AU FIL DES HOMELIES

Photos

UN DOUBLE ACCUEIL

Gn 18, 1-14 ; Lc 1, 5-25

Vendredi de la troisième semaine de l'Avent – C

(18 décembre 2009)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Mambré : la fontaine
Frères et sœurs, les deux textes de la liturgie que nous avons entendu racontant tous deux les prodiges d'une naissance, naissance dans les deux cas chez des personnes qui ne devraient plus enfanter, sont bien sûr un écho à la naissance prochaine de Jésus né d'une vierge. Face à cela, nous avons pour habitude, et d'ailleurs, c'est tout à faut juste, d'envisager le mystère de Noël plutôt sous l'angle de la venue de Dieu dans notre monde et dans notre chair. Et je le répète, cela est juste et vrai.

Cependant, je crois que si nous regardons d'une manière un peu plus large la première lecture, nous pourrions méditer sur le mystère de Noël à travers un angle un peu renouvelé. De fait, la première lecture qui nous est proposée est l'annonce de la naissance d'une enfant au sein d'un couple de vieillards, Abraham et Sara, mais nous oublions très souvent que le récit que nous entendons ne s'arrête pas là. Autrement dit, la logique du récit c'est de dire qu'Abraham accueille Dieu dans sa maison, il n'y a pas que lui qui fait la soupe il y a aussi Sara qui s'occupe de préparer le repas, et parce qu'Abraham a accueilli en sa maison Dieu, Dieu accueille tout de suite après, Abraham dans sa maison à travers ce récit que je trouve toujours merveilleux : "Est-ce que je vais cacher à Abraham ce que je vais faire à Sodome et Gomorrhe ?"

Noël ne doit pas être envisagé uniquement sous l'angle de Dieu qui vient se manifester parmi nous, mais le fait qu'au moment même où Dieu vient se manifester parmi nous, c'est l'humanité entière qui est invitée à entrer dans la société divine. C'est cela, ne l'oublions pas, le mystère de Noël. Ce n'est pas uniquement Dieu qui vient, c'est aussi parce que Dieu vient dans notre chair, que l'humanité entièrement renouvelée est insérée dans la société divine. C'est magnifique : même si c'est un peu comme un marchand de tapis, Abraham et Dieu se demandent combien vont être sauvés. Je vous l'accorde, l'histoire ne se finit pas tout à fait comme nous l'aurions souhaité, parce qu'on ne peut pas dire qu'il va y avoir beaucoup de sauvés à Sodome et Gomorrhe, mais c'est une autre histoire.

Ce que je veux dire, c'est qu'à travers chaque manifestation de la venue de Dieu, il y a nécessairement Dieu qui désire faire rentrer l'homme dans l'économie du salut. On le voit avec Abraham : "Vais-je cacher à Abraham ce que je vais faire à Sodome et Gomorrhe ?" et sans exagérer, vais-je cacher à Zacharie ce qui va se passer ? C'est-à-dire comment lui-même qui est sur la touche parce qu'il est stérile, peut-il se demander à quoi il va servir dans l'économie du salut. Il peut penser qu'il a fait son temps et que c'est fini, qu'il ne sert plus à rien dans l'histoire du salut. La venue de Dieu signifie à la fois cette venue de Dieu et en même temps la réintégration de ce qui est stérile et sur la touche dans le dessein du salut de Dieu.

C'est la même chose avec Marie et l'Ange qui vient la visiter. Ce n'est pas uniquement le fait que Dieu lui dit : tu vas être la mère de mon Fils, mais c'est qu'il l'intègre pleinement aussi dans l'histoire du salut et dans l'économie de Dieu.

Frères et sœurs, je crois que c'est cette question fondamentale qui nous est posée aussi dans notre méditation sur le mystère de Noël. Ce mystère est la question à laquelle nous avons à répondre : quand j'accueille Dieu dans mon cœur, quelles en sont les conséquences ? Est-ce que vraiment je comprends que j'ai ma place dans l'économie du salut et qu'est-ce que je fais pour participer à la venue de Dieu dans ce monde ?

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public