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LA FOI ESPÉRANCE DES CHOSES À VENIR

Hb 12, 1-2+12-14

(18 décembre 2008)

Homélie du Frère Yves HABERT

J

e laisse Jésus et sa parabole dévoilée, Il a tout expliqué, sa venue dans la chair qui nous donne d'espérer, pour revenir sur la lettre aux Hébreux que nous lisons patiemment, régulièrement, comme une sorte de catéchèse extraordinairement précise sur la foi.

Les jours précédents, nous avons lu tout le chapitre onzième qui est intitulé dans ma petite Bible : "la foi exemplaire des ancêtres". Je trouve le titre pas très heureux, puisqu'il ne s'agit pas d'une galerie de portraits, d'ancêtres dont on pourrait être fiers, et d'autres dont on pourrait être moins fiers, mais tout de suite, ce chapitre onzième qui précède le passage que nous avons entendu maintenant, nous dit que la foi est la garantie des choses qu'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas. La foi est mise en avant, la foi est "marche", la foi c'est "avancer". L'auteur de l'épître aux Hébreux a parlé de la foi qui a animé Abel, de la foi qui a enlevé Énoch, de la foi qui a prévenu Noé, de la foi qui a exigé l'obéissance d'Abraham, son départ, de la foi qui plus profondément a exigé d'Abraham cette épreuve par rapport à son fils Isaac, cette fois qui a donné naissance aussi à Jacob et Esaü, et qui a permis cette suite des patriarches, cette foi aussi qui a informé (donné forme) à Moïse, à toute son action salvatrice, cette fois qui a fait s'écrouler les murs de Jéricho. Et l'on sent que l'auteur de l'épître aux Hébreux, n'en peut plus, il dit : le temps me manque pour dire tout ce qui concerne Gédéon, Baraq, Samson, Jephté, David, Samuel, tous les prophètes, et tous ceux qui après ont donné leur vie, les Maccabées.

Donc la foi exemplaire des ancêtres, c'est cette certitude des choses qu'on espère, c'est l'assurance des biens à venir, quelque chose qui les a poussés en avant. Là, aujourd'hui, comme ne faisant pas nombre avec tous ces illustres ancêtres qui ont été poussés par la foi, comme ne faisant pas nombre, mais enveloppés d'une si grande gloire de témoins, c'est-à-dire, non pas "cocounés", non pas le regard en arrière comme des supporters dans le stade, nous courons l'épreuve qui nous est proposée. Tous les ancêtres dont il est question dans le chapitre onzième, Moïse, Abraham, Énoch, sont des supporters dans les tribunes du ciel et nous encouragent dans cette épreuve qui nous est proposée. Le Christ ne fait pas nombre avec ses ancêtres. Certes, durant sa vie terrestre, quand Il était avec nous, Il a, suivant certains théologiens, vécu d'une manière analogique, de ressemblance, une sorte de foi. Il a mis sa foi dans son Père qui pouvait le sauver de la mort. Mais maintenant qu'Il est ressuscité des morts, maintenant qu'Il n'a pas craint l'infamie de la croix, le Père l'a ressuscité des morts. Maintenant, Il n'est plus sujet, il est objet de foi. Et le Christ rompt avec toute la grande tradition de ces patriarches parce qu'Il est l'objet de notre foi. C'est vers Lui que nous courons, soutenus par la foi de tous ces ancêtres.

Toutes ces images des jeux olympiques n'ont pu que dilater notre cœur, l'ouvrir pour résolument nous mettre en route. A ce moment-là, la foi qui est cette certitude des choses à venir n'est pas, pour la lettre aux Hébreux, un opium ou quelque chose qui nous ferait oublier notre vie ici, puisque l'épître aux Hébreux continue: "le Christ est objet de foi, c'est pourquoi, redressez vos mains inertes, rendez droits les sentiers". C'est-à-dire que la foi n'est pas simplement une belle espérance, une belle chose à voir, comme dirait Balthazar, quelque chose à regarder, quelque chose qui nous entraîne, mais bien quelque chose qui vient informer de l'intérieur toute notre conduite, sur deux points particuliers qui sont soulignés par la lettre aux Hébreux aujourd'hui : la paix et la sanctification.

La paix qui est déjà ce bien du Royaume à venir, cette paix qui est signalée par tous les prophètes, qui est vraiment le fruit de la bénédiction de Dieu. La sanctification qui n'est pas appropriation du message, qui n'est pas conservatisme ou étroitesse, mais la sanctification qui est sainteté, don de Dieu seul qui peut nous la donner. Donc la foi, cette certitude des choses qu'on espère, est déjà dans nos cœurs. Cette paix est déjà dans notre cœur, cette sainteté à laquelle nous sommes tous appelés.

 

AMEN