AU FIL DES HOMELIES

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LAISSEZ VENIR LE SEIGNEUR

1 Co 4, 1-5 ; Lc 22, 24-30

Mercredi de la deuxième semaine de l'Avent – B

(7 décembre 2005)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

L

a tentation du pasteur, de celui qui remplit un office dans l'Église, est de juger, de connaître qui est le plus grand, de connaître celui qui mérite le plus d'attention. Or, l'évangile nous apprend qu'il y a là un renversement à opérer, que le plus grand, c'est le plus petit, que le plus grand, c'est celui qui sert, que nous n'avons pas à juger selon des vues humaines. Nous avons à laisser le Seigneur comme seul juge. Ce discours que nous avons entendu dans l'évangile, quand les disciples se battent pour savoir lequel est le plus grand, ce discours vient précisément après l'eucharistie. C'est quand on a compris le renversement opéré par l'eucharistie, quand on a compris que le Seigneur lui-même se donne en nourriture, on réalise à ce moment-là que nous n'avons pas à user de critères humains pour nous juger les uns les autres. Dans la vie qui est la nôtre, nous avons à dire aussi : mon juge, c'est le Seigneur. Le juge de mon frère, c'est le Seigneur. Je n'ai pas à me poser en juge de mon frère : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés".

Mais ce qui vaut au niveau de nos relations interpersonnelles, de la manière dont on se place dans une communauté, de la manière dont on est en vis-à-vis, en relation dans une communauté, se vérifie aussi curieusement à l'intérieur de nous-même, puisque nous n'avons pas à nous juger nous-même. Saint Paul dit : "Ma conscience ne me reproche rien, mais mon juge, c'est le Seigneur". Ce n'est pas la bonne conscience que j'ai qui me justifie devant Dieu, une bonne conscience que l'on pourrait acheter à bas prix, une bonne conscience que l'on pourrait se procurer à vil prix. Mon juge, c'est le Seigneur, c'est lui qui me justifie, c'est de lui que vient le salut.

C'est peut-être le mouvement qui nous rapproche le plus, le fait de ne pas avoir à juger ses frères et ses sœurs, le fait de ne pas avoir à se justifier et se juger soi même, c'est peut-être le mouvement qui nous plonge le plus près dans l'Avent. L'Avent, c'est l'accueil d'un Dieu qui se fait petit enfant : qui est le plus grand ? On s'aperçoit que le plus grand, c'est l'enfant de la crèche, on s'aperçoit que s'opère à Noël, le renversement évangélique. Mon juge c'est le Seigneur, c'est-à-dire que c'est lui qui vient dans les ténèbres de notre monde pour apporter la lumière. C'est lui qui va apporter cette gloire dont on nous parle aussi dans ce texte des Corinthiens. Comment ne pas penser à Noël quand saint Paul dit lui-même : "Laissez venir le Seigneur". C'est tout le mouvement de l'Avent. "C'est lui qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les desseins des cœurs". Laisser venir le Seigneur, c'est le mouvement de l'Avent, parce que Dieu va s'incarner, Dieu va prendre sa place, sa demeure dans notre cœur. Alors, chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient.

Nous n'avons pas à tirer notre gloire ni les uns des autres, ni de notre propre conscience, dans cet acte de jugement qui nous est demandé, ou de non jugement, nous avons à recevoir cette gloire que Dieu seul peut donner.

 

AMEN

 

 

 

 
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