AU FIL DES HOMELIES

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LE SILENCE DEMANDÉ

Gn 18, 1-14 ; Lc 1, 5-25

Jeudi de la troisième semaine de l'Avent

(18 décembre 2003)

Homélie du Frère Yves HABERT

Walcourt : collégiale Notre-Dame
Zacharie offrant l'encens

L

e cadre de cette annonciation est bien planté, la fonction de celui qui remplit son office aussi, l'offrande de l'encens, de cette prière qui monte vers Dieu, cette prière dans laquelle se mêlait peut-être depuis longtemps dans la vie de Zacharie, ce souhait d'avoir une descendance. Et tout d'un coup, l'ange du Seigneur qui lui apparaît et lui assure qu'un fils naîtra de lui et de sa femme qui est avancée en âge. C'est curieux d'entendre comment Zacharie reprend l'objection de Sara dans le vieux texte de Genèse au chapitre dix-huitième.

Nous pourrions parler de ce silence de Zacharie, ce silence qui lui est imposé. Ce n'est pas le silence comme celui d'un père à qui il échappe beaucoup de choses de la naissance de son enfant et qui reste muet devant la grande chose qui s'opère de la naissance d'un enfant issu de sa chair. Mais c'est un silence qui va plus profond. Ce silence n'est pas un silence exigé, ce n'est pas le silence du "silence dans les rangs !" Ce n'est pas non plus un silence enduré comme dans une Église du silence. Mais je crois que le silence qui est demandé par l'ange Gabriel, c'est le silence de la stupeur, le silence de l'émerveillement, c'est le silence prophétique, c'est le silence de cette grande œuvre qui se perd, c'est le silence devant cette promesse de l'Alliance qui est en train de s'accomplir.

Et ce silence sera comme délié, neuf mois et huit jours après, au moment de la circoncision de cet enfant. Quand on fera sur cet enfant le signe de la circoncision, quand cet enfant sera placé dans la perspective de l'Alliance, à ce moment-là Zacharie pourra opérer sa fonction de père et nommer cet enfant comme il opérait sa fonction de prêtre dans le Temple. Donc, là, il pourra nommer cet enfant qui est à Dieu, qui est déjà, d'après le programme livré par Gabriel, cet enfant qui est déjà consacré à Dieu, puisqu'il ne boit pas de vin ni de liqueur fermentée, mais que l'Esprit sera sur lui.

Le silence qui nous est demandé n'est pas le silence de la paix des cimetières, mais le silence de l'attente, le silence qui se joint au silence de toute la création, le silence qui attend une parole, le silence qui est une politesse. C'est la politesse de celui qui attend une parole de l'autre, la politesse de cet homme qui attend que Dieu parle. La politesse que Dieu nous fait de venir aussi nous rejoindre à Noël.

 

AMEN

 

 
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