AU FIL DES HOMELIES

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 INVITÉS À MARCHER AVEC LE CHRIST

Is 5, 1-7 ; Mc 1, 1-8

Lundi de la première semaine de l'Avent – A

(29 novembre 2010)

Homélie du Frère Christophe Leblanc

Mettre ses pas dans les pas du Christ

F

rères et sœurs, vous êtes peut-être surpris d'entendre le lundi de la première semaine de l'Avent, ce premier texte qui est plutôt apocalyptique et terrible, de cette vigne aimée du Seigneur qui va subir de la part de son maître une destruction qui consiste à casser la clôture pour qu'elle ne soit plus protégée et pour que n'importe qui et n'importe quel animal puisse y entrer et l'abîmer.

En fait, il y a une relation étroite entre cette première lecture et la lecture de l'évangile et il faut bien le dire, le comportement humain. On ne cessera de rappeler à chaque moment que nous sommes ainsi faits : face à un événement, nous ne pouvons pas nous empêcher d'en chercher la cause. C'est le principe de causalité comme disent les philosophes, mais pour l'homme de la rue, c'est la philosophie de notre grand-mère qui disait : qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ?

Que se passe-t-il au temps de Jean-Baptiste au moment où s'ouvre l'évangile de Marc que nous venons de commencer ? C'est la clôture ouverte. Israël ne sait plus comment il doit prendre les protections, la promesse que Dieu lui avait faite de toute éternité. Dieu a promis quelque chose, le mur a été brisé, et n'importe qui entre dans la vigne d'Israël : c'est l'occupation des romains, ce sont tous ces problèmes politiques et religieux dans lesquels baignent les juifs de Palestine à ce moment-là. Et l'on peut comprendre sans aller au bout du principe de causalité, que dans cette perspective, beaucoup de juifs ont le désir de recevoir un baptême de repentir.

La première réflexion consiste à se dire : je suis coupable, j'ai ma part dans tous ces problèmes, et pour retrouver Dieu, il faut absolument que je me réconcilie avec lui. D'ailleurs, c'est très bien. Mais ce qui est présent dans le début de cet évangile, c'est que Dieu veut amener l'homme au-delà de cette perspective du repentir. Il ne s'agit pas simplement de se repentir en attendant que Dieu reconstruise une jolie barrière entre moi et mon prochain, mais Jean-Baptiste en s'effaçant, invite le croyant à ne plus venir chercher simplement un baptême de repentir mais à y trouver une relation de profondeur, une relation spéciale entre lui et Dieu. C'est le baptême de l'Esprit Saint, comme dit Jean-Baptiste : "Moi je vous ai baptisé avec de l'eau, mais celui qui vient va vous baptiser dans l'Esprit Saint". Et recevant le baptême de l'Esprit Saint, nous sommes invités non plus à passer notre temps à regarder sur ce que nous n'avons pas su faire, mais à marcher dans les pas du Fils de Dieu pour partager avec lui cette communion avec notre Père à tous.

Frères et sœurs, nous sommes là dans l'équilibre entre avant-hier où nous étions à la fin de l'année liturgique précédente, et aujourd'hui. Aujourd'hui, il n'est plus question de rechercher toujours le repentir et de regarder toujours vers le passé, mais il s'agit de découvrir que ce que Dieu nous offre à travers le baptême, à travers les sacrements, c'est une nouvelle route, et sur cette nouvelle route nous sommes invités à marcher avec le Fils de Dieu.

Alors oui, dans la psychologie humaine, nous sommes plutôt attirés dans un premier temps par Jean-Baptiste, comme on le dit par la peur du gendarme. Mais Dieu dans son immense bonté, veut utiliser cette peur qui se niche quelquefois au fond de notre être, pour nous emmener plus loin, dans une relation de confiance, et découvrir que Dieu qui s'est fait homme nous invite sur cette route du baptême à devenir fils et filles de Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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