AU FIL DES HOMELIES

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LE CADEAU DE LA LUMIÈRE

Ba 4, 30-37 ; Jn 12, 35-36

Mercredi de la deuxième semaine de l'Avent – C

(13 décembre 2000)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

D

ieu a créé par séparation, Dieu a séparé la lumière des ténèbres, Dieu par sa Parole, a mis une frontière entre la lumière et les té­nèbres, entre l'évidence et la non-évidence, entre ce qui nous donne de voir notre frère et ce qui nous le cache. Peut-être que le plus beau cadeau qui nous est fait, c'est celui de la lumière, sainte Lucie est là pour nous rappeler que c'est un beau cadeau, et que comme pour tous les beaux cadeaux, on risque toujours de passer à côté, parce que les plus beaux cadeaux sont quelquefois les plus évidents, parce qu'il nous faut cette lumière pour voir le cadeau, parce qu'il nous faut la lumière, pour voir la Lumière. Pourtant, ce n'est pas si évident que cela la lumière. La lumière ce n'est pas quelque chose sur laquelle on aurait prise. La preuve ? Peut-être que cet évangile que nous venons d'entendre signifie cela, que la lumière est un cadeau, qu'on doit la recevoir si l'on veut vraiment en profiter : "Mar­chez tant que vous avez la lumière. La lumière est encore avec vous pour peu de temps. Celui qui mar­che dans les ténèbres ne sait pas où il va". Peut-être que le Christ est venu à Noël pour nous rappeler le cadeau de son Père et que la lumière ce n'est pas évi­dent :"C'est dans Ta lumière que nous voyons la Lu­mière". Sans doute que le christianisme s'il a cette affinité, ce tropisme particulier, cette affinité vers la lumière, c'est qu'il est d'abord une affaire de présence. C'est qu'il est d'abord une présence comme celle de la lumière, un genre de présence un peu évidente, et je rapprocherais "présence" de "présent", de "cadeau" que nous sommes pour nos frères. Si le christianisme est une présence c'est qu'il est un cadeau, si nous sommes chrétiens, c'est pour faire des cadeaux. Quel est ce cadeau que nous devons faire à nos frères ? Est-ce le cadeau de quelque certitude ou conviction que péniblement nous avons réussi à acquérir ? Non, je crois que le cadeau que nous devons faire à notre frère, c'est les éclairer sur un point, éclairer leur esprit sur le cadeau qu'ils sont aux yeux de Dieu.

Je me souviens de cette phrase de saint Paul dans la lettre aux Ephésiens : "Mettez le comble à ma joie, par l'accord de vos sentiments. Que personne ne s'emporte, et n'aille diminuer le cadeau qu'il est pour son frère et le cadeau que son frère est pour lui". Si le christianisme est une présence, s'il est un cadeau, c'est ce cadeau de rendre à chacun l'honneur et le respect qui lui sont dus. Si l'autre sent qu'il est objet de cet honneur et de ce respect, s'il sent que l'autre vit déjà de cet honneur et de ce respect, si le chrétien se considère comme un cadeau de Dieu, alors il décou­vrira aussi qu'il est ce cadeau. C'est cela je crois qui fera venir en foule les gens dans l'église parce qu'ils auront trouvé une lumière que personne ne peut leur donner. Une lumière que saint Augustin cherchait hors de lui-même, mais cette lumière était à l'inté­rieur, cette lumière particulière de se savoir aimé, de se savoir unique, de se savoir entouré de cette lumière de Dieu, et que seuls, nous, nous pouvons révéler, traduire, ouvrir.

Demandons au Seigneur d'être de ces petites lumières, à l'image de sainte Lucie, lumières pour nos frères, c'est-à-dire ceux qui vont révéler à ce frère, à cette sœur qu'ils sont un cadeau.

 

 

 

AMEN

 

 
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