AU FIL DES HOMELIES

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DIEU A FAIT GRÂCE

Ml 3, 1-4+23-24 ; Lc 1, 57-66

Vendredi de la troisième semaine d'Avent – B

(21 décembre 1984)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

A

 

travers ce que l'on appelle les évangiles de l'enfance, selon saint Luc, nous est décrit le cheminement de la Parole de Dieu qui entre dans l'humanité. Vous vous souvenez comment cette Parole de Dieu, ces promesses de Dieu, étaient entrées dans la vie de Zacharie et d'Elisabeth qui tous deux étaient stériles et n'avaient pas d'enfant, comment cette Parole de Dieu est entrée dans le sanctuaire du Temple, là où Zacharie offrait l'encens, et où cette Parole s'était montrée efficace et agissante malgré l'incrédulité de Zacharie qui ne voulait pas croire à la possibilité d'accueillir encore un enfant dans leur foyer, malgré la puissance de la Parole de Dieu.

Aujourd'hui l'œuvre de la Parole de Dieu franchit une seconde étape. Si Zacharie a été rendu muet à cause de son incrédulité, Elisabeth a été rendue féconde, parce que rien ne résiste à la puissance de la Parole de Dieu. Et Elisabeth met au monde son enfant. Et là se présentent deux problèmes. Le premier c'est de trouver un nom à l'enfant, et la réaction des voisins est tout à fait significative. Cet enfant qu'on a attendu si longtemps, qui est la continuation de la ligne des héritiers de la famille de Zacharie, devrait normalement porter, lui aussi, le nom de son père. Cet enfant, pensent les gens de l'entourage, devrait se situer dans la ligne de la continuation de l'histoire d'Israël comme s'il n'y avait pas de problème. Israël n'a qu'un souci, c'est de durer, de continuer. Et ainsi l'enfant devrait simplement porter le nom de Zacharie, c'est-à-dire "Le mémorial de Dieu" ce qui fait que l'œuvre de Dieu continue à travers le cycle des générations. Mais ici, Elisabeth d'abord puis ensuite Zacharie manifestent qu'en réalité le nom de cet enfant ne peut pas être donné simplement en fonction de son enracinement dans l'histoire d'Israël, dans la chair d'Israël, mais d'abord en fonction de l'œuvre de Dieu, Jean, ce qui veut dire "Dieu a fait grâce !"

C'est le nom propre de Jean au sens où le précurseur n'aura pas d'autre signification dans l'histoire du salut que de proclamer par toute sa vie, par sa pénitence, par son appel à la conversion, par sa prédication pour ramener les cœurs des fils vers leurs pères "Dieu a fait grâce !" Dieu est en train d'accorder sa grâce en son Fils Jésus. Ainsi le nom de Jean-Baptiste c'est le nom qui désigne l'œuvre de Dieu. Par conséquent Jean-Baptiste ne montrera pas simplement le Christ par l'acte de baptiser mais toute l'existence de Jean-Baptiste, son nom, son être profond, c'est d'être la désignation du Christ, son précurseur.

Ensuite, il se passe cette chose, c'est qu'au moment même où Zacharie reconnaît, en écrivant sur une table le nom véritable de son fils, celui qui n'avait pas cru à la parole de l'ange croit lorsqu'il voit la nais~naissance de son enfant. Par la grâce de Dieu, l'incrédulité est remplacée par la foi, et à ce moment-là Zacharie, au moment de nommer son enfant, confesse les merveilles de Dieu. Il reconnaît que Dieu a agi, non seulement pour lui, mais pour Israël et que lui-même et son épouse ont été les premiers bénéficiaires de cette grâce que Dieu nous donne en Jésus-Christ. Alors la Parole de Dieu vient guérir celui qui n'avait pas cru. Elle lui ouvre la bouche pour qu'il proclame les merveilles de Dieu. D'une certaine manière Zacharie est le premier à être converti par son fils. Lorsque Jean naît, par sa seule naissance, il annonce le salut et le cœur de Zacharie, d'incrédule devient croyant. Zacharie est le premier bénéficiaire de l'annonce, par son fils, du salut qui vient.

Ainsi nous est manifestée, une fois encore, la puissance efficace de la Parole de Dieu. C'est un petit enfant, Jean-Baptiste, mais il est déjà le prophète du Très Haut, et à travers sa naissance, lui l'enfant bouleverse le cœur de son père. Qu'en ces jours où nous nous approchons de la fête de Noël, nous laissions retentir en nous cette parole, ce nom du précurseur. Lorsque nous fêtons Noël, nous fêtons simplement "Dieu nous a fait grâce, et Dieu nous fait grâce encore aujourd'hui."

Que cette grâce qu'Il nous fait ne soit pas simplement un souvenir, ne soit pas simplement même une façon de trouver nos racines, mais qu'elle soit plutôt la manière de trouver notre véritable identité : nous sommes les bénéficiaires du salut. C'est pour nous, les hommes, et pour nous combler de sa grâce, que le Christ est venu et qu'Il s'est fait précéder par Jean qui annonçait sa venue.

 

AMEN

 
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