AU FIL DES HOMELIES

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L'HOMME DE LA DÉMESURE

Is 5, 1-7 ; Mt 3, 1-12

Jeudi de la première semaine d'Avent – C

(1er décembre 1994)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

N

ous entendons en ce jour "l'homme de la démesure", Jean-Baptiste qui va rythmer notre parcours dans l'Avent. Cet homme qui semble être sorti tout droit du jardin d'Eden en avoir été chassé, avec comme seul vêtement ce manteau de poils de chameau, ce pagne autour des reins et qui se nourrit de ce qui reste du jardin d'Eden c'est-à-dire des sauterelles et du miel sauvage. Il est l'homme chassé du paradis et qui crie vers le Seigneur son repentir. Il est l'homme de ce désert, de la terre désormais deve­nue désertique par le péché de l'homme. Il est l'homme qui crie son propre péché mais qui le crie aussi pour tous les autres. Un homme sans égal dans l'Ancien Testament, le plus grand parmi les prophètes et qui s'effacera pour laisser entrer, sur un âne, l'hum­ble Serviteur Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

"Homme de la démesure" qui va donc assas­siner nos oreilles tout au long de l'Avent en nous de­mandant de nous repentir, de nous convertir. Nous avons tendance, toujours, à posséder ce Dieu qui nous aime. Sous prétexte qu'Il nous aime, nous en faisons "notre" Dieu, notre Dieu à nous et nous oublions que l'amour ne veut pas dire complaisance. Nous oublions que Dieu est déçu, que Dieu est en colère, qu'Il vou­lait chanter à son Bien-Aimé que nous sommes un chant d'amour et de tendresse, et que nous ne lui avons donné aucun vin digne de ce nom, comme le chantait Isaïe dans le poème de la vigne.

Notre humanité a déçu le cœur de Dieu. Notre humanité fondamentale était faite pour donner ce vin merveilleux qui réjouit le cœur de Dieu et nous ne lui avons donné qu'un vulgaire vinaigre qui va d'ailleurs abreuver ses lèvres au cours de sa Passion. C'est pourquoi la colère et l'amour de Dieu peuvent aller ensemble. Il n'y a pas de complaisance en Dieu face à nous, il n'y a que du pardon. Le pardon n'est pas la complaisance. Le pardon de Dieu n'est pas de se pen­cher avec une sorte de commisération sur nous en disant : "Ce n'est pas grave !" Le pardon de Dieu est plus grand que nos péchés, mais mesure la gravité de nos fautes. Le pardon mesure et connaît nos immobi­lités, nos paralysies et toutes nos façons bien à nous de nous approprier notre Bon Dieu pour nous empê­cher d'avancer sur le chemin du changement, du re­nouvellement et de la conversion.

Écoutons une nouvelle fois cette voix de Jean-Baptiste qui annonce, au bord du Jourdain, au bord de l'eau du baptême, la conversion nécessaire. Ouvrons nos oreilles, ouvrons nos yeux pour que cette Parole descende en nous et nous transforme réelle­ment.

 

 

AMEN

 

 
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