AU FIL DES HOMELIES

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LIBÉRATION EN JÉSUS-CHRIST

1 Co 4, 1-5 ; Lc 22, 24-30

Jeudi de la première semaine d'Avent – A

(7 décembre 1989)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

R

écemment un homme se préparait au bap­tême. Arrivant au bout du catéchuménat qui devait l'amener à recevoir la vie de Dieu par le sacrement, cet homme extrêmement engagé sur le plan de la charité, refusa le baptême en disant : "Je ne veux pas me séparer de l'espérance des hommes. Des hommes meurent et souffrent de faim chaque jour, c'est auprès d'eux et au milieu d'eux que je veux vivre et j'ai peur que ce baptême m'isole du cri de souf­france de l'humanité qui m'entoure". Reconnaissez avec moi qu'il y a là une grande noblesse dans cet homme qui s'est voulu droit et conforme à ses opi­nions jusqu'au bout et qui, de fait, y est fidèle. Mais ce fait met en évidence un point essentiel de la foi du chrétien qui nous paraît facile à exprimer mais dont nous pouvons, à certains jours, douter.

Est-ce que la libération en Jésus-Christ est vraiment ce qu'attendent les hommes ? Est-ce que c'est là la pointe extrême de l'espérance de tous les hommes de ce monde ? Ou est-ce que nous pensons parfois qu'il y a des problèmes techniques, humains, des problèmes d'équilibre économique, des problèmes de faim, de justice qu'il faudrait régler avant d'annon­cer la parole de Jésus et qu'il y aurait même comme un blasphème auprès des hommes qui souffrent à commencer par parler à leur esprit avant de leur don­ner de quoi manger ou d'être dignes ? Il y souvent en nous une opposition, un conflit entre ce dont les hommes ont besoin et ce que nous savons intérieure­ment comme étant la pointe ultime de l'espérance de l'homme. Comme s'il y avait opposition entre l'espé­rance de l'humanité et le salut dans le Fils de Dieu.

Saint Ambroise de Milan que nous fêtons en ce jour, qui est passé de la responsabilité importante de Préfet de police à celle d'évêque, haut fonction­naire mais attaché à défendre l'ordre et la justice, a sauté à pieds joints dans une autre fonction, dans un autre rôle. Et se résume en lui cette conviction que l'espérance fondamentale de l'homme c'est Jésus. Ac­clamé par la foule, réclamé par la foule comme évê­que, il a fait ce saut incroyable de mettre toute sa confiance, toute sa volonté de défendre l'humanité dans l'audace de leur dire : ce que vous attendez fina­lement, ce qu'attend finalement votre espérance, c'est Jésus. Tout se résume en cela. Tout ce que vous vou­lez, c'est Jésus-Christ.

Évitons en nous ce vague conflit entre la cha­rité d'ordre matériel, technique, caritatif qui consiste­rait à "aider" les autres et l'annonce, la proclamation du salut en Jésus-Christ. Que par l'intercession de saint Ambroise nous soyons convaincus, non pas parce que nous sommes au-dessus des autres, mais que nous soyons intimement convaincus que les hommes n'attendent qu'une chose : c'est le salut en Jésus. Même s'ils mettent différents noms sur leur espérance, même si leur estomac crie famine et qu'il faille aussi le remplir, l'attente ultime de tout homme c'est le Fils de Dieu, Jésus de Nazareth.

 

AMEN

 

 

 
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