AU FIL DES HOMELIES

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COMBLÉE DE GRÂCE

Mi 5, 1-4 a ; Lc 1, 26-38

Vendredi de la troisième semaine de l'Avent – A

(19 décembre 1980)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Reims : Annonciation

N

 

e crains pas, Marie, comblée de grâce! Ne crains pas, Marie car tu as trouvé grâce auprès du Seigneur. Le Seigneur est avec toi. Tu es bénie entre les femmes."

Marie comblée de grâce. Nous nous imaginons difficilement de que purent être ces mois passés à attendre la venue du Seigneur. Pour Marie, ce fut d'abord cette joie extraordinaire d'être mère. Mais ce fut surtout ce moment d'une sorte de crainte et d'adoration, en réalisant, peu à peu, ce que voulait dire cette parole de l'Ange, en réalisant ce que ce "OUI" pouvait engager pour elle et pour cet enfant.

En effet, pour Marie, être recouverte de l'ombre du Saint Esprit, accueillir en sa chair le Fils de Dieu, c'est accepter que, tout indigne qu'elle soit, même si dès le moment de sa conception elle a été rachetée du péché, c'est accepter d'être emportée par le souffle même de l'Esprit, c'est accepter de vivre, comme en condensé toute cette histoire d'Israël qui vient de nous être décrite par le prophète Michée.

En effet, Israël a été choisi par Dieu, porteur de cette grâce extraordinaire et infinie : l'élection, cet amour unique et absolu du Dieu unique. Et voici que pour Marie, au moment même où elle entend la parole de l'ange, où elle accueille la promesse, en chair et en os, c'est-à-dire la promesse, l'être même du Fils de Dieu fait chair, à partir de ce moment-là, Marie comprend que c'est en elle que s'accomplit toute cette attente, tout ce dessein bienveillant de la part de Dieu, tout cet amour absolu de la grâce de Dieu qui se concentre sur elle parce qu'elle est comblée de grâce.

Frères et sœurs, je crois que, maintenant, nous qui sommes l'Église, nous qui sommes de la même race que la nouvelle Ève, il faudrait que, de temps à autre, au cœur même de notre attente, nous sachions entendre cette parole de l'ange, qui fut adressée à Marie, que nous soyons dans la joie, parce que, nous aussi, nous sommes comblés de grâce. Et notre attente est déjà une grâce. Et notre désir d'accueillir le Seigneur est déjà une grâce. Et la joie que nous avons, jour après jour, à l'accueillir dans le mystère de l'eucharistie est cette grâce extraordinaire qui nous est faite en attendant que nous soyons attendus par Lui, définitivement, dans son amour, au banquet du Royaume.

Frères et sœurs, en ce temps de l'Avent, il n'y a pas de meilleur modèle, pour savoir comment attendre, pour mesurer la grâce profonde de l'attente, que de nous tourner vers Marie qui a vécu, dans sa chair, ce mystère de l'attente de la naissance du Fils de Dieu, parce qu'elle en était plus proche que tout autre créature et qui a ainsi résumé dans sa propre chair, tout le mystère de l'attente d'Israël qui avait reçu la grâce d'accueillir le Sauveur. Et Marie, pour ainsi dire, reçoit individuellement la plénitude de grâce.

Qu'il en soit ainsi pour nous. Tout l'amour de Dieu est donné à l'Église, mais chacun n'en reçoit pas une part, chacun reçoit l'amour de Dieu tout entier.

 

AMEN

 
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