AU FIL DES HOMELIES

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OUVRIR NOTRE COEUR AU TRAVAIL DE DIEU

Ba 4, 30-37 ; Mt 21, 28-32

Lundi de la troisième semaine de l'Avent

(1 décembre 2003)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Sauternes : le travail de la vigne

C

e qui me semble intéressant dans l'évangile que nous avons entendu dans la parabole des deux enfants, c'est le glissement des mots. Si on reprend le texte, on y voit un homme qui a deux enfants. Il s'adresse au premier et il lui dit : "Mon enfant, va-t-en aujourd'hui travailler à la vigne. Et l'enfant répond : Je ne veux pas ! Il s'adresse au second et lui dit la même chose". Il a dû lui dire : mon enfant, c'est-à-dire je suis le père. "Et le deuxième répond : entendu, Seigneur". Comment peut-on arriver à ce glissement de sens, arriver à dire à son père ce mot de Seigneur, qui me semble mettre une sorte de barrière entre le père et son enfant. C'est la première remarque que je voulais faire.

La deuxième remarque c'est la remarque du remords. En fait, dans celui qui va changer, celui qui a dit : je ne veux pas, mais qui va aller travailler à la vigne, il y a la question de ce travail du cœur. Dans cette parabole qui nous est donnée par rapport aux pharisiens, par rapport aux publicains, par rapport aux prostituées, il nous est dit que le danger le plus grand que nous pouvons vivre avec Dieu, c'est de mettre une barrière entre Lui et nous. Le danger le plus grand c'est de prendre ses distances : entendu, (c'est bien, il va obéir), Seigneur. Comme si en fait entre toi et moi, il y avait uniquement une relation d'obéissance, de maître à esclave, à serviteur, mais certainement pas plus. Alors que le premier fils, son cœur est le lieu du pressoir, celui du thème de la vigne et du vigneron, et la différence entre le premier et le deuxième des fils, c'est la même différence qu'il y a entre les publicains et les pharisiens, et les prostituées. C'est-à-dire que les premiers laissent travailler Dieu au fond de leur cœur, ils acceptent d'une certaine manière de mettre leur vie en face de Dieu et de laisser cette vie être prise dans le pressoir du remords, du repentir, de l'amour de Dieu. Ils acceptent d'objectiver, de mettre en-dehors ce qu'ils sont.

Les pharisiens, eux, tout est dans la distance. En fait, ils préfèrent parler "sur" Dieu, sur la Loi, plutôt que d'essayer de la vivre et d'essayer de mettre leur vie à la lumière de l'amour de Dieu. Dans un cas, on a quelqu'un qui va au tréfonds de son cœur, qui accepte de se remettre en cause, qui accepte de se laisser détruire et travailler par le Seigneur, par Dieu, et dans l'autre cas, on a ces personnes qui sont un peu comme Adam dans le péché originel, ont le don de mettre la distance nécessaire pour se protéger. Le plus grand des péchés, qui est généralement le péché d'orgueil, ce péché comme péché, a cette intelligence de mettre la distance entre moi et les autres, pour me protéger. Il y a plusieurs manières de réagir par rapport aux autres. Il y a la manière de contrôler les autres en prenant possession de ce qu'ils sont, et l'on a la manière inverse qui est de "mettre les voiles" comme on dit, et de s'enfermer dans son orgueil, et généralement, cet orgueil fonctionne grâce à la Loi. C'est un peu ce que font les pharisiens en mettant la distance entre ce qu'ils sont et les autres. En fait, les pharisiens sont ceux qui refusent de se laisser approcher par le Seigneur, ce sont ceux qui refusent de laisser leur cœur travailler par le Seigneur.

Frères et sœurs, en ce temps de l'Avent, à l'image de ce premier fils, même s'il nous arrive souvent de dire non au premier abord, découvrons que notre vie chrétienne dans ce temps d'Avent, est comme une course de fond. Tout n'est pas réglé du premier coup, il nous est donné de peut-être fermer notre cœur, il nous est donné peut-être de ressembler aux pharisiens, mais le Seigneur est celui qui nous donne toujours la possibilité de le laisser s'approcher de nous. A nous maintenant d'ouvrir notre cœur et de le laisser transformer au pressoir du sang et de la vie du Seigneur.

 

AMEN


 

 
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