AU FIL DES HOMELIES

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LE TÉMOIN

Nb 24, 2-7+15-17 ; Jn 5, 23-36

Mercredi de la troisième semaine d'Avent – B

(16 décembre 1987)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

C

e tout petit passage de l'évangile de Jean est d'une grande importance pour notre propre compréhension du mystère du Christ et de la manière dont nous le connaissons.

En effet, il y a comme un motif qui revient presque à chaque chapitre de l'évangile de saint Jean, c'est celui du témoignage et du témoin. Pour saint Jean qu'est-ce que le témoin, qu'est-ce que le témoi­gnage ? Ce sont des moyens. Pour qu'il y ait témoin, il faut qu'il y ait quelqu'un en rapport avec la vérité. Un témoin n'a de valeur que par sa capacité de dire vrai­ment ce qu'il a vu lorsqu'il s'agit d'un témoignage visuel, ou ce qu'il croit lorsqu'il s'agit d'un témoignage de foi. Mais le témoin est aussi, pour d'autres, comme le chemin pour qu'ils accèdent à la vérité. C'est-à-dire qu'il y a toujours chez chaque témoin cette double préoccupation : d'une part le souci de la vérité, et d'autre part le souci d'un service, conduire d'autres, par le témoignage précisément, à cette vérité que le témoin lui-même a perçue. C'est la raison pour la­quelle les gens qui sont témoins d'un accident, par exemple, de quelque chose d'unique, sont appelés à témoigner et par là sont les serviteurs de ceux qui doivent juger ou faire le constat des choses, ils sont les serviteurs de ceux qui leur demandent de les conduire, aussi bien que possible, à la vérité.

Or, précisément, pour saint Jean l'évangéliste, Jean-Baptiste est un témoin. Jean le Baptiste connaît la vérité de Jésus puisque, au début de l'évangile, il l'a désigné comme l'Agneau de Dieu. Mais non seule­ment il a servi de témoin au sens où il le connaissait, mais au sens où il a montré à Israël où il fallait aller. Son témoignage de vérité est non seulement d'avoir vu ou d'avoir reconnu le Sauveur, et ceci s'est passé à travers un certain nombre de difficultés intérieures et d'épreuves, mais c'est d'avoir conduit Israël à cette vérité. C'est pour cela que Jésus peut dire : "Si j'en parle c'est pour votre salut Jean était la lampe qui brûle et qui luit " un peu comme une petite lumière sert, dans l'obscurité à guider les pas de celui qui doit franchir un certain espace obscur.

Mais, immédiatement Jésus ajoute : "J'ai un autre témoignage, un témoignage plus grand" et cet autre témoin c'est le Père. Le Père est témoin de son amour pour le Fils, et Il donne un témoignage, "ce sont les œuvres que le Père lui a donné de mener à bonne fin." Que sont ces œuvres ? C'est le salut. Pour comprendre qui est Jésus, il a quelqu'un de plus grand que Jean-Baptiste, qui est le Père qui Lui-même nous conduit là où Jean-Baptiste ne pouvait pas nous conduire. Le Père nous conduit au cœur même du mystère de son Fils pour que là nous découvrions les œuvres de salut, le témoignage du Père, car les œuvres ne sont pas du Fils, mais elles sont du Père, c'est-à-dire le salut que Dieu opère en nous, par Jésus.

Par conséquent, dans notre vie de chrétien il y a toujours un aspect du témoignage de Jean-Baptiste, il y a toujours quelque chose qui nous conduit à la personne de Jésus, pour le découvrir, pour savoir qui Il est, pour savoir comment Il se présente. Il y a tou­jours quelqu'un qui vient nous chercher dans notre humanité pour nous conduire au seuil même du mys­tère de Jésus. Mais s'il n'y avait que Jean-Baptiste, jamais nous ne reconnaîtrions vraiment Jésus pour ce qu'Il est, le Fils. Pour cela, il faut comme un relais, un autre témoignage qui nous introduit dans le mystère même du cœur de Jésus, de sa personne. Et le seul qui peut nous y introduire, c'est le Père Lui-même.

Autrement dit, notre approche du mystère de Jésus est double : à la fois, à travers toutes ces médiations, tous ces mouvements d'approche que symbolise Jean-Baptiste ou que récapitule Jean-Baptiste. Mais en même temps, il y a un moment d'un témoignage intérieur, qui ne vient pas du monde, qui ne vient pas de ce que l'homme peut raconter, mais vient explicitement, c'est Jésus qui nous le dit, de l'œuvre du Père en nous. Et comment cela se manifeste-t-il ? Parce que, à un moment, nous croyons au témoignage du Père, c'est-à-dire que le Fils fait des œuvres de salut. C'est quand nous éprouvons, quand nous reconnaissons que Jésus est le Sauveur, qu'Il accomplit en nous son œuvre de salut, que nous accueillons le témoignage du Père et que nous découvrons vraiment qui est Jésus.

 

AMEN

 

 

 
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