AU FIL DES HOMELIES

Photos

SERVITEURS À LA SUITE DE JEAN-BAPTISTE

Is 64, 5-64, 3 ; Lc 1, 5-25

Mardi de la troisième semaine de l'Avent – C

(19 décembre 2000)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

U

ne annonciation répond à une autre, une naissance à une autre naissance, non pas comme "attention, un train peut en cacher un autre", mais plutôt dans cette thématique propre à ce personnage de Jean-Baptiste qui ne cesse de préparer la venue du Seigneur. Une annonciation de la nais­sance de Jean-Baptiste qui nous prépare à recevoir et à entendre le message que Marie recevra aussi de la part de l'Ange. La naissance ensuite de Jean-Baptiste, merveilleuse naissance qui nous prépare à l'extraordi­naire présence de Dieu dans sa naissance, le Fils de Dieu en Marie se fait chair et naît à Bethléem dans la crèche. Il y a là pour nous une invitation, à travers ce temps liturgique de l'Avent, comme à travers ce per­sonnage de Jean-Baptiste. On dit souvent qu'il est la jonction entre l'Ancien et le Nouveau Testament, et qu'en même temps il nous invite nous aussi, autres Jean-Baptiste de ce monde, à préparer les chemins du Seigneur. Ce qui signifie que la vie chrétienne a comme celle de saint Jean-Baptiste une raison d'être qui est de l'ordre de l'articulation entre l'Ancien et le Nouveau Testament, peut-être, mais surtout pour nous, d'abord invitation pour nous à passer dans notre vie à ce qui est encore ancien ou vieux pour entrer dans la nouveauté, et plus encore dans cette dynamique, comme le premier dimanche de l'Avent nous l'a dit, nous fait attendre le retour du Seigneur, sa Parousie, son Avènement qui est déjà célébré dans la naissance même du Sauveur. Il y a donc une perfection et un achèvement auquel nous croyons, nous espérons et auquel nous sommes invités. Notre rôle à nous, si nous devons être comparés à saint Jean-Baptiste, est le même, c'est inviter et préparer ce monde à aller au-delà de ce qu'il voit ou de ce qu'il entend, pour lui faire découvrir déjà la réalité de cet avènement, présence du Seigneur, et que Noël viendra symboliser justement cette venue du Seigneur déjà parmi nous et son second avènement, c'est-à-dire l'achèvement de cette venue dans la chair.

Il y a ainsi comme on le voit pour l'Annon­ciation de saint Jean-Baptiste, toute une Épiphanie, ou une Théophanie qui nous révèle cette présence de Dieu, l'Ange, tout cela dans un sanctuaire, et avec ces phrases admirables de l'Ange Gabriel qui dessine d'un seul trait tout ce que sera la vie de Jean-Baptiste, un peu comme lorsqu'on a un enfant, on se demande ce qu'il deviendra, et parfois, on a de grandes ambitions où on lui prédit un fabuleux destin, ainsi pour Jean-Baptiste, il doit être avec l'esprit d'Elie, il doit faire revenir le peuple vers le Seigneur, sa mission, son destin sont grands.

J'aimerais dire que pour nous aussi, il y a la même inscription dans notre vie à une très grande destinée. Ultimement cette très grande destinée, c'est la Gloire de Dieu, mais cette Gloire de Dieu elle se vit aujourd'hui, elle est à préparer dès aujourd'hui, c'est pourquoi ce parallèle avec la vie de saint Jean-Bap­tiste nous fait comprendre que dans cette naissance merveilleuse qu'est la nôtre par la baptême, il y a d'inscrit autant de destinée ou en tout cas autant de prophétie que dans celle de saint Jean-Baptiste. Nous aussi, nous sommes avec l'Esprit du Seigneur, nous aussi nous sommes invités à être prophètes, à porter et à préparer les chemins du Seigneur, nous aussi nous devons ramener à Dieu ce peuple qu'Il s'est choisi, cette fonction quasi sacerdotale d'offrir et d'apporter en agréable sacrifice à Dieu, agréable parce que c'est notre propre vie et celle de chacun de ceux que l'on aime, qui peut être présentée à Dieu. Nous aussi nous sommes appelés à une destinée quasiment royale, celle de servir, le roi, c'est celui qui sert et par notre baptême, nous sommes bien prêtres, prophètes et rois, toute une vocation, toute une mission, tout un appel, autant d'oracles qui ne nous ont pas été transmis di­rectement par l'Ange Gabriel, amis qui cependant nous sont vraiment signifiés par la grâce baptismale, par la célébration liturgique elle-même du baptême, et qui fait de nous, à la suite de saint Jean-Baptiste d'au­tres serviteurs, ceux qui savent inviter, ceux qui sa­vent proclamer, ceux qui savent être missionnaires parce que chrétiens.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public