AU FIL DES HOMELIES

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COURAGE !!!

Ba 4, 21-37 ; Mt 21, 23-32

Mercredi de la deuxième semaine de l'Avent – C

(11 décembre 1985)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

C

 

ette parabole des deux fils, qui est relativement peu connue, nous montre que l'important est dans la conversion du cœur et la miséricorde. Celui qui, dans un premier temps, refuse de faire la volonté de Dieu, mais qui ensuite, comme les publicains et les prostituées de l'évangile, pris de remords, se convertit et retourne son cœur, celui-là obtient le pardon de Dieu parce que c'est lui qui se fait proche du cœur de Dieu.

Le texte de Baruch que nous lisions tout à l'heure ne nous dit pas autre chose, mais il le dit avec une intensité lyrique, avec un enthousiasme qui est vraiment caractéristique de ce temps de l'Avent. Vous avez entendu ce qui, comme un refrain, revient sans cesse dans ce texte : "Courage, mes enfants ! Criez vers Dieu ! Courage, Jérusalem ! Il te consolera ! Courage ! Car si vous avez à supporter la colère, bientôt vous verrez le salut ! courage parce qu'une joie me vient du Saint pour la miséricorde qui bientôt vous arrivera."

"Courage !" parce que Dieu est pardon, parce que Dieu est miséricorde, parce que même si nous avons quitté, si nous nous sommes éloignés de Dieu dans la tristesse et les pleurs "avec tristesse et pleurs je vous ai vu partir", Dieu vous ramènera pour toujours, dans la joie et la jubilation. Le pardon de Dieu ne se fait jamais attendre. Et même si nous avons préféré la tristesse de notre pèche, même si nous avons préféré la solitude de notre égoïsme, même si nous avons préféré l'endurcissement de ce que nous croyons être notre confort ou notre pauvre bonheur, même si nous avons dit non à Dieu, Dieu ne se lasse jamais. Et pour Lui l'essentiel c'est la joie qu'Il veut nous donner, car Dieu n'est pas d'abord un juge qui essaie d'établir un équilibre entre nos fautes et ce qui devrait punir ces fautes. Dieu est un Père d'une telle tendresse qu'Il n'a dans le cœur qu'un seul sentiment, un seul souhait : c'est ce désir infini de nous rendre heureux, de nous donner sa joie.

Et c'est pourquoi cette joie revient comme un refrain permanent tout au long de ce temps de l'Avent. Le temps de l'Avent c'est le temps de la joie parce que c'est le temps du désir, parce que c'est le temps de l'Attente, parce que sans le voir, comme le disait l'antienne que nous venons de chanter (G 525) "nous tressaillons de joie, remplis d'une allégresse immense", à la pensée du Dieu qui s'approche. Même si nous ne le voyons pas encore, même si notre cœur n'est pas encore totalement ouvert à sa venue, même si nous ne sommes pas encore vraiment convertis, il y a au fond de nous ce premier tressaillement de joie qui est l'annonce du pardon, l'annonce de la miséricorde. Car la miséricorde de Dieu commence ainsi par la proclamation de la joie : "Courage, mes enfants ! Car Dieu vous donne la Joie ! Jérusalem, regarde vers l'Orient ! Vois la Joie qui te vient de Dieu !"

Nous n'avons pas notre regard assez fixé sur ce Seigneur qui vient pour nous combler, pour nous donner tout ce que nous désirons. Nous croyons trouver un appui ici ou là nous croyons trouver un bonheur dans telle ou telle réalité éphémère, mais nous ne regardons pas assez haut. Nous ne levons pas assez la tête. Comme nous le disait le Christ au début de cet Avent : "Redressez-vous et redressez la tête car voici que Je viens vers vous." Il faut que nous ayons le regard haut, le regard élevé pour percevoir cette joie de Dieu qui vient vers nous, comme Il invite Jérusalem à regarder vers le soleil levant, vers l'Orient.

"Il te consolera Celui qui t'a donné un nom." Oui, Celui qui nous appelle par notre nom, comme Il a appelé chacune de ses brebis qu'Il connaît, comme Il a appelé Marie-Madeleine par son nom au jour de sa Résurrection, Il nous donne notre nom. Et c'est pourquoi Il nous console et Il nous remplit de sa joie et de sa miséricorde.

Il faudrait que ce temps de l'Avent ne passe pas inaperçu, mais que nous soyons vraiment remplis de cette attente, de ce désir, de ce tressaillement, de ce pressentiment de la venue de Dieu qui veut venir accomplir en nous sa promesse et notre bonheur qui est aussi le sien.

 

AMEN

 
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