AU FIL DES HOMELIES

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DE COMMENCEMENT EN COMMENCEMENT

Is 5, 1-7 ; Mc 1, 1-8

Lundi de la première semaine de l’Avent – A

(29 novembre 2004)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

C

haque évangéliste commence de manière propre et particulière son évangile. Cette particularité est souvent symbolisée par les quatre figures attribuées à chacun des évangélistes. Pour saint Marc, c’est le lion, comme le lion qui crie dans le désert. Ce que nous venons de lire qui est le commencement de l’évangile de saint Marc correspond bien à différentes thématiques de temps de l’Avent que nous sommes en train de vivre.

"Commencement de l’évangile de Jésus-Christ". Nous nous souvenons que pour le chrétien, l’année liturgique, ce qui ouvre quelque chose de nouveau commence par le temps de l’Avent. Nous pourrions nous souhaiter les uns aux autres comme une bonne année. Nous sommes bien à un commencement, à un début. Cela signifie certainement que nous pouvons vivre ce temps de l’Avent comme une sorte de renouvellement, d’invitation à voir ce qui est beau, de ce qui jaillit ainsi dans notre vie, des commencements que nous sommes appelés à vivre, du commencement qui va être la naissance de Jésus dans notre monde, du commencement que va être sa venue dans la gloire. Cette annonce de la Bonne Nouvelle commence également par cette voix qui crie dans le désert : "Préparez les chemins du Seigneur. Aplanissez tous les sentiers". Souvent on a conçu l’Avent comme une sorte de démultiplication d’un temps de préparation qui, à l’instar du Carême nous invite à un certain renoncement, une certaine ascèse. Mais à cause de cela, on a de la peine à caractériser un peu plus le temps du Carême et celui de l’Avent. Or, le temps de l’Avent peut nous être manifesté dans cet oracle du prophète Isaïe : "Voix qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur". Les traduction disent parfois : ce n’est pas voix qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, mais voix qui crie : dans le désert préparez le chemin du Seigneur. Autrement dit, il me semble que le temps de l’Avent peut d’abord être une invitation à écouter dans la multitude des bruits de notre quotidien une voix, la voix de celui qui annonce. C’est pour cela que l’Avent est caractérisé par toutes ces belles figures de prophètes, qui ont annoncé, qui se sont fait les porte-paroles, les hérauts de cette annonce, que désormais la Parole de Dieu comme le dira saint Jean, se fait chair. Cette voix a résonné partout, en tout sens, y compris dans le désert de notre vie. Le temps de l’Avent peut être cette attention à se reporter comme la figure du désert, à l’essentiel, parce que le désert nous ramène toujours à ce qui est important et primordial, au strict nécessaire.

Que ce temps de l’Avent nous invite ainsi à voir ce qui est premier, à écouter une voix qui, comme à l’origine dans le chaos de la création, se fait entendre et dit : "Que la lumière soit". Cette lumière que nous allons célébrer à Noël qui vient dans notre monde. Mais justement, Noël, c’est aussi la venue incessante de Dieu, de sa présence dans notre vie. Jean-Baptiste proclame le baptême de repentir, mais il dit : "Moi je vous ai baptisé dans l’eau, Lui vous baptisera dans l’Esprit saint car Il vient, celui qui est plus fort que moi". N’oublions pas que nous ne nous préparons pas seulement à célébrer la venue de Jésus dans notre chair, mais la venue de Jésus dans sa gloire, et que cette gloire n’est pas pour un avenir lointain. Elle se vit et se réalise dans la vie et dans la grâce que le Seigneur nous donne. Cette vie et cette grâce, cette gloire et cette sanctification a commencé le jour, et il s’agit là aussi d’un commencement, le jour où nous avons reçu le baptême qui n’est autre qu’une naissance.

Comment ce temps de l’Avent nous invite à découvrir un désert de notre vie qui se met à refleurir ? Comment ce temps de l’Avent nous invite à être attentif à la Parole qui nous recrée ? Comment ce temps de l’Avent nous invite à naître à nouveau, à la grâce et à la vie de Dieu en prenant à bras le corps ce don de Dieu, cette eau du baptême, cet Esprit Saint qui nous est donné, ce baptême qui n’est pas d’hier qui est aujourd’hui et qui nous fait naître.

 

 

AMEN

 

 
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