posent sur son autorité, Jésus renvoie ses interlocuteurs à la façon dont eux se situent par rapport à la conversion, par rapport à l'obéissance et l'obéissance due au Père. "Un père avait deux fils." Nous remarquons que le lien qui se fait entre l'obéissance demandée et l'auto­rité de Jésus c'est d'abord la repentance. "Les prosti­tuées et les publicains se sont repentis. Et vous, vous n'avez pas eu de remords même tardif qui vous aurait fait croire en la parole de Jean-Baptiste" non seule­ment pour croire que j'ai une autorité toute puissante, mais pour adhérer à cette autorité, pour y obéir et pour entrer ainsi dans le chemin du salut, pour entrer dans le chemin du Royaume que Jésus ouvre aujour­d'hui pour ces pharisiens et ces scribes à travers l'image, à travers le symbole de la filiation, car il s'agit de deux enfants et quels qu'ils soient, il faut que l'un et l'autre entrent et demeurent dans cette filiation et reconnaissent, qu'en définitive, toute autorité vient du Père, que le Père a donné cette autorité au Fils pour que les fils, fidèles ou infidèles, restent et de­meurent dans la famille, dans l'amitié et dans la vo­lonté du Père.

Que ces quelques paroles de l'évangile nous rappellent que, dans ce temps de l'Avent, cette attente du Seigneur, dans cette disponibilité à l'obéissance à sa Parole, il y a aussi ce point de départ, sans cesse renouvelé, de la repentance, du repentir et même s'il est tardif, il est quand même la porte pour entrer plus profondément dans le mystère de l'attente de Dieu, dans le mystère de la venue de Dieu, dans le mystère de notre filiation avec Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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