AU FIL DES HOMELIES

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LA LONGUE LIGNÉE DES ANCÊTRES DU CHRIST

Gn 49, 1-2+8-10 ; Mt 1, 1-17

Lundi de la troisième semaine de l'Avent – C

(18 décembre 2000)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

C

e long feuilletage de l'ancien album de Jésus, tous ces ancêtres, leurs barbes, leurs attentes, leurs rides, sont déclinés dans cette généalo­gie qui ne vous dit rien, vos grands-pères ne s'appel­lent pas ni Mathan, ni Eliud, ni Roboam, j'espère pour eux qu'ils ont leur propre nom, il s'agit là des ancêtres, enfin, pas exactement, puisque tout va bien d'Abra­ham jusqu'à Joseph, mais le dernier verset, Jacob en­gendra Joseph l'époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, c'est ce qu'on appelle une rupture. Cette longue lignée pour arriver à rien, pour arriver à ce qu'un homme soit l'époux sans être l'époux de celle qui va être la mère de Dieu, cela s'appelle un rupture de style.

En fait, celle longue mélopée des ancêtres nous indique deux choses, c'est que l'histoire de Dieu qui vient très singulièrement, très particulièrement en un moment donné, en un endroit donné, presque secrè­tement au début, couvre toute l'histoire du monde. Lorsque Matthieu a décidé de mettre au début de son évangile cette longue généalogie, c'est qu'il a voulu inscrire cet événement si petit, si particulier de nais­sance d'un enfant dans la grande histoire de tous les hommes. C'est pourquoi si ces noms ne nous disent rien, en fait, ils nous disent ces hommes qui avant nous ont attendu et préparé.

C'est donc comment cette histoire du Christ s'insère dans l'histoire des hommes, donc dans la nô­tre. On pourrait croire, et que Matthieu avait juste­ment comme intention de vouloir nous faire com­prendre que si Jésus qui naît de Marie à Bethléem en telle année, cette histoire apparemment si petit, cou­vre en fait l'histoire du Salut et répond au désir que Dieu avait d'envoyer son Fils, et chaque heure, de cœur en cœur cette attente se forgeait, et poussait l'homme à espérer davantage qu'un jour les cieux s'ouvriraient, et se déchireraient comme le dit le pro­phète Isaïe. Et en même temps, cette histoire donne naissance à cette nouvelle histoire de l'intervention de Dieu et en même temps, elle n'est pas en pleine conti­nuité, le dernier, c'est Joseph, qui est celui qui re­garde, qui reçoit et qui accueille une autre histoire, celle qui se passe dans le cœur et dans le corps de Marie.

Et c'est ainsi que l'Église et la tradition ont entendu à la fois l'Incarnation de Dieu dans ce monde où Il prend chair, et en même temps Il est Dieu, et Il vient par les voies que Dieu s'est choisi, par une voie différente, qui tout en s'inscrivant dans l'histoire des hommes fait rupture avec cette histoire, et Dieu soit loué pour nous. Non seulement nous sommes inscrits dans le Livre à la suite d'Abraham, d'Isaac, d'Eliud et Roboam, et nos propres noms sont déclinés sur les lèvres des anges qui récitent incessamment tous les fils de Dieu, tous les hommes que nous sommes, et en même temps quelque chose de nouveau va apparaître, est apparu et est signifié dans le corps d'une femme, dans le cœur de Marie. C'est quelque chose de nou­veau, comme une semence nouvelle transforme et soulève cette histoire, pour l'amener au-delà d'elle-même vers Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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