AU FIL DES HOMELIES

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LE ROYAUME EST UN DON GRATUIT

Is 33, 17-24 ; Mt 11, 11-19

Mardi de la deuxième semaine d'Avent – A

(10 décembre 2013)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Sur un air de flûte !

F

rères et sœurs, "le Royaume de Dieu souffre violence".Ce mot de violence aujourd'hui a des connotations assez précises, c'est tout ce qui concerne les incidents violents dans le métro, dans les transports en commun, dans les rues, les vols à la tire, menaces et braquages des bijoutiers, etc … Le mot de violence recoure tout cela et sans doute qu'il y en avait bien autant à l'époque de Jésus qu'à notre époque. On peut alors se demander ce que veut dire Jésus lorsqu'il dit que le Royaume de Dieu souffre violence. On voit mal des scènes de violence au cours d'un sacrifice au temple ou au cours d'une prière dans une synagogue, cela n'a pas beaucoup de sens. Par conséquent, ici le mot de violence doit être pris dans un sens symbolique, métaphorique, et c'est ce que je voudrais souligner rapidement.

Il y a deux manières d'entrer en relation avec une réalité, qu'elle soit individuelle, personnelle ou sociale. Ou bien, c'est le "rentre dedans" et c'est la violence, ou bien d'accueillir et de faire de la place et c'est la grâce. C'est exactement ce que Jésus veut dire ici : jusqu'ici le Royaume de Dieu souffre violence parce que l'attente du Royaume de Dieu avait à la fois la figure à la fois par la prophétie, c'est indéniable, et en même temps par les comportements, car l'accès au Royaume de Dieu semblait être une affaire de forcing. Pour y arriver, il fallait trouver sa place, il fallait entrer dans le Royaume, d'où le phénomène à la fois de bousculade, de cohue, de presse, par lequel la foule et les gens avec leur espérance messianique essayaient d'entrer dans le Royaume. C'est cela que Jésus désigne, le fait que le Royaume jusqu'ici a été conçu comme une réalité qu'il faut attraper, acquérir, s'approprier, et donc il faut mettre la main dessus, il faut forcer l'accès.

Or, précisément, toute la prédication de Jésus montrera que lui-même, quand c'est lui qui propose le Royaume, en proposant par sa parole et sa présence, le salut aux hommes. La dynamique est complètement inversée. Il ne s'agit plus d'attraper, de faire main basse par violence sur le Royaume, il s'agit simplement de se reconnaître pécheur, de savoir l'accueillir. C'est ce que Jésus fait et à la fin, il dit que les gens ne comprennent pas parce que c'est comme les gamins qui jouent de la flûte sur la place, encore faut-il accueillir la musique, encore faut-il avoir le cœur ouvert à une certaine gratuité, encore faut-il pouvoir être disponible à passer un peu de temps pour danser sur la place. Non, les gens continuent l'économie de la violence, ils ne remarquent même pas que le Royaume est offert dans la gratuité.

Frères et sœurs, inutile de vous dire que ce passage concernant Jean-Baptiste sur la prédication de Jésus est d'une actualité saisissante. Il est certain qu'aujourd'hui la grande tentation des religions est la tentation de la violence, soit réelle, hélas, soit métaphorique, cela existe aussi. Mais le problème de la religion n'est pas un problème de conquête, de faire main base sur un avenir, des prérogatives, sur une relation privilégiée avec Dieu, mais c'est d'ouvrir son cœur pour accueillir le salut qui vient et qui est donné gratuitement.

 

AMEN

 

 

 

 
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