AU FIL DES HOMELIES

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LE BON SIGNE RENVOIE AU SIGNIFIÉ

Is 30, 19-26 ; Lc 7, 24-30

Mardi de la deuxième semaine de l'Avent – B

(6 décembre 2005)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

R

ompus depuis longtemps aux "attendus" théologiques, vous savez que le signifiant renvoie au signifié, c'est-à-dire que le signe, comme par exemple la fumée, si c'est un signe naturel, renvoie au feu que l'on ne voit pas.

Pourquoi parler de signes ? Il me semble que c'est exactement ce que l'évangile aujourd'hui nous dit du rôle de Jean-Baptiste. "Qu'êtes-vous allés voir ? Un roseau agité par le vent ? Etes-vous allés voir quelqu'un vêtu d'habits somptueux et riches ? Non. " Ces signes-là nous renvoient à notre quotidien, à nos vies souvent comparables à des roseaux agités par le vent, ou encore à nos sociétés riches de consommation. Elles ne sont pour nous véhicule d'aucun signe fort, d'aucun signe qui puisse mettre les hommes en route.

Qu'êtes-vous allés voir ? Un prophète. Oui, je vous le dis, Jean-Baptiste est un prophète. Le prophète est bien celui qui porte la Parole de Dieu. Pas celui qui se contente de la dire, de la proclamer, mais celui qui, dans son être, dans tout ce qui se voit de lui est signe qu'il est bien le messager de Dieu. Et Jean-Baptiste est signe ? Il renvoie d'abord à celui qui est le vrai chemin, il prépare la route à celui qui est la voie. Il annonce la conversion de celui qui est la vie. Et dans son message, il signifie déjà celui qui a la pleine vérité, le Christ lui-même.

Lorsque l'on va voir quelqu'un comme Jean-Baptiste, il faut savoir qu'il nous renvoie à plus loin que lui. Il faut saisir que ce que nous entendons et ce que nous voyons de lui ne s'arrête pas à ce qu'il est, le signe n'est pas là pour posséder, pour enfermer, pour arrêter sur lui-même, mais bien toujours pour renvoyer au signifié, à ce qui ne se voit pas forcément de manière directe.

Aujourd'hui, dans un monde qui a besoin de signes, bien sûr, il s'agit d'abord de ne pas se tromper de signe pour ne pas se tromper de Dieu, du Dieu que l'on mettrait ou qu'on inter changerait selon nos idées. Nous n'avons pas besoin du signe ni du roseau agité ni de l'homme vêtu richement. Nous avons besoin du prophète, du messager, celui qui, envoyé en avant prépare la route du Seigneur. Cela nous rappelle, puisque nous aimons souvent à dire que aujourd'hui encore, nous devons être comme Jean-Baptiste, des messagers ou des envoyés, avoir peut-être conscience que si nous avons à jouer ce rôle de signe, ce n'est pas pour nous-même et encore moins pour arrêter ceux qui doivent être renvoyés à Dieu. Entrer en lien ou en communication avec lui, cela signifie que nous ne devons pas les arrêter sur nous. Etre prophète, être signe, demande une certaine humilité, parce que même lorsque l'on croit renvoyer à Dieu lui-même, Jésus dit : faites attention, car le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que Jean-Baptiste. Le signe dépasse le signe !

 

 

AMEN

 

 

 

 
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