AU FIL DES HOMELIES

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JE SUIS LA LUMIÈRE !

Ba 4, 30-37 ; Jn 12, 35-36

Vendredi de la deuxième semaine de l'Avent – C

(13 décembre 1991)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

A

ussi bien la fête de saint Lucie que l'évangile nous poussent à méditer sur cette définition que le Christ a donnée de Lui-même quand Il dit : "Je suis le lumière !" Il emploie ce terme "Je suis" par lequel Dieu s'était révélé à Moïse dans la flamme du Buisson Ardent, et Il est la lumière. Le même évangéliste saint Jean nous dit dans son Prolo­gue : "La lumière était la vie", cette lumière qu'est le Christ.

Dans l'Église, la symbolique de la lumière est importante comme dans la conception même de la Bible. "Que la lumière soit !" "Et la lumière fut !" La première action de Dieu fut de la séparer des ténèbres. "Les ténèbres couvraient l'abîme ... Et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appelé la lumière jour et les ténèbres nuit ..." Au matin de la création il fallait cette lumière pour marquer ce jour nouveau. Mais nous qui nous inscrivons dans cette création, nous nous inscrivons aussi dans un jour nouveau. Et dès lors il n'est peut-être pas étonnant de retrouver en parallèle dans le dernier livre de la Bible, le thème de la lumière.

"Voici, Je fais l'univers nouveau. De nuit, il n'y en aura plus. Ils se passeront de lampe ou de so­leil car le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière et ils régneront pour les siècles des siècles." Et nous savons que l'Apocalypse, cette liturgie cosmique, tourne autour de l'Agneau dont saint Jean nous dit lui-même qu'il est devenu pour tous le flambeau. "La ville peut se passer de l'éclat du soleil et de celui de la lune car la gloire de Dieu l'a illuminée et l'Agneau lui tient lieu de flambeau." "Les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre viendront lui porter leurs trésors."

Sur la route de l'Avent, il nous est bon de mé­diter sur le thème de la lumière car le Christ est notre lumière. Pour Dieu, il y a plusieurs façons d'être lu­mière. Il y a la lumière de la nuée qui, dans la nuit de l'Exode, conduit les hébreux de l'Egypte vers la terre promise. Il y a cette lumière dont le Christ nous revêt au baptême et ne disait-on pas avec plaisir, au premier siècle de l'Église, que les baptisés sont ceux qui "ont été illuminés" ? Maintenant, si on dit qu'on est illu­miné, cela veut dire qu'on est un peu fou, mais à l'époque c'était que l'on était resplendissant de la lu­mière même de Dieu. Et le mystère de Noël nous mène vers cette lumière dont le prophète Michée dira: "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière." Nous devons donc ac­cueillir cette lumière qui rejaillit dans nos cœurs, cette lumière qui était à l'origine et qui sera aussi à la fin.

La lumière n'est pas simplement en opposi­tion avec les ténèbres dans une sorte de dualisme, d'un coté le bien, de l'autre le mal, d'un côté la vie, de l'autre la mort. Non, il n'y a pas de dualisme, même pas en nous. Nous qui sommes ténèbres comme le disait souvent saint Paul, il n'y a qu'à se laisser illu­miner par la lumière. Et alors, en contre lumière ne peuvent apparaître que nos ténèbres. Voici un texte de Grégoire d'Agrigente sur ce thème du Christ notre lumière.

"Le Christ, Soleil de Justice, c'est vraiment le soleil le plus doux qui se soit levé pour ceux qui, en ce temps-la, ont eu le bonheur d'être ses disciples et de le regarder de leurs yeux pendant qu'Il partageait la vie des hommes comme s'Il était un homme ordinaire. Et pourtant, Il était aussi par nature Dieu véritable. C'est pourquoi Il était en mesure de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux et entendre les sourds. Il a purifié les lépreux et, d'un seul mot, rap­pelé les morts à la vie. Et maintenant encore, il n'y a vraiment rien de plus doux que de fixer sur Lui les yeux de notre esprit pour contempler et se représenter son inexprimable et divine beauté. Il n'y a rien de plus doux que d'être illuminé et embelli par cette partici­pation et cette communion à la lumière, d'avoir le cœur adouci, l'âme sanctifiée et d'être rempli d'une allégresse divine tous les jours de la vie présente."

Tous les jours de la vie présente, le Seigneur continue à se donner à nous dans la douceur de son eucharistie. Il continue à nous illuminer de sa pré­sence. Nous qui sommes dans la nuit de nos ténèbres, laissons-nous être fascinés pas la beauté de Celui qui vient et qui est la lumière du monde.

 

 

AMEN

 

 
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