AU FIL DES HOMELIES

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LE CHOIX D'UN NOM

Ml 3, 1-4 et 23-24

Mercredi de la quatrième semaine de l'Avent – C

(22 décembre 1982)

Homélie du Frère Michel MORIN

L

 

e choix d'un nom, pour un enfant, c'est bien l'affaire des parents. Cela est vrai pour nous. C'est une coutume qui est également vraie pour le monde juif. Ce sont les parents qui choisissent le nom. Or c'est étonnant que, pour Jean-Baptiste, les voisins s'en soient mêlés, étonnés que le nom qui devait être donné à cet enfant était un nom nouveau, un nom inconnu, un nom qu'aucun familier, aucun parent n'avait porté. Ils voulaient l'appeler du nom de son père, en bonne tradition, Zacharie et c'est une tradition spirituelle riche puisque ce mot signifie "Dieu se souvient".

Et cependant Jean-Baptiste ne portera pas ce nom du souvenir de Dieu. Car depuis deux mille ans Dieu se souvenait, mais Dieu allait cesser de se souvenir et il allait mettre en pratique tout ce qui habitait son cœur de Dieu, tous les desseins qu'il avait au long des siècles et des évènements forgés avec espérance, peut-être aussi parfois avec déception lorsqu'il voyait ce que le peuple en faisait. L'enfant d'Elisabeth et de Zacharie s'appellera Jean. Jean veut dire : "Dieu a fait grâce" et c'est là qu'est la nouveauté. C'est que Dieu va accomplir quelque chose de nouveau, quelque chose qui n'avait pas encore existé tel quel dans la mémoire du peuple, la mémoire spirituelle du peuple de Dieu. "Dieu a fait grâce" et Dieu va accomplir le don qu'il veut lui faire et Jean en sera non seulement l'homme, le Précurseur mais il va porter jusque dans son nom le signe avant-coureur de cette grâce. Et cette grâce sera accomplie dans le nom d'Emmanuel, dans le nom de Jésus, c'est-à-dire"Dieu avec nous" et la mission de Jean ce sera de le signifier et de le montrer.

Vous avez remarqué que c'est à ce moment-là que Zacharie va entrer sans réticence, sans retour dans la foi. Lui qui avait douté, au moment où l'ange était venu lui annoncer que sa femme concevrait un enfant, lui qui avait entendu pour la première fois mais qui n'avait pas encore pu le dire parce qu'il était muet, lui qui avait entendu prononcer ce nom de Jean car l'ange lui avait dit : "Tu l'appelleras Jean", à ce moment-là, quand il s'agit de donner officiellement ce nom à son enfant, sa langue se délie et sa foi aussi. Et il fait ce pas dans la confiance et dans la foi en Dieu et il va pouvoir parler, il va pouvoir recouvrer la parole, non seulement celle de la langue, mais surtout celle de la louange.

Frères et sœurs, cet Avent touche à son terme. Nous avons prié. Nous avons écouté la Parole. Nous nous sommes souvenus de tout ce que Dieu a fait dans les temps anciens pour nos Pères. Il s'agit maintenant d'accueillir et Jean-Baptiste nous y invite une nouvelle fois, d'accueillir la grâce qu'Il va nous faire. Et Malachie nous l'a dit Malachie nous en avertit : "Dieu va venir soudainement dans son temple". Soudainement pas tellement dans la chronologie du temps, mais dans la manière car la venue de Dieu dans son temple est toujours quelque chose de magnifique, toujours quelque chose que le cœur humain peut à peine supporter s'il le reçoit vraiment, quelque chose qui est étonnant, éblouissant. Alors, ne nous habituons pas à notre attente. Ne nous habituons pas à la venue prochaine de Noël. Mais laissons délier nos doutes, nos manques de confiance, nos incertitudes pour que notre cœur et toute notre vie, en recevant la grâce de Dieu, puisse chanter sa louange.

 

AMEN

 
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