AU FIL DES HOMELIES

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LE MINISTÈRE DE ZACHARIE

Gn 18, 1-14 ; Lc 1, 5-25

Mercredi de la troisième semaine de l'Avent – C

(18 décembre 1991)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

V

ous l'avez vous-même ressenti à la lecture des deux textes de ce jour, de la promesse faite à Abraham et de l'annonce à Zacharie, il y a un parallèle. C'est celui d'une situation très belle, celle d'un homme et d'une femme qui sont, non pas loin de Dieu, mais au contraire très proches de Lui et qui vivent, comme le dit si bien saint Luc, "selon le cœur de Dieu" en accomplissant les commandements et cette Parole que le Seigneur a transmise. Avec ces deux textes, nous sommes dans l'annonce du don de la vie fait à deux êtres qui n'y croient plus, et c'est en cela que réside la Promesse de Dieu. C'est dans cet impossible de la vie de certaines personnes que se réalise finalement "le don de Dieu" qui surpasse d'une façon éminente toutes les capacités humaines et toutes les prévisions humaines.

J'aimerais m'attarder sur un point particulier de cet évangile. Il faut toujours considérer les com­mencements d'un évangile comme quelque chose de très important car dès les premières lignes est donné à notre méditation ce que l'évangéliste a compris et ce qu'il veut nous faire saisir. C'est vrai pour l'évangile de Matthieu lu hier en son début, c'est vrai pour l'évangile de Marc : "Voix de Celui qui crie dans le désert" entendu il y a quelques jours, c'est vrai pour celui de saint Jean que nous entendrons le jour même de Noël, ce célèbre Prologue : "Le Verbe était auprès de Dieu". Le début de l'évangile de Luc a une impor­tance capitale pour saisir ce que Dieu veut nous dire aujourd'hui. Nous avons affaire à un prêtre Zacharie qui, une seule fois dans sa vie, pouvait offrir l'encens au Seigneur, le matin et le soir et pénétrer dans ce qu'on appelle le "naos" c'est-à-dire le sanctuaire. Le sanctuaire est la présence même de Dieu. C'est la ren­contre entre l'homme et son Seigneur, entre l'espace et Celui qui n'est pas saisissable, entre le temps et Celui qui est de toute éternité. Il est à noter que saint Luc emploie ce terme de sanctuaire : "ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le Sanctuaire." Le prêtre était chargé d'accomplir le geste de la demande du pardon des hommes au Seigneur. Et le Seigneur répondait par la bénédiction que le prêtre donnait à sa sortie du Sanctuaire. Or saint Luc n'emploie qu'une deuxième fois ce mot de sanctuaire et, cela est capital, à la fin de son évangile. "Le voile du Sanctuaire se déchira par le milieu et, jetant un grand cri, Jésus dit : "Père, en tes mains, je remets mon esprit." Ayant dit cela, Il expira." Et ceci après que, d'après saint Luc, Jésus ait dit : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."

Ce que Zacharie commence par la liturgie en entrant dans le Sanctuaire, en portant le pardon, en demandant et en réclamant la miséricorde, Dieu l'ac­complit en son Fils, Dieu le véritable sanctuaire, Jésus l'Alliance entre l'homme et Dieu. Et ce que Zacharie n'a pu faire pour les hommes, c'est-à-dire donner la bénédiction de Dieu, le Christ l'accomplit et ce sont les derniers versets de l'évangile de Luc. "Puis Il les emmena vers Béthanie et levant les mains Il les bénit. Et il advint que, comme Il les bénissait, Il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Pour eux (les apôtres), s'étant prosternés devant Lui, ils retournèrent à Jéru­salem en grande joie et ils étaient constamment dans le Temple à louer Dieu."

Pardon et bénédiction se réalisent en cette immense liturgie que Luc nous décrit avec ce prêtre qui entre dans le Temple mais qui ne peut avoir de sens et d'accomplissement que dans la personne du Christ. Et nous-mêmes, quand nous nous préparons à célébrer Noël, nous ne célébrons pas un anniversaire mais le fait que nous soyons effectivement devenus, comme le dit saint Paul, "le temple du Saint-Esprit". c'est-à-dire qu'en nous s'accomplit la liturgie du Christ, liturgie qui nous lie à Dieu, liturgie du pardon et de la bénédiction de Dieu, tel que cela se réalise aussi dans la messe lorsque, au début, nous deman­dons pardon et que la bénédiction, l'action de grâces, l'eucharistie, se réalise par nous, par la venue du corps du Christ en notre corps.

Comprenons donc que notre vie est, comme l'a voulu le Christ, une immense liturgie où doivent se réaliser ces deux aspects et que c'est là la réalisation de la Promesse du salut faite à nos Pères, dont nous vivons encore éternellement et qui se parachève en son Église. Que cette préparation à la fête de Noël soit pour nous, dans toute notre vie, et par les sacrements, réalisation de la promesse accomplie par Jésus.

 

AMEN

 

 

 
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