AU FIL DES HOMELIES

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JÉSUS ET JEAN-BAPTISTE

Ba 5, 1-9 ; Jn 10, 17-42

Lundi de la troisième semaine d'Avent – A

(15 décembre 1986)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

D

ans ce passage de l'évangile, il y a deux épi­sodes. Le premier est celui dans lequel Jésus échappe à une lapidation et Jean souligne à quel point c'est le mystère même du Fils qui est dans le Père parce que le Père est en Lui, qui lui permet d'échapper à ceux qui en veulent à sa vie. Au milieu des hommes, le Christ vit à ce moment-là comme en sursis parce qu'Il commence à dénoncer le mensonge qui est dans le cœur de ses auditeurs. Il risque sa vie mais en même temps c'est le Père qui tient sa vie entre ses mains. Et tant que, dans la parfaite obéissance au Père, le Fils ne se livrera pas à la mort, Il reste, Il de­meure vivant au milieu des hommes, vivant pour leur donner la vie, vivant pour leur donner la lumière. Et c'est sans doute ce qui explique le passage suivant.

Pour échapper aux mains de ceux qui en veu­lent à sa vie, le Christ retourne sur les bords du Jour­dain, plus exactement de l'autre côté du Jourdain par rapport à la Palestine sans doute parce que dans ce territoire-là le Christ était à la fois plus caché et moins accessible aux autorités qui auraient pu vouloir s'em­parer de Lui, ce qui nous manifeste que le Seigneur, à plusieurs reprises au cours de son ministère, a voulu revenir à cette situation initiale où Lui-même baptisait au bord du Jourdain. Il y avait aussi pour Lui ces moments dans lesquels Il prêchait de façon plus in­tense et plus marquée la conversion comme un retour au désert pour rencontrer Dieu seul à seul, dans ces lieux du désert que sont les bords du Jourdain.

Mais ce qui est intéressant, c'est le témoi­gnage des foules, car beaucoup viennent auprès de Jésus et leur témoignage est celui-ci : "Jean n'a fait aucun signe, mais tout ce que Jean a dit de Celui-ci était vrai." Dans ces deux phrases il y a le témoignage en faveur du Christ et il y a le témoignage en faveur de Jean. En quoi consiste celui du Christ ? C'est de faire des signes. Et effectivement, quand on regarde dans les évangiles, Jean n'a accompli aucun miracle ou du moins aucun ne nous en est rapporté, car Jean était simplement l'annonciateur. Jean n'est pas un réalisateur, il n'est pas celui qui effectue la venue du Royaume, il ne fait que l'annoncer. C'est pourquoi dans cette réflexion que rapporte l'évangéliste Jean, il y a cette sorte de jugement de bon sens qui manifeste qu'effectivement, à partir du moment Où Jésus pose les signes de la venue de Dieu, le Royaume est effec­tivement réalisé. Il est effectivement là. Tandis que le rôle de Jean, c'était de dire la vérité, de témoigner en faveur de la lumière, comme le dit le début de l'évan­gile de Jean à propos de Jean-Baptiste : "Il n'était pas la lumière, mais il venait témoigner en faveur de la lumière."

Passer de la parole qui annonce le Royaume à la vie qui est effectivement celle du Royaume, tel est le mystère qui articule l'un par rapport à l'autre le per­sonnage de Jean et le personnage de Jésus. Dans un cas, il s'agit de celui qui éveille le cœur, de celui qui annonce, de celui qui prépare le cœur, dans l'autre cas, il s'agit de Celui qui accomplit, de Celui qui donne les signes, de Celui qui accomplit les merveil­les de Dieu.

En ce temps de l'Avent où nous nous avan­çons vers le Christ qui vient, sachons reconnaître l'un et l'autre car dans le mystère de l'Église il y a toujours le mystère de celui qui annonce, le mystère de Jean, et le mystère de Celui qui accomplit, le Christ qui se donne à nous.

 

AMEN


 

 

 
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