AU FIL DES HOMELIES

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LE SOIR DE L'ANCIEN TESTAMENT

Ml 3, 1-4+23-24 ; Lc 1, 5-25

Jeudi de la troisième semaine de l'Avent – A

(18 décembre 1980)

Homélie du Frère Michel MORIN

Reims : Élisabeth et Zacharie

P

ar cette scène de la liturgie du Temple, Luc nous avertit de l'imminence d'un évènement grave et important. Un couple de personnes âgées, vertueux, qui attendent. Elisabeth, stérile, n'avait pas d'enfant. Zacharie, son époux, s'avance vers le sanctuaire, s'approche de Dieu pour renouveler la braise et le parfum, au cœur même du Temple. Mais cette braise contient déjà en elle-même l'énergie d'un feu, d'une lumière nouvelle qui va s'étendre jusqu'aux extrémités de la terre, comme le jour nouveau. Cet encens, ce parfum contient déjà en lui-même, toute la prière de ceux qui, bientôt, adoreront non seulement à Jérusalem, mais en esprit et en vérité.

Le peuple entoure le Temple, joignant sa prière à cette fumée de l'encens pour l'offrande du soir. Mais ce soir n'est pas un soir comme tous les autres. Ce n'est pas le soir d'un jour comme tous les jours. C'est le soir de l'Ancien Testament. C'est le soir du très long jour de la première Alliance, un jour qui a connu tant de peines et de larmes, tant de victoires et de défaites, tant d'espérance et tant d'intercession. C'est le soir d'un jour d'une très longue marche qui a conduit le peuple choisi, peuple à la nuque raide, de l'oppression à la liberté, de la liberté au péché, du désert à la fertilité. C'est ainsi, dans cette scène, que s'achève le jour de la première Alliance.

Le peuple est bien là, et sa prière monte vers Dieu, dans ce lieu où se réalise, pour lui, la proximité la plus intime, la plus proche avec la présence de Dieu, le Saint des Saints. Mais cependant il est encore à l'extérieur de cette intimité divine, il est encore dispersé dans les parvis.

Ce jour qui s'achève ainsi avait eu comme aurore, la venue de ce personnage mystérieux, venant surprendre Abraham pour lui dire cette chose inouïe : "Tu auras un fils. Sara, ta femme stérile aura un fils. Il s'appellera Isaac, c'est-à-dire le sourire d'un Dieu favorable." Et ce même jour s'achève en ces dernières heures par le retour de ce personnage mystérieux, de cet Ange de l'Alliance comme le nomme le prophète Malachie. Et il vient pour dire exactement la même chose à Zacharie : "Tu auras un fils. Elisabeth, ta femme stérile aura un fils. Tu l'appelleras du nom de Jean, c'est-à-dire"Dieu donne sa faveur et sa grâce."

Ainsi ce long jour de la première Alliance s'achève, comme il avait commencé, par le retour de l'Ange, comme une signature de la fidélité incessante de Dieu pour son peuple. Jean-Baptiste va déblayer les dernières mesures de cette longue route qui doit faire apparaître la face de Dieu pour tous ceux qui le cherchent. Car la faveur de Dieu, annoncée à Abraham, la faveur de Dieu annoncée à Zacharie, c'est tout simplement la manifestation de son visage dans la chair d'un enfant. Cet enfant, ce visage d'enfant, déjà figuré dans visage d'Isaac, déjà figuré dans le visage de Jean, ces deux enfants qui sont nés d'une promesse humainement impossible.

Frères et sœurs, nous ne sommes plus au soir de ce jour, car déjà avec la fumée de l'encens, s'annonce une splendeur nouvelle : le visage lumineux de Dieu qui vient, qui vient pour un jour nouveau, qui vient pour un jour éternel. Désormais, ce n'est plus dans le Temple que nous pouvons lui offrir cette prière, mais c'est dans la liturgie ecclésiale de l'Alliance Nouvelle où Il ne cesse de revenir, où Il ne cesse de manifester son visage et c'est là qu'aujourd'hui et que demain, nous pouvons le contempler face à face. Et avec notre cœur de chair, Lui qui a transformé notre cœur de pierre, avec ce cœur de chair, nous pouvons maintenant le contempler, l'attendre et l'aimer.

 

AMEN

 

 
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