AU FIL DES HOMELIES

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JOSEPH DE LA MAISON DE DAVID

Is 62, 1-5 ; Ac 13, 16-17+22-25 ; Mt 1, 18-24

Samedi de la quatrième semaine de l’Avent – B

(24 décembre 2005)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, après toutes les annonciations qui ont rempli cette sainte semaine de préparation à Noël, annonciation à Zacharie, annonciation à Marie, annonciation à Elisabeth, aujourd’hui, c’est l’annonciation à Joseph que pour conclure la liturgie nous propose. Le rôle de Joseph dans le mystère de Jésus est beaucoup important que nous ne l’imaginons souvent. Nous pensons à juste titre d’ailleurs que Joseph a été donné par Dieu à Marie et à Jésus pour être leur protecteur, on dit le père nourricier, pour être le chef de la famille sainte tout cela est parfaitement vrai, Joseph a été à côté de Marie pour la soutenir, il a été l’éducateur de Jésus. Mais, derrière ce rôle évident, il y a peut-être des profondeurs auxquelles nous ne pensons pas toujours.

Tout d’abord, et c’est extrêmement important, Joseph n’est pas seulement un père nourricier, ou un père adoptif pour Jésus, il est son père légal. C’est lui qui est le chef de famille et qui, selon la coutume des juifs, donne à Jésus, cet enfant dont il n’est pas le père biologique, mais dont il est le père par la volonté de Dieu, il lui donne son ascendance. En effet, dans la tradition juive, c’est le père légal qui assure l’ascendance à son enfant. Vous n’avez peut-être pas fait attention, mais constamment, dans ces textes qui entourent l’enfance de Jésus, on nous rappelle que Joseph était fils de David. C’est ce que saint Luc nous dit au moment de l’annonciation : « L’ange Gabriel fut envoyé à Marie, une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ». A aucun moment, il ne nous est dit que Marie appartenait à la tribu de David. C’est Joseph qui fiancé, époux de Marie, donne à Jésus cette descendance davidique. D’ailleurs, au moment même de la nativité, toujours saint Luc nous explique que si elle s’est produite à Bethléem, c’est à cause du recensement qui avait été décidé à cette époque-là, chacun allait se faire recenser dans sa ville et Joseph monta de Galilée à Nazareth en Judée, à la ville de David, qui s’appelait Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la lignée de David. D’ailleurs, dans la généalogie de Jésus, telle qu’elle nous est rapportée tant par Matthieu que par saint Luc, saint Matthieu qui nous manifeste que Jésus s’enracine dans la lignée de David et la lignée d’Abraham, Luc, qui nous montre également cette lignée de David et d’Abraham et qui la fait remonter jusqu’à Adam, mais je reviens au texte de saint Matthieu qui précède immédiatement celui que nous venons de lire, à la suite de cette longue litanie d’hommes qui, d’Abraham et de David vont jusqu’à Joseph, voici ce qui est écrit : "Mathan engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus que l’on appelle Christ". C’est par Joseph que David est l’ancêtre de Jésus.

C’est extrêmement important puisque toutes les prophéties, depuis celle adressée au roi David lui-même est sans cesse renouvelée par les prophètes d’Israël, il est annoncé un Messie, un sauveur, un roi selon le cœur de Dieu, et ce roi sera le descendant, la descendance par excellence de David, et c’est par Joseph que s’accomplit le lien entre la promesse faite à David et sa réalisation en Jésus.

Le deuxième point que je voudrais rapidement souligner, c’est que Joseph n’a pas été pour Marie seulement un protecteur. Il est en toute vérité l’époux de Marie, et même s’il ne l’a pas connue selon le vocabulaire hébraïque, même s’il n’a pas eu avec elle de relations conjugales, il est au sens fort, son époux, c’est-à-dire celui qui a été chargé de l’aimer et d’aimer à travers elle ce mystère éblouissant de l’incarnation, dans laquelle Marie a été entraînée, enveloppée, et dont Joseph lui-même est le serviteur. Je voudrais simplement vous lire quelques phrases, un poème de Romanos le Mélode que nous lisions hier soir aux vigiles et qui dit cela de manière très belle et très lyrique. Il met dans la bouche de Joseph, ces paroles : "Rempli de crainte, d’étonnement, de stupeur, Joseph se dit en lui-même : quelle est cette femme ? Elle m’apparaît aujourd’hui non pas comme elle était hier. Terrible et doux à la fois, tel est l’aspect de ma compagne, je contemple l’ardeur et la neige, un jardin et une fournaise, une montagne fumante (allusion au Sinaï), et une fleur divine dans sa verdure, le trône redoutable et le fragile marche-pied du très miséricordieux. O lumineuse dit-il, je vois une flamme, un brasier qui t’environne, protège-moi Marie, ne me consume pas, ton sein est devenu tout à coup une fournaise remplie de feu. Qu’elle ne me brûle pas. Tu veux que moi aussi comme jadis Moïse (allusion de la révélation de Dieu à Moïse dans le buisson ardent), j’enlève mes chaussures, que je t’approche, que je t’écoute, et qu’instruit par toi, je puisse te dire, salut épouse inépousée".

 

Joseph a été en vertu de son mariage avec Marie, en vertu de cet amour conjugal profond qu’il a eu pour Marie et que Marie a eu pour lui, Joseph a été le témoin et en quelque sorte, celui qui a entouré de vénération cet inexprimable mystère d’un Dieu qui, dans le sein d’une femme, se fait homme. Joseph était à la première place pour contempler en Marie, cet enfant, pour contempler dans cet enfant, le Verbe de Dieu, et toute sa vie en a été transformée, transfigurée, et Joseph est celui qui peut nous conduire ainsi jusqu’à la porte du mystère de Dieu qui se fait homme.

 

AMEN

 

 

 
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