AU FIL DES HOMELIES

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BENEDICTUS

Is 63, 15-64, 3 ; Lc 1, 67-79

Vendredi de la quatrième semaine de l'Avent – C

(23 décembre 1994)

Homélie du Frère Yves HABERT

N

ous avons entendu Zacharie qui perdait la voix. Le père de "la voix" a perdu la voix.

Il la retrouve sous la motion de l'Esprit Saint. L'Esprit saint se mêle à sa parole et alors éclate un chant de louange, de la même veine que le Magnifi­cat, de la même veine que beaucoup d'autres chants de louange de la Bible, de la même veine que le can­tique de Moïse.

Un chant de louange qui commence par une action de grâces pour tout ce que le Seigneur a fait dans sa tendresse dans les temps anciens. Cette action de grâces rejoint celle des prophètes, des saints, des rois. Action de grâces dont le leitmotiv comme dans toute l'histoire d'Israël est cet Exode. Je me rappelle le titre d'un livre à ce sujet : "De la servitude au service", de l'esclavage au service de Dieu. La libération des ennemis pour le service "en sainteté et justice".

Je vais plus loin et rejoins le verset qui parle du soleil, "Soleil Levant qui vient nous visiter." Cha­que matin toute l'Église chante ce cantique du Bene­dictus qui est le pendant du Magnificat du soir. Dans la tradition bénédictine de la haute époque, on calcu­lait le lever des moines en fonction des Laudes et de ce verset pour que le soleil qui se lève dans le vitrail de la nef toujours orientée vers l'est, se lève précisé­ment au moment où on chantait ce verset. Je crois que le sens de ce rite est très profond. C'est toute cette journée que nous voulons passer en direction du So­leil. Par contre, nous aimons célébrer la Messe à midi, au moment où le soleil est à son zénith, pour cette rencontre de l'eucharistie qui est le zénith de notre journée. Puis, au soir nous nous laissons gagner par la pénombre et nous allumons les lampes pour continuer à le louer même dans la nuit.

C'est donc toute cette ambiance cosmique qui est la trame de ce beau verset.

Demain soir, dans la nuit, va se lever "le So­leil de Justice", ce soleil qui illuminera la tête du Fils de l'Homme au moment de la Transfiguration, ce so­leil que nous sommes tous appelés à devenir, puisque "les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume".

Ce soleil qui se lève sur les bons et les mé­chants est un soleil de miséricorde. C'est du cœur de notre Dieu, des entrailles de notre Dieu que se lève ce Soleil, ce Soleil qui vient d'en haut et qui va se faire tout petit. L'Enfant de la crèche que nous guettons durant tout cet Avent va se faire tout petit pour être là comme notre soleil.

Ce cantique reprend un peu ces trois aspects de l'Avent, parce qu'Il est venu, parce qu'Il vient au­jourd'hui et qu'Il reviendra. Et peut-être avons-nous, nous aussi, à devenir des petits Jean-Baptiste de la fin des temps, des Jean-Baptiste de la Parousie, du retour dans la gloire. Nous avons aussi à préparer les che­mins du Seigneur pour son retour à la fin des temps. Peut-être en ayant cette certitude, parce qu'Il est venu, Il reviendra, peut-être en ayant aussi cette attitude qui est celle du Baptiste : "Il faut que je diminue pour que l'autre grandisse", peut-être aussi en ayant au cœur cette miséricordieuse tendresse de notre Dieu qui nous fera aimer chaque homme. C'est précisément aujourd'hui et non dans le monde d'hier ou celui d'après-demain une attention très grande au monde de notre temps pour annoncer, en toute vérité, ce salut qui vient.

 

AMEN


 

 

 
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