AU FIL DES HOMELIES

Photos

LA JOIE

So 3, 14-18a ; Lc 1, 46-56

Mercredi de la quatrième semaine de l’Avent – B

(21 décembre 2005)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

D

epuis le troisième dimanche de l’Avent, "Gaudete", nous sommes invités par la liturgie de l’Église, à vivre dans la joie. Peut-être que nous n’en avons pas conscience, mais la vie chrétienne doit être orientée vers la béatitude, c’est d’ailleurs ainsi qu’un grand théologien comme saint Thomas d’Aquin détermine par ce mot, le sens ultime de la vie de l’homme contemplant Dieu dans la béatitude. En somme, dans la joie profonde que procure le face à face avec Dieu.

A-t-on pensé déjà assez régulièrement que voir Dieu face à face, plus encore si nous croyons en ce Dieu qui s’incarne, qui prend chair dans notre humanité, que le contempler procure une joie profonde. La joie chrétienne n’étant pas bien sûr, une joie factice, elle n’est pas faite d’alleluia qu’il faudra chanter pour se bouster un petit peu au niveau spirituel. Il s’agit, je crois d’avoir la même attitude que la vierge Marie. Le long décorum des statues, comme souvent aussi la thématique des apparitions de la vierge Marie, nous ont fait oublier que c’est une femme heureuse. C’est d’ailleurs elle-même qui le dit : "Tous me déclareront bienheureuse".

A-t-on envisagé que justement notre approche de Marie pouvait être une approche d’une femme que l’on aime rencontrer côtoyer, parce que c’est une femme dans la joie, c’est une femme bienheureuse. Non seulement elle le dit que nous le proclamerons, mais elle dit son état : "J’exulte de joie en Dieu mon Sauveur". C’est certainement la clé de ce qu’est la vraie joie chrétienne : c’est reprendre le cantique d’action de grâces de Marie. Bien sûr, il pourrait être mis en parallèle avec des chants de victoire, des chants de guerre, tels qu’on en trouve dans la Bible. Mais ce qui motive la joie de Marie, c’est de reconnaître l’action de Dieu non seulement pour elle mais pour tous les hommes. Et après avoir dit sa joie, après avoir dit que nous la déclarerions sans cesse bienheureuse, elle rappelle tous les faits du Seigneur : "Il a renvoyé les riches les mains vides, il a élevé les humbles", Il a accompli sa promesse. Elle relie tout le dessein salvifique de Dieu, de ce Dieu qui s’inscrit désormais dans son histoire, dans l’histoire de l’humanité, et qui, en donnant sens à cette histoire, déclare que notre monde, comme tous les hommes sont faits pour Dieu et donc sont faits pour cette joie de la rencontre avec Dieu et du face à face.

Pour que notre joie ne soit pas factice, peut-être serait-il bon de relire et de méditer la prophétie de Sophonie : "Le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi (c’est ce que nous faisons quand nous célébrons cette eucharistie, dire manifester que Dieu est au milieu de nous). Héros sauveur (comme l’a chanté la vierge Marie), il exultera pour toi de joie, il te renouvellera par son amour, il dansera pour toi avec des cris de joie comme aux jours de fête".

Cela, c’est le secret de la joie chrétienne. Ce n’est pas nous qui faisons l’effort d’être heureux, c’est Dieu qui se réjouit. Il est heureux du salut qu’il nous donne, de cette rencontre avec les hommes, il pousse même des cris de joie, il va même jusqu’à danser de joie pour nous.

 

AMEN

 

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public