AU FIL DES HOMELIES

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NOUS COMMENCONS

Is 2, 1-5

(4 décembre 2006)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

C

ommencement de la Bonne nouvelle touchant Jésus-Christ Fils de Dieu". Ce sont les premiers mots de l'évangile de Marc. Dans le prophète Isaïe, nous avons entendu : "Venez, marchons à la lumière du Seigneur".

Dans l'un comme ans l'autre texte, il y a cette idée commune que tous les hommes sont appelés à marcher à lumière du Seigneur et de prendre la route. "Voix de celui qui crie dans le désert : préparez les chemins du Seigneur". Ou encore avec le prophète Isaïe, ces peuples et ces nations qui prennent les chemins du Seigneur pour se rassembler. 

       Je pense que vous avez déjà commencé à faire votre crèche, non pas le dimanche du Christ-Roi comme la ville d'Aix a commencé à illuminer et faire ses petits chalets sur le Cours Mirabeau, mais bien, commencement du temps de l'Avent, au premier dimanche de l'Avent, c'est-à-dire hier. La liturgie nous introduit justement au commencement, je ne sais pas si les santons qui seront à la crèche en ont déjà pris le chemin, mais c'est l'idée qu'il y a vraiment un chemin à prendre pour aller vers la lumière. En effet, le temps de l'Épiphanie, c'est bien cette idée que dans la nuit, la gloire de Dieu nous apparaît, une lumière jaillit dans cette nuit, même si c'et une lumière aussi fragile que la lumière des étoiles. Et pourtant, c'est l'étoile qui guide dans la nuit. C'est la lumière de la manifestation et de l'Épiphanie, c'est bien ce que nous diront les textes à Noël : nous avons vu sa lumière. Et pendant tout le temps de l'Épiphanie, nous méditerons sur le fait que sur la Galilée des nations, une lumière a resplendi. 

       Mais il faut, avec ceux qui vont vers la lumière, prendre le chemin. Il faut pouvoir commencer et profiter de ce qu'est un temps liturgique. Nous sommes tellement de vieux chrétiens, que nous ressassons les mêmes choses, les mêmes idées, les mêmes gestes, et l'on recommence toujours les mêmes choses. Nous ne recommençons pas, nous commençons ! C'est cela le premier dimanche de l'Avent, c'est cela le début de l'année liturgique : nous commençons. C'est-à-dire que nous réapprenons le langage de Dieu. Nous apprenons avec Jésus-Christ à prendre la route d'homme, ces routes sur lesquelles Il a marché, sur lesquelles Il a prononcé des paroles à la rencontre des hommes. Ce chemin de Dieu, Il a fait un chemin jusqu'aux hommes. Il est parti de Lui-même pour rejoindre les hommes. Il a emprunté la route des hommes. C'est sur cette route qu'Il a annoncé la Bonne Nouvelle : "Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ". Le temps liturgique n'est pas là comme une répétition. C'est comme si nous commencions pour la première fois à découvrir cet incroyable message, que Dieu va se faire homme et qu'il nous faut croiser la route des hommes et prendre ce chemin, cette nouveauté radicale d'un Dieu qui se fait proche pour pouvoir justement le rencontrer. 

       Ainsi, nous allons découvrir et voir la lumière. Le temps liturgique nous initie à cela. Il n'y a que du neuf dans ce qui nous proposé de vivre aujourd'hui. Car Dieu ne fait jamais que du commencement. Dieu ne sait pas faire autre chose. Quand Il fait, c'est toujours du commencement : "Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre". – "Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ". Dieu n'est pas dans la fiction, Il n'est pas entrain de ressasser le passé, Il est dans cet éternel commencement. C'est cela l'éternité. L'acte liturgique, c'est justement de commencer avec autant de nouveauté. Réentendre cette parole : "Toutes les nations marcheront à la lumière. Le Mont Sion sera au-dessus de toutes les autres, et tout le monde dira : "Venez, montons à la montagne du Seigneur". Venez, préparez les chemins du Seigneur, voilà une bonne nouvelle pour notre monde aujourd'hui. C'est tellement beau cette vocation du chrétien, à construire, à bâtir, à tracer des chemins dans le désert de nos vies, à tracer des voies et à indiquer des chemins aux hommes qui sont perdus aujourd'hui dans le monde en leur disant: c'est la vraie nouveauté de Dieu. En commençant le chemin qui est celui de notre existence, nous nous rendrons compte que c'est Dieu qui est venu nous rejoindre sur ce chemin, c'est Dieu qui a croisé le regard des hommes, c'est Dieu qui a parlé la langue des hommes. 

       Finalement, nous nous rendons compte que tout cela, Jésus a appris à le faire : Il a appris à vivre en tant qu'homme, il nous demande simplement de réapprendre à vivre en tant qu'homme. En parlant ce langage humain, c'était ce langage-là qui disait de manière extraordinaire la poésie de l'amour de Dieu dans nos vies. Ce langage humain était éminemment divin. 

 

       AMEN 

 

 

 
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