AU FIL DES HOMELIES

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INNOCENCE ET VULNÉRABILITÉ

Ml 3, 1-4 + 23-24 ; Lc 1, 57- 66

Jeudi de la quatrième semaine de l'Avent – B

(22 décembre 2011)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

Zacharie (Brienne le Chateau)

F

rères et sœurs, nous pourrions avoir l'impression en ces veilles de Noël, que tous ces personnages, Marie, Zacharie, Jean-Baptiste, sont un peu à part, à l'abri du monde pour une grande histoire qui sera l'histoire de Jésus. De fait, les vierges qu'on vend à Lourdes, que vous avez tous ramené pour la donner à votre grand-mère ou à votre nièce, elles sont enfermées dans un petit bocal, il suffit de le secouer pour que la neige tombe doucement et cela nous trompe énormément.

C'est tout l'inverse, il n'y a pas plus immergé dans l'histoire et dans le monde que ces personnages qui vont servir de cadre et être les acteurs du drame. Nous pensons que Marie parce qu'elle est innocente est protégée, nous pensons que les personnages de l'évangile sont dans un airbag de protection. Pas du tout, c'est tout l'inverse ! Ils sont trempés dans le monde, ils sont au cœur du cœur de l'histoire du monde. Leur vie n'est plus uniquement leur vie propre, mais prend une dimension de l'histoire, de l'histoire du salut. Cette innocence qui a l'air de les mettre à l'écart, de les protéger es vicissitudes de ce monde, au contraire les rend plus vulnérables au mal qui les entoure. Il y a une chose que la vierge Marie ne peut pas comprendre, c'est notre propre complicité avec le mal. Nous, nous avons des moyens de nous protéger du mal, car nous le connaissons un peu par complicité interne, mais Marie, elle est sans protection, elle n'a pas d'airbag. Il n'y a pas d'airbag pour Jean-Baptiste, ni pour Zacharie. Ils sont plongés dans cette immédiateté du mal qui les rattrape.

La dramatique qui est sous jacente à ces épisodes et qui vont courir à travers Noël jusqu'à Pâques, ces personnages vont être au cœur, être exposés pleinement dans leur chair, dans leur fécondité, dans leur être profond à cette victoire et à ce combat que le Christ va commencer paradoxalement à mettre en place contre le mal. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas un petit épisode évangélique. J'aime les santons, mais les santons peuvent nous faire croire qu'ils sont bien à l'abri derrière leur vitrine. Pas du tout, ils sont à l'inverse impliqués plus que jamais à l'intérieur du combat du bien et du mal que le Christ dès son Incarnation va mener contre ce mal.

C'est pour cela qu'il nous faut entendre dans cet évangile que Jean-Baptiste est nommé, son nom va dire sa vocation. Son nom, il le reçoit du silence de son père, il y a comme un effet de miroir entre le silence de Zacharie, et le fait que lui-même Jean-Baptiste va être cette voix qui crie dans le désert, qui prépare l'avènement de Jésus. Le silence de Zacharie et le nom de Jean donné pour déterminer sa vocation, pour être exposé, il va être le premier à aller au cœur même où Jésus sera tenté plus tard, au cœur même du désert, pour proclamer et ouvrir la porte au Messie.

Que ces évangiles qui nous préparent à celui de la crèche et de l'Incarnation, nous montre à quel point ils ont accepté que leur vie soit mêlée à celle de Dieu, que leur vocation intérieure soit telle qu'ils interviennent chacun à leur place pour ce grand déploiement qui sera celui de la nuit de Noël, de l'Incarnation du Fils de Dieu.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 

 
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