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 ACCUEILLIR LE VERBE

Nb 24, 2-7 + 15-17 ; Jn 10, 37-42

Mercredi de la troisième semaine de l'Avent – C

(18 octobre 2009)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Un astre va se lever …

Frères et soeurs, l'affaire est entendue, Balaam nous annonce cet astre qui va se lever, c'est Jésus qui naît dans la crèche de Bethléem et Jésus vient manifester dans la chair les oeuvres de son Père. Maintenant, on peut s'asseoir et continuer la célébration.

Mais j'aurais voulu aborder ces textes sous un autre angle. Très souvent, et même encore chez les adultes hélas, la fête de Noël reste à l'image d'un anniversaire. Comme on fête l'anniversaire de chacun des membres d'une famille, une fois par an, nous célébrons l'anniversaire du petit Jésus qui est né parmi nous il y a deux mille ans, et puis, on attend l'année suivante.

Mais je crois que les deux textes que nous venons d"entendre illustrent chacun à leur manière le vrai sens de Noël. Noël ce n'est pas un anniversaire, Noël, c'est le moment où Dieu vient dans le coeur des hommes. Et cela ne se passe pas une fois par an, mais cela peut se passer à n'importe quel moment de l'année, pourvu qu'il y ait les circonstances permettant à Dieu de venir se nicher dans notre coeur ou dans notre communauté ou dans toute relation.

En fait, ce qui est caché derrière la naissance du Christ, c'est le problème de la relation à la fois avec Dieu et entre nous. On en a un premier exemple avec Balaam qui est envoyé au départ par Balaq pour invectiver, injurier Israël, et ce brave homme se retrouve à bénir le peuple qu'il devait maudire. A l'autre bout de la chaîne, on a ce qu'on pourrait appeler un anti-Noël, c'est le Christ qui est dans le temple de Jérusalem, c'est l'hiver, il fait froid comme aujourd'hui, et le Christ n'est pas accueilli.

La question qui se cache derrière tout cela, c'est le statut de la Parole. Si effectivement pour nous la parole est un instrument de violence, un instrument de puissance que nous utilisons pour faire plier les autres à notre volonté, à nos sentiments, à nos objectifs, c'est sûr que Dieu ne viendra jamais dans notre vie, dans notre communauté, dans nos familles.

Frères et soeurs, que ces deux textes ne soient pas simplement pour nous l'occasion de nous dire : voilà, Dieu va venir le 25 décembre, mais que ces textes nous fassent réfléchir au Christ Parole du Père, le Christ Verbe de Dieu. Par conséquent, pour que le Verbe puisse venir s'incarner non seulement il y a deux mille ans dans les conditions historiques qui étaient les siennes à cette époque, mais pour qu'il vienne encore s'incarner dans notre vie, dans notre communauté chrétienne, dans notre Église, encore faut-il que nous ayons cette attention, cette humilité d'accueillir le Verbe qui n'est pas un instrument de propagande ni un instrument de violence, mais qui est la manifestation de l'amour et de la vérité au coeur même de  notre vie.

 

AMEN