AU FIL DES HOMELIES

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L'EXULTATION DE MARIE

So 3, 14-18 ; Lc 1, 46-56

Mercredi de la quatrième semaine de l'Avent – B

(21 décembre 2011)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Aïn-Karem : Magnificat dans toutes les langues du monde

F

rères et sœurs, vous le savez dans notre société occidentale, il n'est pas toujours très bien vu que les jeunes filles aient des enfants trop tôt. En écoutant avec vous le Magnificat, je pensais à ces quatorze ou dix-sept jeunes filles américaines qui sont toutes tombées enceinte en même temps, alors qu'elle avaient à peine quinze ans ! pour elles, cette transformation dans leur corps donnait enfin un sens à leur vie, comme si la jeunesse avait des plus en plus de mal à trouver un sens à la vie. Ces jeunes filles avaient enfin le sentiment d'être de véritables femmes !

Cela dit, qu'est-ce que cela signifie par rapport au Magnificat que nous venons d'entendre ? Ce qui nous est donné d'entendre, c'est ce qui constitue le corps principal du poème de Marie qui fait que nous nous y attachons beaucoup, et que nous risquons d'oublier le reste. Ce qui se déploie, c'est Dieu très fort, qui punit les méchants, qui donne à manger aux pauvres, le poème nous invite à contempler la puissance de Dieu. Or, au début du Cantique de Marie, il est dit que l'esprit de la Vierge croit en Dieu son sauveur, parce qu'il "a jeté les yeux sur son humble servante". Nous le prions ainsi souvent en référence au passé, à ce que Dieu a fait, mais le début du Cantique est formel, ce qui provoque chez la Vierge Marie cette exultation, c'est que "Dieu a jeté les yeux sur son humble servante". Il y a là une rencontre entre Dieu, le projet qu'il a sur l'humanité, et une jeune femme qui avait certes un projet avec Joseph, mais qui était aussi certainement en attente de projets comme beaucoup d'entre nous.

Lorsque nous venons prier aux Vêpres avant de chanter le Magnificat, pour des raisons qui sont personnelles à chacun, nous avons eu une journée dans laquelle nous avons pu penser que Dieu n'était peut-être pas très présent et qu'il y avait comme deux lignes parallèles entrer ce que nous vivons et ce que Dieu nous demande. C'est souvent une difficulté qui est exprimée : la difficulté de rencontrer Dieu dans votre vie. Or, le moment de la prière et encore davantage le moment de la prière commune, est ce lieu où à l'instar de la Vierge Marie, nous sommes en attente, nous écoutons la Parole de Dieu qui vient comme nous habiter et c'est à ce moment-là que nous pouvons exulter comme Marie. A travers les chants et les psaumes, la lecture biblique, Dieu jette son regard sur nous, ses humbles serviteurs.

Frères et sœurs, que ce Cantique que nous chantons si souvent et cette attente de Noël soient pour nous l'occasion de découvrir que toute histoire est sainte. Dieu est celui qui cherche d'une manière incessante à rencontrer les hommes, Dieu est celui qui veut jeter sur chacun d'entre nous son regard bienveillant afin de susciter dans notre cœur ce même cri, cette même exultation qui est sortie des lèvres de la Vierge Marie. Dieu s'intéresse à chacun d'entre nous, nous avons notre place dans le plan de Dieu.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 

 
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