AU FIL DES HOMELIES

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BENEDICTUS

Is 63, 15-64, 3 ; Lc 1, 67-79

Jeudi de la troisième semaine de l'Avent – C

(23 décembre 1982)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

C

 

e cantique du Benedictus, ce cantique de Zacharie, presque aussi connu de nos mémoires et de nos cœurs que le Magnificat de la vierge Marie dont il est en quelque sorte le pendant, au milieu de cet évangile de l'enfance qui, d'évènement en évènement, pas à pas, nous conduit jusqu'à la naissance de Jésus, jusqu'à cette fête de Noël si proche, ce cantique de Zacharie est un cantique d'action de grâces qu'il est bon de murmurer dans nos cœurs et sur nos lèvres.

C'est un cantique pour le salut. C'est pourquoi il est particulièrement à sa place dans ces derniers jours de l'Avent où nous attendons notre Sauveur, où nous attendons que le Christ, sans cesse, de nouveau, vienne pour nous sauver, car le salut ne s'est pas accompli une fois mais il ne cesse de s'accomplir car la puissance de salut déployée dans le Christ Jésus ne cesse de se répandre de génération en génération jusqu'aux extrémités du temps, jusqu'aux extrémités du monde.

Cantique du salut et ce salut nous est défini par deux mots : "Le Seigneur, Dieu d'Israël est venu visiter son peuple". C'est une visite. Dieu est venu. C'est la réponse à cet appel du prophète Isaïe que nous entendions tout à l'heure : "Si tu déchirais les cieux, si tu descendais !" Dieu est descendu. Dieu est venu nous visiter. Il a quitté cet éloignement apparent pour venir tout près de nous, chez nous, dans notre monde, faire sa demeure, planter sa tente parmi nous. "Si tu déchirais les cieux et si tu descendais" La visite de Dieu ! Et c'est cette visite qui est salut. Car le salut ce n'est pas seulement d'être délivrés de nos ennemis comme le dit ensuite le cantique de Zacharie, le salut c'est infiniment plus encore avoir Dieu avec nous, être proche de Dieu, avoir Dieu qui s'est fait proche de nous, être les commensaux de Dieu comme nous le sommes chaque jour à cette table de l'eucharistie. Dieu est venu nous visiter. Il a frappé à notre porte et Il est entré chez nous, pour souper avec nous, Lui près de nous et nous près de Lui ! Et cette visite, cette présence éblouissante, merveilleuse, cette présence profonde, intime de Dieu avec nous est aussi un rachat. C'est le deuxième mot dont se sert Zacharie pour dire ce salut. Dieu est venu visiter son peuple pour le racheter. Pour le racheter, c'est-à-dire pour l'arracher à son mal, pour l'arracher à son péché, pour l'arracher à son malheur, pour l'arracher à l'ennemi, à Satan, celui qui avait étendu son empire sur l'homme et sur l'univers tout entier, celui qui était devenu le prince de ce monde. Dieu est venu nous racheter, nous délivrer, nous libérer de cette crainte qui oppressait nos cœurs et de cette peur qui tenait l'homme captif, captif de l'injuste domination de celui qui est l'adversaire, captif du mensonge, captif des ténèbres.

Et c'est pourquoi cette visite, ce rachat est comme une aurore ou un soleil levant comme une illumination. Nous étions assis ou même nous gisions, dit le texte, à l'ombre de la mort, dans les ténèbres. Et voici qu'une lumière, non pas celle du jour terrestre mais la lumière d'en haut, la lumière du ciel se lève sur nous et dissipe ces ténèbres et elle relève ceux qui étaient écrasés, qui gisaient à l'ombre de la mort. Cette lumière est comme l'aurore d'un soleil levant, qui vient nous visiter, par l'amour du cœur de notre Dieu, cet amour de Père auquel s'adressait Isaïe tout à l'heure : "Tu es notre père" Abraham ne nous connaît pas, mais toi tu es celui qui nous as fait jaillir de tes entrailles paternelles. Oui Dieu est venu nous visiter, Dieu est venu nous racheter. Et le cantique de Zacharie déploie ce thème en le rapprochant de cette promesse qui a traversé tous les âges. Oui cette visite c'est l'accomplissement de ce qui avait été promis à Abraham. C'est l'alliance qui est conclue avec Moise, c'est la promesse faite à David lui promettant de lui construire une maison. Rassemblant toutes ces préfigurations de la visite de Dieu Zacharie les fait aboutir dans ce petit enfant qui est son enfant, Jean-Baptiste, celui qui marche au-devant du Seigneur, celui qui marche devant Dieu venu nous visiter, celui qui prépare le chemin de Dieu qui vient et celui qui prêche le pardon des péchés à cause de ce rachat que Dieu vient opérer. Oui Jean-Baptiste est bien le précurseur du Christ puisque tout à la fois, il ouvre la voie à la visite de Dieu et il prépare le cœur de ceux que Dieu vient racheter en les délivrant déjà de leurs péchés par la pénitence et la conversion.

Que ce soient là les maîtres mots de notre vie en ces quelques heures qui nous séparent de Noël, nous préparer à la visite de Dieu et convertir nos cœurs pour que nous soyons vraiment rachetés, délivrés, libérés, purifiés pour la venue du Christ, car Il est là, Il est proche.

 

AMEN

 
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