AU FIL DES HOMELIES

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LE RÉVEIL DE LA CRÉATION

Ct 2, 8-14 ; Lc 1, 39-45

Mardi de la quatrième semaine de l’Avent – B

(20 décembre 2005)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

J

e me plais à imaginer que cette première sortie du Verbe incarné dans le sein de Marie touchera non seulement Élisabeth et l’enfant qu’elle porte, mais va toucher sur le sentier qui sépare la maison de Marie à celle d’Élisabeth, touchera la nature même, la création. Au fond, on pourrait y lier là comme le réveil d’un texte qui serait une création revisitée par celui qui en a été l’inspirateur, le Verbe. La verdure, les arbustes, les animaux, reconnaissent au passage, en Marie qui porte le Verbe, reconnaissent l’architecte, le mot qui leur a donné naissance. Cette visitation, à travers Élisabeth, c’est la nouvelle visite de Dieu, c’est le réveil de la nature endormie, qui avait oublié son créateur et qui en gardait en fond, nostalgiquement le cachant dans son cœur. Et comme au matin de Pâques, le visiteur matinal à travers la hâte de Marie, va signifier que Dieu refait frémir la création qui l’a oublié, la création qui s’était endormie, et tout spécialement, le premier chant qui monte vers Dieu à travers le Verbe, c’est celui de cette création qui retrouve le premier moment de ce jaillissement.

Au terme de ce parcours, de ce chemin plus ou moins imaginé de ma part, à travers la verdure, les arbres, les animaux, il y a au terme de cette rencontre, de cette visite, une femme. Il y a les femmes, il y a la vie, la vie visitée. J’aime bien voir en Élisabeth une sorte de symbole de l’humanité qui tressaille sous l’effet de la présence encore cachée du Dieu dans le sein de Marie. Quand deux femmes enceintes se rencontrent, il y a une sorte de communion mystérieuse, plus profonde qui dit d’une manière indicible le mystère de la vie, et bien là, c’est le mystère de la vie éternelle, le mystère de l’immortalité et le mystère de la vie terrestre. Ils se reconnaissent, comme si au fond, ils s’étaient simplement perdus de vue, mais que la vie terrestre ait désespéré de l’absence de Dieu, et la voilà qui le reconnaît maintenant dans le visage, dans les traits de la mère qui est Marie.

Que cette visitation, cette visite profonde de Dieu qui vient sous les pas de Marie dire le nouveau chant du Cantique des Cantiques au cœur de l’amour de Dieu pour les hommes, nous réveille nous-même de nos peurs et nous prépare à l’avènement de Jésus en nos vies, tel que nous allons le fêter à Noël.

 

 

AMEN

 
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