AU FIL DES HOMELIES

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UN NOUVEAU RÉVEIL

Ba 4, 30-37

(13 décembre 2004)

Homélie du Frère Yves HABERT

J

e vais m’arrêter avec vous sur le livre de Baruch, ce texte que nous venons d’entendre en première lecture. Ce texte a comme des accents du livre d’Isaïe : « Courage Jérusalem, voici tes fils qui reviennent ». Ce livre de Baruch qui émerveillait La Fontaine qui trouvait cet auteur absolument génial, ce grand chant de l’exil et du retour. Ce grand chant qui s’ouvre par une prière pénitentielle et qui s’achève dans le retour des fils à Jérusalem. Ce chant écrit en diaspora pour encourager Jérusalem, pour encourager les habitants de cette ville. 

       Ce texte qui est aussi écrit pour nous, pour nous encourager, pour que nous gardions courage, pour cet exil que semble un peu vivre l’Église quand nous voyons nos assemblées qui prennent des cheveux blancs, quand nous voyons la raréfaction des vocations, quand nous voyons un certain nombre de signes comme ceux-là, au moins dans notre Église en France. Mais le prophète est là pour nous dire : courage. Le prophète annonce quelque chose qui va se passer, et ce quelque chose qui va se passer, il me semble à travers toutes les rencontres que je peux faire aujourd’hui, que c’est en train d’arriver. Je vois que dans nos sociétés françaises, peut-être poussé par l’importance prise par les autres religions, par cette affirmation très forte de l’islam, je vois qu’aujourd’hui cette référence chrétienne, cette référence à la foi au Christ n’est plus hors-jeu. Je vois beaucoup qui s’affirment tranquillement chrétiens. Ils ne vont pas encore forcément à l’église, même si certains viennent frapper à la porte, on les appelle les recommençants. Certains viennent aussi demander le baptême à l’Église. Je vois un certain nombre de ces personnes qui s’affirment tranquillement chrétiens. Je vois l’effet des journées mondiales de la jeunesse, particulièrement celles de Paris pour notre pays. Je vois aussi ce qui s’est passé à la Toussaint. Je vois qu’une bonne partie de l’opinion se reconnaît dans cette foi chrétienne. 

       Certes, il y a encore des résistances, certains s’avancent ou prônent l’effacement de l’Église, de cette référence. On le voit bien à travers aussi sur l’enjeu de ce débat sur les racines chrétiennes de l’Europe ou même l’entrée de la Turquie. On voit bien qu’il y a une référence qui maintenant accroche pour beaucoup de nos contemporains. Ce n’est pas encore un mouvement massif, mais c’est comme des pressentiments. Le temps de l’Avent, ce texte de Baruch nous montre aussi que les fils reviennent, comme il le dit : "Voici ils reviennent les fils que tu vis partir. Ils reviennent rassemblés du Levant au Couchant". Ils se sont éloignés et à l’occasion d’un mariage, à l’occasion de la demande du baptême, à l’occasion d’une célébration d’un événement un peu fort, ils reviennent. Et le temps de l’Avent est précisément ce temps où la question est posée. La question dans sa radicalisé est posée par la venue de Jésus à Noël. C’est là que se fait un peu le choix. La fête de Noël est là aussi pour toucher le cœur de ces recommençants. C’est la fête de Noël qui ouvre à une nouvelle question. Je crois que la foi chrétienne n’est pas derrière nous en France, mais elle est devant nous, dans une sorte de proposition un peu nouvelle. C’est quelque chose qui apparaît finalement aujourd’hui comme nouveau, comme une nouvelle possibilité. 

        C’est cette découverte qui est faite par beaucoup, cette découverte de la lumière qui les accompagne sur leur chemin, cette lumière qui va se lever bientôt, et cette eucharistie justement est l’occasion de prier pour ces personnes qui, à nouveau, se posent la question. Cette fête de Noël aussi est l’occasion de nous plonger dans cette espérance pour être inventifs, à notre tour, pour accueillir tous ceux qui à nouveau se posent cette question. 

 

       AMEN 


 

 

 
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