AU FIL DES HOMELIES

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NOËL POUR PÂQUES

Is 62, 1-5 ; Ac 13, 16-17+22-25 ; Lc 1, 67-79

Lundi de la quatrième semaine de l'Avent – A

(24 décembre 2001)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

P

réparés ou pas, prêts ou non, Dieu viendra, Il viendra, c'est écrit dans la liturgie, on ne pourra pas y échapper, on n'a pas de chance, cela ne dépend pas de nous, cela ne dépend pas du calendrier, cela dépend de Dieu Lui-même.

Il vient, mais cela ne s'accroche pas exacte­ment là où l'homme aurait voulu que cela s'accroche. Le crescendo de l'Ecriture qui nous fait culminer au­jourd'hui avec le Cantique de Zacharie, établit et dé­crit un personnage dans la puissance de son exercice du Salut qu'Il propose : lumière, salut, puissance, ren­versement. Et puis viendra un Enfant, Celui qui ne sait pas parler, viendra Celui qui est désarmé de puis­sance, Celui qui est l'exemple même de la vulnérabi­lité, qui a besoin non seulement qu'on lui délie ses chaussures alors que Jean-Baptiste disait qu'il n'est pas digne de délier la courroie de ses sandales.

Un décalage, une sorte de rupture, comme une falaise, la fête de Noël l'a quelque peu camouflé derrière une fête d'enfant, de cadeaux, et de famille. Il y a en fait deux tonalités à Noël, qui sont d'ailleurs celles de notre monde qui tout à la fois souffre des douleurs qu'il s'inflige, et en même temps dans les foyers, d'annoncer et de célébrer la paix. Paix et guerre, on pourrait dire, Dieu et Enfant sont comme les deux tenants du paradoxe de la fête de Noël. Ce n'est pas une fête d'enfant, c'est une fête pour l'enfant. C'est une fête pour celui qui sait mesurer comme à l'avance toute la violence que le monde peut laisser se déchaîner et Dieu y oppose l'Enfant-Dieu, l'Enfant de la crèche. Dieu y oppose la fragilité même, Celui qui n'est rien, non seulement qui n'est pas visiblement Dieu, qui n'est qu'un homme. Et jusqu'ici, c'est à tra­vers le contraste bruyant, terrible que nous pouvons distinguer ce qu'est véritablement la fête de Noël, le décalage, et c'est vrai que notre mythologie moderne a plutôt envie d'en gommer le sens pascal déjà inscrit dans la fête de Noël, le sens du passage qui y est déjà inscrit. Tout en célébrant la venue de Dieu, l'arrivée du Verbe, la descente de Dieu, le fait que les cieux soient déchirés, en même temps nous fait dessiner comme à l'avance le chemin de salut que Dieu pro­pose pour chacun de nous. Ce chemin s'achèvera sur la Croix, il s'achèvera dans le don, le don total qu'Il inaugurera cette nuit dans la crèche en venant comme un bébé.

Que Dieu prépare notre cœur au paradoxe de cette fête, qu'il nous prépare à vivre à la fois, foi et paix, que nous puissions suivre cet Enfant jusqu'au terme de sa vie qui est notre Vie.

 

 

AMEN

 

 
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