AU FIL DES HOMELIES

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DE TOI BETHLÉEM NAÎTRA LE FILS DE DAVID !

Mi 5, 1-4 ; Lc 1, 67-79

Jeudi de la quatrième semaine d'Avent – B

(23 décembre 1999)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, au moment de nous approcher de Noël, l'Église rassemble encore comme en une gerbe tous ces thèmes qui parcourent l'Ancien Testament, tous ces thèmes prophétiques qui annoncent le salut, le salut du peuple d'Israël et avec lui, le salut de tous les hommes.

Ainsi, dans le Cantique de Zacharie, nous avons entendu passer les noms de David, d'Abraham, et tout cela se concentre autour de ce petit enfant, Jean-Baptiste. Jean-Baptiste qui marche en avant de Dieu, qui prépare le chemin du Seigneur, ce chemin promis à Abraham, qui est un chemin de salut, nous délivrant de la main de tous nos ennemis qui veulent notre mort, notre perte, Satan, et les anges dictateurs, ce petit enfant annonce celui qui va se lever dans la maison de David, à qui Dieu a promis une descen­dance qui régnerait pour l'éternité. Et en contre-point de ce Cantique qui ainsi est comme l'aboutissement et le résumé de toute l'espérance d'Israël, cette espérance que Dieu a placée dans le cœur d'Abraham, cette es­pérance que Dieu a conclue comme une Alliance avec David, en contre-point de ce Cantique nous avons entendu aussi un oracle prophétique très étrange, plein de signification, qui se trouve dans un tout petit pro­phète peu connu, que vous n'avez probablement ja­mais lu, le prophète Michée. Ce prophète Michée annonce que Bethléem, petite bourgade minuscule de Juda va se trouver malgré sa petitesse le lieu de sur­gissement du Salut. C'est de ce moindre des clans de Juda que naîtra Celui qui doit régner sur Israël, Celui qui sera le descendant de David, car Bethléem est le lieu de la famille de David, de cette famille royale, elle aussi surgit ainsi de l'obscurité, de la petitesse. Dieu n'avait-il pas dit de David : "C'est moi qui t'ai pris de derrière le troupeau, c'est moi qui de ce jeune berger ait fait un berger pour mon peuple Israël". De ce petit village de Bethléem doit naître, pour Dieu, Celui qui doit régner sur Israël : "Le jour où enfantera celle qui doit enfanter" !

Et ainsi, dans le pressentiment prophétique Michée entrevoit une femme, (nous savons qu'il s'agit de la Vierge Marie), une femme qui va enfanter selon le dessein de Dieu, pour qu'il se dresse, son enfant, comme un pasteur, qui à la manière de David fera paître le troupeau dans la puissance de Dieu et qui apportera la paix.

Et cet oracle du prophète Michée est encore plus mystérieux, car il entrouvre le voile sur un mys­tère plus profond encore que rien dans l'histoire d'Israël ne permettait de pressentir : ce Messie, ce descendant de David, ce roi parfait n'est pas seule­ment l'aboutissement de ces générations qui se sont succédé et que Matthieu et Luc dans leur évangile énumère de génération en génération, il n'est pas seu­lement le rejeton de cette espérance d'Israël, son ori­gine remonte plus loin encore jusqu'aux temps an­ciens, jusqu'aux jours antiques, jusqu'au commence­ment. Ainsi, le prophète Michée aperçoit obscurément que ce Messie n'est pas seulement descendant de Da­vid, n'est pas seulement l'accomplissement de la pro­messe faite à Abraham Ce Messie existe dès le com­mencement avant lé temps, et les jours anciens, les temps antiques, au-delà de tout ce que la mémoire humaine peut enregistrer, et récapituler, Il est né mystérieusement avant le temps, au commencement.

Saint Jean, au début de son évangile, nous donnera la clé de cet oracle : "Au commencement, le Verbe était auprès de Dieu, au commencement, le Verbe était Dieu". Par-delà la génération du Fils de Marie, par-delà les successions de ces hommes depuis Abraham, depuis David, et même plus loin depuis Adam, ont préparé la venue de cet Enfant, en deçà de tout ceci, Il est depuis toujours, né pour être le Sau­veur. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours antiques, Il remonte au cœur même de Dieu.

Et ainsi, nous entrevoyons cette éternelle gé­nération du Verbe "né du Père avant tous les siècles" et venu dans le temps pour notre salut et pour nous conduire jusqu'au Père.

C'est ce que saint Irénée nous disait hier soir dans la lecture des vigiles : "Ainsi, Dieu a voulu join­dre le commencement à la fin, ce commencement où Dieu de toute éternité, et la fin, ces hommes, cette humanité sauvée, réconciliée, réintégrée dans le plan de Dieu, conduite jusqu'au Père". Et saint Irénée continue en disant : "L'Esprit qui a traversé les pro­phètes et qui leur a fait entrevoir obscurément ce mystère, cet Esprit enlacé à l'homme le conduit jus­qu'à la vision même du Père".

Que ces textes anciens qui résument à la fois toute la mémoire d'Israël et tout le pressentiment d'une mémoire plus ancienne encore, et qui est celle de Dieu, que tous ces textes nous conduisent dans deux jours à adorer cet Enfant qui n'est pas seulement le Fils de Marie, mais qui est le Fils éternel du Père, nous conduisent à nous prosterner devant Lui, en at­tendant qu'Il vienne à nouveau pour nous rassembler dans la gloire, pour nous "enlacer" dans l'Esprit afin que nous puissions parvenir jusqu'à la vision éternelle de Dieu, pour laquelle Dieu nous a créés nous a fa­çonnés, pour laquelle il a répandu sur nous son amour plein de miséricorde.

 

 

AMEN

 

 
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