AU FIL DES HOMELIES

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RETROUVER JEAN-BAPTISTE

Is 6,1-13 ; Lc,3,7-18

Jeudi de la première semaine d'Avent – B

(2 décembre 1999)

Homélie du Frère Yves HABERT

Auzon : Jean-Baptiste

 

Q

u'est-ce que c'est que l'Avent, si on veut résu­mer ? Je crois que ce serait tenir dans une main la main de la Vierge Marie et tenir dans l'autre main la main du Précurseur, être avec les Patriarches et les Prophètes, la foule de tous ceux qui ont espéré dans le salut, se réjouir de la venue dans la faiblesse pour accueillir une venue dans la Gloire. Je crois que c'est cela précisément l'Avent. C'est aussi en quelque sorte rendre sa place au Précurseur. Sans doute que dans notre Occident chrétien on ne lui a pas accordé toute la place qu'il méritait, peut-être avons-nous obéi à cette parole : "Il faut qu'Il croisse et que je dimi­nue". Mais quand on compare notre spiritualité avec celle de l'Orient chrétien, avec cette icône par exem­ple de la Déisis, qui représente le Christ entouré de sa mère et du Précurseur, quand on pense que cette icône est au-dessus de la porte centrale de l'iconostase chez nos frères orientaux, je me dis que peut-être on le lui a pas laissé toute la place qu'il mérite, ce Précurseur.

Il ne s'agit pas de déshabiller Pierre pour ha­biller Paul, il ne s'agit pas d'augmenter la gloire du Précurseur pour diminuer celle de Marie, parce que ce n'est pas nous qui donnons la gloire des saints, c'est Dieu lui-même. Ce n'est pas nous qui pouvons faire de l'ombre à un saint, c'est Dieu qui lui donne la gloire. Mais il n'y a pas d'opposition. Je crois même que rééquilibrer notre spiritualité en rendant au pré­curseur toute la place qu'il mérite, c'et aussi découvrir ou approfondir la place de Marie dans le plan du Sa­lut. Les saints, puisqu'ils reçoivent en partage la même gloire s'illuminent en recevant cette gloire de Dieu, les uns les autres. La place de Marie, surtout dans le mystère de l'Avent, c'est celle qui porte. C'est celle qui porte jusqu'aux noces, c'est celle qui nous porte jusqu'aux noces. Il me revient cette phrase de Thomas Becket qui parle beaucoup de la Vierge Ma­rie, dont il dit à propos des noces de Cana : "Aux no­ces spirituelles, la Mère de Jésus était la aussi, car c'est par son intercession que nous sommes conduits au Christ, par la grâce." Marie est celle qui nous porte vers les noces, et le Précurseur est celui qui nous montre l'Epoux qui désigne l'Epoux, qui nous fait désirer l'Epoux.

On a approfondi dans notre Occident chrétien la place de Marie. Regardez par exemple le chapitre huitième de la Déclaration sur l'Église, Lumen Gen­tium, dans le Concile Vatican II, Marie appelée Mère de l'Église, c'est elle qui porte l'Église aussi vers ces noces. Mais on n'a pas suffisamment approfondi la mission du Précurseur. Il est celui qui annonce, qui prépare :"Rendez droits ses sentiers", qui prépare le premier avènement, qui annonce ce premier avène­ment, mais il est encore celui qui prépare, qui an­nonce le second avènement. Il est là dans l'avènement de faiblesse, mais il est là aussi dans l'avènement de gloire. Et sans doute que nous avons à accueillir cette mission du précurseur. Les saints ont une mission sur la terre, mais les saints ont une mission au ciel. Ils ont une mission en ce qui concerne la tête, mais ils ont une mission, surtout dans le cas du précurseur, en ce qui concerne le corps. Il nous faut accueillir cette mission du précurseur, il nous faut accueillir Jean-Baptiste dans nos vies, accueillir Jean-Baptiste dans notre spiritualité baptismale, il nous faut devenir en quelque sorte des petits Jean-Baptiste de la Parousie, des Jean-Baptiste du retour en gloire. Il nous faut recevoir cette mission du précurseur pour être nous-mêmes des précurseurs, pour être nous-mêmes ceux qui désirent l'Agneau et ceux qui montrent l'Agneau. Et vous savez, du moins je le pense (ce n'est peut-être pas vrai !) je pense que c'est moins nous qui choisis­sons les saints que les saints qui nous choisissent. Sans doute que les saints nous choisissent aussi. Ils choisissent peut-être des personnes qui se plaisent à fréquenter des chemins particuliers, je ne sais pas, et sans doute qu'ils choisissent aussi des hommes et des femmes aujourd'hui pour être de ces petits Jean-Bap­tiste, pour désigner, pour avoir une voix qui crie dans le désert, parfois dans le désert dans lequel nous sommes, mais une voix qui crie dans le désert et qui prépare le chemin du Seigneur.

 

 

AMEN

 

 
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