AU FIL DES HOMELIES

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COMMENCEMENT DE L'ÉVANGILE

Is 2, 1-5 ; Mc 1, 18

Lundi de la première semaine de l'Avent – C

(2 décembre 1991)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

N

ous commençons une année liturgique en écoutant ce fabuleux commencement de l'évangile selon saint Marc qui est comme une symphonie où, en quelques notes, sont donnés tous les thèmes de l'évangile.

"Commencement de l'évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu !" Huit mots qui sont comme huit notes qui vont constituer l'immense variation de son œuvre, ces thèmes qui vont être le secret même de la découverte de Jésus qui rencontre les hommes. Nous voyons avec Marc que Dieu Lui-même agit au cœur de notre humanité. "Commencement de l'évangile". L'évangile c'est la bonne nouvelle. Dans le monde gréco-romain de l'époque c'était une annonce qui changeait le cours des choses ou le cours de l'histoire, lorsqu'un roi était à son avènement, ou qu'une bataille changeait les données fondamentales d'une nation ou d'un pays. C'était une bonne nouvelle car quelque chose de radical qui intervenait dans la vie des gens ou qui changeait leur façon d'être. "Commencent de l'évangile de Jésus-Christ.". Aujourd'hui, la bonne nouvelle, c'est celle de Jésus-Christ, c'est celle de son avènement, c'est celle de sa gloire. Gloire dont nous vivons déjà et gloire qui se révélera en plénitude à la fin des temps.

"Commencement de l'évangile de Jésus-Christ." Jésus-Christ, comme le dira plus loin saint Marc, "Jésus, le fils de Joseph et de Marie qui vient de Nazareth." Mais pourtant ce Jésus, Il est Christ, Il est Oint. C'est ce que veut dire le mot Christ et le mot Messie. C'est celui qui a reçu l'onction sacrée qui le fait être entièrement de Dieu et appartenir à Dieu. Mais Jésus-Christ est le Fils de Dieu. "Commence­ment de l'évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu". Voilà les huit mots qui nous font comprendre que Fils de Dieu ce n'est pas simplement une dénomination d'un peuple qui serait le peuple élu. Ce terme dit ab­solument la relation qui s'établit désormais entre cha­cun de nous et Dieu et qui se réalise dans la rencontre avec l'histoire de l'humanité et l'histoire personnelle de chaque homme selon un axe horizontal donné par la figure de Jean-Baptiste qui résume en sa personne tout l'Ancien Testament et toute l'attente des Pères. Cet axe fondamental est celui de l'histoire même d'Israël, celui du passage par le désert pour entrer, par le Jourdain, sur la terre promise. C'est celui qu'avaient suivi les hébreux quittant l'esclavage de l'Egypte. Ils passent par le désert où ils entendent la voix de Dieu, où ils connaissent le Dieu tout-puissant avant d'entrer en terre promise. C'est le même mouvement d'Adam et Eve dans le désert de leur humanité chassée du paradis et tendus vers la promesse. Et Jean-Baptiste suit ce même axe. Il est dans le désert puis nous conduit aux sources du Jourdain.

Mais là, les promesses rencontrent un autre axe qui les réalise. Non plus un axe simplement hori­zontal, celui de l'humanité, mais un axe vertical, celui de la divinité. "Jésus-Christ, Fils de Dieu !" qui pas­sera lui aussi par le désert, pour atteindre aussi le Jourdain, mais "non plus pour baptiser avec de l'eau mais avec l'Esprit Saint" comme le dira le Baptiste. C'est là la révolution radicale de notre humanité qui se trouve transfigurée dans la personne même du Fils, dans la rencontre avec l'élu de Dieu, Jésus. Ainsi donc il nous faut percevoir qu'en ce commencement de l'année liturgique, c'est toute notre vie qui, s'originant dans la pensée même de Dieu, poursuit son axe qui est de traverser ce désert de notre vie mais en sachant que notre vie a déjà rencontré la personne même du Christ, qu'elle est déjà renouvelée c'est-à-dire com­mencée dans la vie même de Dieu. C'est cela la bonne nouvelle, c'est cela le paradis, cette rencontre radicale du Christ qui transforme notre vie et qui est le lieu même de l'avènement de Jésus Christ.

C'est pourquoi le baptême est l'axe même que suivra Jésus et dans lequel nous avons été plongés, passion qui est désert et vide, le vide de la mort, pour passer c'est cela la Pâque, dans la vie pleine, dans la vie de l'Esprit Saint, avec le Père et le Fils. Au début de notre année liturgique, posons-nous cette question : le commencement de notre vie, est-ce Jésus ?

 

AMEN


 

 

 
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