AU FIL DES HOMELIES

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COURAGE

Ba 4, 21-29 ; Mt 17, 10, 10-13

Vendredi de la deuxième semaine de l'Avent - C

(11 décembre 2009)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Courage, je suis avec toi !

F

 

rères et sœurs, puisque selon la coutume, le temps de Noël est le temps de l'enfance, je vous invite un moment, au moins mentalement, à fermer les yeux, et à vous souvenir, quand vous étiez petit au moment où vous aviez désobéi à papa et à maman, vous aviez fait la bêtise, et puis, cela vous est tombé sur la main ou sur la tête, et papa et maman vous ont dit : c'est bien fait, je t'avais prévenu !

Il est vrai que depuis cette entrée dans le temps de l'Avent, nous avons plutôt le sentiment d'entendre des textes, des prophéties dans lesquelles le prophète lui-même parlant au nom de Dieu, s'adresse à Israël, et lui dit : c'est la fin, c'est la destruction, c'est bien fait pour toi parce que tu ne m'as pas obéi, parce que tu as préféré te prosterner devant les baals et tu ne récoltes que ce que tu as semé. Une partie des prophéties de l'Ancien Testament pourrait se résumer à travers ce schéma : le prophète s'adresse au peuple, l'enfant désobéissant, au nom de Dieu.

Peut-être l'aurez vous remarqué, dans ce livre de Baruch, et plus particulièrement dans le chapitre quatrième dont nous avons entendu un extrait de matin, Baruch ne parle pas au nom de Dieu, au nom du Père qui dit : c'est bien fait pour toi ! Baruch parle au nom de la ville de Jérusalem qui elle-même a payé largement son tribut de destruction, d'angoisse, de mort. Ce qui est très beau dans ce passage c'est que le prophète à la place de parler au nom de Dieu, et en filant la métaphore à l'extrême on pourrait dire donc en se détachant des misères vécues par le peuple, ainsi en parlant au nom de la ville et non pas directement au nom de Dieu, le ton est complètement différent. C'est le ton d'un homme qui parle au nom de Jérusalem et qui ne commence pas en disant : c'est bien fait pour toi, mais dont les premiers mots sont : "Courage, courage, espérance, courage ! Ton épreuve n'est pas ta fin, ton épreuve est un moment de ta vie, elle prendra fin et elle laissera place à une nouvelle lumière, à une nouvelle espérance". La vie ne s'arrête pas à la destruction de Jérusalem, et au départ forcé à Babylone.

C'est très beau de découvrir que la Parole de Dieu ne s'adresse pas à nous à travers une parole que nos contemporains anti-chrétiens, anti-cléricaux, considèrent justement comme étant la faute de l'Église : les chrétiens ne pensent qu'à battre leur coulpe, les chrétiens ne pensent qu'à dire que tout va mal, que c'est à cause du péché, qu'ils sont très pécheurs. En fait, Baruch, au nom de Jérusalem, et en quelque sorte aussi au nom de l'Église, adresse cette parole d'espérance et de courage aux habitants de Jérusalem et aussi à nous, en tant que chrétiens.

Frères et soeurs, c'est cela qui fait la particularité de cette parole de Baruch que nous entendons en ce temps de l'Avent, et puisque nous faisons aussi mémoire de saint Daniel le stylite, c'est aussi ce que cet homme a su faire dans sa prédication pour ses contemporains. La prédication de Daniel le stylite ne consistait pas simplement à expliquer aux chrétiens qu'ils étaient très pécheurs. La particularité de saint Daniel le stylite, était à la fois, du haut de sa colonne, de rappeler la transcendance de Dieu. Mais cette colonne au cœur de la vie des hommes rappelait aussi que Dieu est transcendant, mais qu'il est aussi venu au cœur de la vie des hommes pour revêtir tous leurs sentiments et leur dire : ayez courage, vous n'êtes pas seuls, Dieu vous accompagne.

Je m'adresse peut-être plus particulièrement au Frère Daniel, je crois que c'est ce que nous te souhaitons, c'est qu'à travers ce ministère de saint Daniel et de Baruch, toi, et aussi les ministres de l'Église, les prêtres, nous ayons à cœur à la fois de rappeler cette transcendance de Dieu et en même temps, de dire que le Dieu que nous prêchons n'est pas ce Dieu qui vient nous dire : je te l'avais bien dit, c'est bien fait pour toi, mais de nous rappeler plutôt ses paroles : courage, je suis au cœur de l'épreuve avec toi, je t'accompagne, à tel point que je me fais homme parmi les hommes pour être avec toi.

 

AMEN

 
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