AU FIL DES HOMELIES

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JOSEPH, PRÊTRE DU SACREMENT DE L'INCARNATION !

Is 62,1-5 ; Ac 13,16-17+22-25 ; Mt 1,18-24

Vendredi de la quatrième semaine d'Avent – B

(24 décembre 1999)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

L

e puzzle est fini, il est reconstitué, et la pièce manquante est désormais posée. La pièce manquante, c'était Joseph.

Il manquait en effet dans notre semaine pré­paratoire à Noël, cette personne importante souvent laissée dans l'ombre, sorte d'éminence grise pour cer­tains, ou rôle falot, que les vitraux du dix-neuvième siècle n'ont cessé de faire perdurer, alors que Joseph, notamment dans l'évangile de Matthieu est une pièce au contraire centrale. Matthieu ne s'arrête pas comme Luc sur le fait que la Vierge conçoit et enfant un Fils, qu'elle s'appelle Marie et que l'Enfant qu'elle conçoit vient de l'Esprit Saint.

Chez Matthieu, Dieu passe par Joseph, Dieu est lié à Joseph, il ne peut d'ailleurs pas passer uni­quement comme nous avons l'habitude de le croire, par le Vierge Marie. Même si rien n'est impossible à Dieu, Dieu ne va pas contre l'ordre naturel de la créa­tion. Et pour que Jésus soit connu et reconnu, il lui faut ce statut social, cette identité cette réception dans l'histoire que constitue pour lui le fait d'avoir ce père, Joseph, qui va lui donner son nom, Jésus, "Dieu sauve, Dieu au milieu de nous, Emmanuel".

Ce père qui va lui dire et lui montrer ce que c'est que d'être dans la société vis-à-vis du quotidien un homme qui vit, qui agit, qui peut poser des choix et qui peut se laisser guider par Dieu. C'est le modèle pour le Christ, pour Jésus, qui accomplit son huma­nité, cette humanité qui n'aurait pas été accomplie s'il y avait eu seulement Marie, cela n'aurait pas suffit.

Le miracle d'un Dieu fait homme n'aurait pas été parfait. Joseph n'est pas là seulement comme une pièce manquante, ou pour faire bien dans le tableau, Dieu n'a pas besoin de sauver les apparences d'un système, mais par contre, Dieu ne revient pas sur l'histoire de l'Alliance, sur les promesses transmises de génération en génération, sur sa Parole révélée aux hommes qui lie les uns se succédant aux autres comme nous l'a montré le livre des Actes des apôtres. David, puis jusqu'à Jean-Baptiste, et les Actes des apôtres auraient pu continuer, et Joseph viennent parfaire l'attente, viennent remplir le trésor de la Pro­messe par leur propre existence. Et c'est à eux que revient cet honneur et cette importance de dire qui est Dieu dans leur vie.

Joseph dit qui est Dieu dans sa vie parce qu'il accepte de reconnaître son intervention, et c'est, je dirais, le ministre de l'Incarnation. Comme il y a des prêtres pour être ministres, c'est-à-dire serviteurs des sacrements, Joseph est comme le prêtre du sacrement de l'Incarnation, celui qui peut objectivement, dire et donner un nom, celui qui peut réellement faire vivre Marie et son Enfant, celui sans qui l'agir de Dieu n'au­rait pu être accompli selon la Promesse des patriar­ches et des prophètes.

Et il est dommage que ce jeune homme Jo­seph ait trop souvent disparu, et c'est peut-être là sa sainteté que nous avons du mal à reconnaître.

Pourtant, pour nous, Joseph est encore au­jourd'hui en ce jour, la manière de comprendre com­ment pour les autres nous pouvons être aussi sacre­ment de naissance, de renouvellement, ministres et serviteurs de l'histoire de Dieu dans notre vie, comme dans celle de ceux que nous voulons faire vivre, de cette Bonne Nouvelle, "Dieu sauve", en étant homme parmi les hommes, grâce à Joseph.

 

 

AMEN

 

 
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