AU FIL DES HOMELIES

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CONVERSION ET JOIE

Is 30, 27-32 ; Mt 11, 12-19

Jeudi de la deuxième semaine de l’Avent – A

(9 décembre 2004)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, ce passage de l’évangile de saint Matthieu que nous venons d’entendre, nous montre de façon assez précise le passage de l’Ancien au Nouveau Testament, le moment où bascule l’histoire du Salut. Jusqu’à Jean-Baptiste, c’est l’Ancien Testament, c’est pourquoi Jean-Baptiste vient dans la pénitence, dans la conversion, dans l’appel à se frapper la poitrine, à reconnaître notre péché. Jean-Baptiste vient comme sont venus les prophètes, et nous avons entendu tout à l’heure l’oracle d’Isaïe qui annonçait la colère de Dieu, le poids de la fureur du Seigneur. A cause de nos péchés, il y a une démarche fondamentale, et tout l’Ancien Testament veut la manifester, qui est une démarche de repentir devant le mal, devant notre vie gâchée, devant notre connivence avec le démon.

Avec Jésus, c’est le Salut qui vient. Vous l’avez remarqué, au milieu de cet oracle d’Isaïe, qui annonçait cette colère de Dieu, cette véhémence de son courroux, au milieu de ce texte, il y avait ces versets étonnants : "Mais pour vous, le chant sera comme un chant de fête, comme une nuit où tous les cœurs sont joyeux, comme lorsqu’on marche au son de la flûte pour aller à la montagne du Seigneur". Voici qu’au moment de la colère de Dieu, au moi-ment de la reconnaissance de notre péché, se lève une lumière, un chant de fête, c’est le salut. Voilà pourquoi le Fils de l’Homme qui vient immédiatement après Jean-Baptiste, présenté par lui, indiqué par lui, le Fils de l’Homme vient, il mange et il boit parce qu’il apporte la paix et la joie.

C’est ce retournement que nous vivons pendant le temps de l’Avent, où nous faisons mémoire de cette longue pénitence de l’Ancien Testament. Nous avons été comme Israël, fustigés par les prophètes au nom de ce Dieu qui veut venger la justice, la vérité, qui veut venger la vertu, nous sommes entraînés dans ce mouvement de pénitence, de repentir, mais il débouche sur le salut, il débouche sur la joie, la joie que vient apporter cet enfant de Bethléem, la joie que vient apporter le Fils de Dieu devenu homme parmi nous, et qui ainsi nous introduit dans un monde nouveau, un monde où tout doit être réconcilié, un monde de la charité de Dieu répandue dans nos cœurs, un monde qui est celui de l’Esprit Saint. Nous sommes à la fois les témoins de notre appartenance au vieux monde, celui du péché qui rampe encore dans notre cœur, et puis notre appartenance à ce monde nouveau, ce monde de la délivrance par le don que Dieu va nous faire de sa vie, de sa joie, de son amour.

Alors, ne soyons pas comme ces juifs auxquels Jésus s’adresse, ses contemporains et qui étaient toujours en décalage par rapport au message de Dieu. Nous avons entonné un chant de deuil, c’est celui des prophètes, dit Jean-Baptiste, mais vous n’avez pas su vous convertir, vous n’avez pas su vous frapper la poitrine pour vous reconnaître pécheurs. Et puis maintenant, nous vous disons que vous êtes sauvés et que la joie vous est donnée, et vous ne savez pas danser alors que nous jouons de la flûte pour vous. Il faut que nous sachions vivre à la fois Notre participation à ce monde de péché, et la nécessité d’expier par la conversion et la pénitence vraie, et en même temps cette joie débordante qui doit remplir notre cœur à l’approche de Noël, non seulement de cette Noël qui a eu lieu, il y a deux mille ans, et dans laquelle le Salut nous a été offert, mais cette Noël qui se reproduit chaque année, qui annonce la Noël éternelle qui annonce que le Christ reviendra pour nous prendre avec lui dans sa joie, sa gloire, dans cette Jérusalem que nous chantions tout à l’heure et qui tourne déjà son regard vers Dieu qui vient.

 

 

AMEN

 

 
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