AU FIL DES HOMELIES

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ATTENTE ET MISSION

1 Co 9, 16-23 ; Mc 16, 15-20

Lundi de la première semaine de l'Avent – B

(3 décembre 1990)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

E

n cette première férie de l'Avent, il nous est proposé de faire mémoire de saint François Xavier lui qui est allé porter l'évangile dans les pays d'Extrême-Orient, une des grandes figures de l'épopée missionnaire de l'Église et même le patron des missions en terres lointaines. Cela nous invite à réfléchir sur le lien qu'il peut y avoir entre la spiritua­lité de l'Avent, cette attente du retour du Seigneur, et la mission de l'Église. Il y a quelques décennies, on disait couramment que la mission avait parmi d'autres buts celui de hâter le retour du Seigneur puisqu'il fal­lait que l'évangile soit annoncé à toutes les nations de la terre pour que le seigneur puisse revenir selon la parole de l'évangile. Par conséquent, outre le désir de faire connaître le nom du Christ à nos frères qui sont encore loin de cette révélation, il y avait aussi cette hâte de faire revenir le Christ sur la terre pour que toute chose s'accomplisse en Lui. Quoi qu'il en soit de cette manière de présenter les choses, il y a certaine­ment un lien profond entre le mission et le retour du Christ.

Le lien est d'abord dans notre cœur, spirituel. C'est la même passion amoureuse du Seigneur Jésus qui fait que nous l'attendons, que nous l'attendons avec véhémence, avec impatience et que nous de­vrions être tendus de désir vers ce retour du Christ non seulement dans la fin du monde mais dans notre propre vie. Et c'est ce même élan, cette même passion du Christ qui, dans le cœur des missionnaires, les conduit à aller dans des pays inconnus et au péril de leur vie pour apporter ce nom de Jésus, ce rayonne­ment de sa présence. Il y a donc là une parenté pro­fonde au niveau du désir, au niveau du cœur, entre l'élan missionnaire et l'attente impatiente du retour du Christ.

De la même manière, on peut dire aussi que la mission et l'attente du retour du Christ sont deux ca­ractéristiques connexes du temps de l'Église. Ce temps de l'Église dans lequel nous vivons qui sépare l'Ascension du retour du Christ, c'est tout à la fois le temps de l'attente et le temps de la mission. Le temps de l'attente car tout est déjà accompli par la Pâque du Christ, par sa mort, sa résurrection et son retour au­près du Père, toute l'histoire de l'humanité est déjà, en quelque sorte, achevée puisque le salut est donné su­rabondamment pour toutes les nations du monde et tous les péchés du monde, et par conséquent ce temps de l'Église est un temps où nous sommes comme écartelés entre ce qui est déjà accompli dans la per­sonne du Christ et ce que nous attendons encore à savoir le rayonnement de ce mystère de la Pâque du Christ dans notre propre cœur et au cœur de chacun des hommes. C'est donc cette attente véhémente d'un événement dont l'essentiel est déjà accompli et qui ne reste plus qu'à achever par cette conversion du cœur de tous ceux pour qui le Christ est mort et ressuscité. Temps de l'attente caractéristique de l'Église. Temps de la mission aussi car précisément ce qui impose ce délai entre la Pâque du Christ et la pâque du monde, entre la Pâque du Christ et notre propre pâque et celle de l'humanité, est posé justement pour que ce message puisse atteindre personnellement tous les hommes de l'univers. C'est donc la mission qui découle de cette situation de l'Église dans laquelle nous nous trouvons : un salut qui est déjà acquis, gagné par le Christ et qui doit être proposé à chacun des hommes pour qu'il sache qu'il est déjà sauvé et puisse ainsi adhérer à ce salut qui lui est donné. L'urgence de la mission dé­coule précisément de cette intensité et de cette réalité, de cette immédiateté du salut qui nous est déjà donné par le mystère du Christ.

Quand on attendait le premier avènement du Christ, à l'époque de l'Ancien Testament, le peuple juif se sentait investi de la mission d'annoncer le vrai Dieu aux peuples païens, mais la véhémence, la hâte, la nécessité urgente n'était pas aussi sensible car il restait encore un temps indéfini avant que la Promesse s'accomplisse. Mais maintenant, la Promesse est ac­complie, le Christ est mort pour chacun d'entre nous et il y a tant d'hommes qui ne savent pas encore que le Christ est mort pour eux, est ressuscité et qu'il les aime et qu'Il accomplit en eux leur épanouissement et leur perfection. C'est pour cela que depuis que les apôtres ont parcouru la terre pour annoncer l'évangile, l'Église ne cesse de prendre les mêmes chemins pour aller plus loin encore et leur dire, comme le fit saint François Xavier que le Christ les a sauvés.

Que ce temps de l'Avent ravive en nous le dé­sir du Christ et le désir que le Christ soit connu de nos frères. Que notre cœur soit plus missionnaire, c'est-à-dire plus tourné vers le salut des autres, vers l'annonce portée aux autres de la bonne nouvelle de Jésus-Christ.

 

 

AMEN

 

 
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