AU FIL DES HOMELIES

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LA GRÂCE PRÉCÈDE LA MISSION

Is 6, 1-13 ; Mt 3, 1-12

Mercredi de la première semaine d'Avent – C

(2 décembre 2009)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Et le désert fleurira …

F

 

rères et sœurs, le désert est le lieu constitutif par excellence que l'on trouve dans la littérature biblique. Bien sûr, nous avons tous en tête la traversée du désert qui suit le passage de la Mer Rouge, et d'autres extraits encore notamment dans le livre d'Osée. C'est quelque chose de constitutif tout simplement à la région. Il suffit ensuite de voir comment la vie monastique va fleurir aux limites du désert et de la bande du Nil à partir du troisième et quatrième siècle après Jésus-Christ. Mais le désert n'est pas seulement un lieu géographique.

Isaïe dans la première lecture fait lui aussi l'expérience du désert au cœur même du temple, au cœur même de la ville de Jérusalem. Cette expérience quelle est-elle ? C'est de découvrir cet abîme qui existe entre lui, pécheur, et Dieu dans toute sa gloire et sa puissance. Cette expérience de l'abîme qui nous sépare de Dieu n'est pas un abîme que Dieu ne veut pas combler, parce que vous l'avez entendu dans la première lecture, cet abîme c'est Dieu lui-même qui vient le combler. C'est ce qu'il faut souligner dans cette première lecture et au début de ce temps de l'Avent. Vous l'avez bien entendu frère et sœurs, Isaïe d'abord a les lèvres purifiées, et ensuite, il ose monter au créneau et à la question de Dieu : "Qui enverrai-je ?" à ce moment-là Isaïe lève le doigt, mais ce n'est pas l'inverse. Ce n'est pas parce que Isaïe est le premier de la classe, ou ce n'est pas parce que Dieu veut envoyer prophétiser qu'il faut avoir les lèvres purifiées. Autrement dit, la grâce précède la mission. Je crois que c'est important pour nous en ce temps d'Avent, parce que je le disais il y a un instant, le désert ce n'est pas d'abord un lieu géographique, c'est une expérience dans laquelle on découvre notre petitesse, notre fragilité, notre péché.

C'est vrai que dans ce temps liturgique qui nous est donné, il n'y a pas uniquement le fait que les jours raccourcissent, nous avons la chance d'avoir toujours du beau temps, une belle lumière une bonne partie de la journée. Mais il n'empêche qu'avançant au fur et à mesure dans le mois de décembre, vers le moment où les jours sont les plus courts, nous faisons aussi l'expérience de ce désert, de cette sécheresse, du fait que nous avons l'impression de ne pas porter de fruits. Et tant mieux peut-être, car ce que nous avons à découvrir à travers cette expérience, c'est la grâce. C'est-à-dire que c'est Dieu lui-même qui, par sa grâce, viendra nous faire porter du fruit. Cela il ne faut pas le perdre de vue et il ne faut pas désespérer. Il est toujours extrêmement beau de voir dans le désert de Judée, apparaître des fleurs magnifiques au cœur même du désert. On voit ces grandes étendues, il n'y a rien, on pense qu'on ne peut rien en tirer, et en même temps, avec les pluies du printemps qui arrivent, en un ou deux jours, le désert est complètement fleuri avec des champs de coquelicots.

Je crois que c'est cela notre vie, et c'est cela la préparation à la venue du Seigneur dans notre cœur. Même si nous avons l'impression de désespérer en nous disant que rien ne pourra sortir de notre cœur sec, l'expérience d'Isaïe, et l'expérience à laquelle nous sommes renvoyés c'est exactement l'inverse. C'est de l'ordre de la grâce, c'est de l'ordre de l'espérance.

Frères et sœurs, Isaïe fait cette expérience et il a annoncé au peuple d'Israël. Jean-Baptiste a fait cette expérience et il a annoncé à ses contemporains. Que nous aussi, quand nous avons vécu cette expérience de grâce, que nous aussi nous ayons le désir de partir auprès de nos frères et de nos sœurs pour leur annoncer cette année de grâce, cette année d'espérance.

 

AMEN

 

 

 
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