AU FIL DES HOMELIES

Photos

FOI ET CONNAISSANCE

Is 33, 17-24 ; Mt 17, 10-13

Samedi de la deuxième semaine de l’Avent – B

(10 décembre 2005)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

T

out le monde connaît la maxime : "Gouverner, c’est prévoir". Et quand nous disons cela, nous sous-entendons que le gouvernement passe par la chose la plus importante qui soit : "savoir". Comme si connaître, savoir les tenants et les aboutissants du cadre d’une société, du fonctionnement de la personnalité humaine, permettaient de prévoir, et par conséquent de bien gouverner, c’est-à-dire, éviter de faire des bêtises.

Et pourtant, nous sommes à chaque instant dans notre vie, confrontés à ce problème, à cet abîme : la connaissance ne nous sauve pas, la connaissance ne nous empêche pas de tomber dans le péché, et comme le dit si bien saint Paul dans sa lettre aux Romains que nous lisons en ce temps de l’Avent, la Loi n’empêche pas de pécher. La seule chose que fait la Loi, c’est de me montrer mon péché. La connaissance ne sauve pas, la connaissance ne sert à rien, la connaissance ne permet pas aux juifs de découvrir quelle est la mission de Jean-Baptiste, le dernier des prophètes. La connaissance ne permet pas de découvrir en Jésus-Christ le Fils de Dieu. La connaissance, c’est ce moment de frustration qui fait que nous avons toujours un temps de retard. C’est au moment où les choses se font et qu’elles sont faites, que nous nous disons : Jean-Baptiste était celui qui nous montrait le Christ. Cet homme qui vient de mourir sur une croix, c’était le Fils de Dieu ! C’est vrai que cela peut sembler une attitude assez désespérée de se dire que tout cela ne sert à rien et que nous voyons les choses comme toujours avec un temps de retard et que nous sommes comme le texte que nous lisions hier sur la danse, nous sommes toujours ce danseur qui a un temps de retard sur la musique. Nous essayons cependant désespérément de nous calquer sur la musique, mais nous n’arrivons pas à danser en mesure !

Je crois que malgré la connaissance que nous avons du péché, de la réalité des choses, de la séparation, de la mort de ceux que nous aimons, nous avons l’impression que la connaissance ne nous donne pas accès au salut, le Christ est celui qui nous rachète et Il nous dit que le péché n’est pas de faire une faute dans un exercice de grammaire ou de mathématiques. La faute est faite, la note tombe comme sanction, on ne peut pas rattraper les choses, le péché, la coupure, ce que nous vivons n’est pas quelque chose de définitif.

C’est sans doute la grande découverte de la première Église chrétienne à la mort du Christ, de constater que tout n’est pas fini, tout n’est pas écrit, en fait, ce péché, cette mort, cette séparation, oui, cela a eu lieu, on ne peut pas revenir en arrière mais ce que Dieu fait, c’est de pouvoir donner à notre humanité, à notre cœur, de retrouver une autre présence, une présence différente. Le péché n’est pas effacé, mais pourtant il peut être source de réconciliation. La mort n’est pas effacée, mais elle peut être source d’une nouvelle vie.

Frères et sœurs, dans cette question que les apôtres ont posée au Christ, sur l’identité d’Élie, que cette question que nous nous posons à chaque instant de notre vie de l’identité et de la venue du Christ dans notre vie, essayons de découvrir que malgré le péché, la brisure que nous vivons à chaque instant, le Christ est celui qui vient, c’est cela l’Avent, Il vient au cœur de notre vie afin de nous racheter et de nous faire découvrir une autre vie, une vie plus intense, une vie éternelle.

 

AMEN


 

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public