AU FIL DES HOMELIES

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TOUTES LES GÉNÉRATIONS

Lc 1, 46-56

Vendredi de la troisième semaine de l'Avent – A

(22 décembre 1989)

Homélie du Frère Michel MORIN

 

H

ier nous avons médité sur la béatitude de la foi de la vierge Marie qui a engendré chez Elisabeth, lors de la Visitation, ce frémisse­ment de bonheur. "Comment m'est-il donné que vienne à moi la Mère de mon Seigneur ?" Et ce fré­missement de bonheur, c'est à la fois la parole et la visite de Marie qui l'engendra en elle, mais aussi ce dialogue mystérieux extraordinaire de Celui qui est toute grâce, le Christ dans le sein de Marie, et de celui qui allait annoncer cette grâce, Jean-Baptiste encore dans le sein de sa mère. Ainsi la joie du salut, l'allé­gresse qu'avait annoncée Sophonie parce qu'il l'avait lui-même pressentie probablement dans sa propre vie, cette allégresse qui vient du cœur de la vierge, c'est-à-dire le Christ incarné, touche, rend joyeux, fait frémir de bonheur Elisabeth et son enfant.

Puis, du cœur de la Vierge, dans cette même béatitude de foi, jaillit ce chant de l'exaltation, ce chant du tressaillement de joie, ce chant où la Vierge manifeste par : ses paroles que cette allégresse n'est pas faite pour rester uniquement en elle, ni même entre Elisabeth et elle, mais qu'elle est comme une onde choc qui doit toucher toutes les générations. "Que les générations me disent bienheureuse !" Bien­heureuse parce que j'ai cru ! Bienheureuse parce que la Parole s'est faite chair en moi ! Bienheureuse parce que par moi se manifeste ce que le Christ veut faire pour chaque génération, c'est-à-dire pour chaque être vivant, c'est-à-dire encore pour les êtres vivants que nous sommes et ceux qui nous entourent. Il y a comme un déploiement missionnaire, apostolique déjà, de ce bonheur qui vient d'un Seigneur qui est reconnu désormais comme Sauveur. Sauveur des humbles, Sauveur des petits, Sauveur des affamés, Sauveur des véritables fils d'Abraham, non plus selon la chair ou la race mais selon le cœur et selon l'Esprit.

A propos du mystère d'Elisabeth et de la vierge Marie, Bède le Vénérable écrivait : "Il est heu­reux que la naissance du Seigneur et de Jean soit an­noncée prophétiquement par leur mère réciproque. Comme le mal a commencé par une femme, Eve, mère des vivants, le Bien devait recommencer par deux femmes qui seraient mères. La vie détruite par la dé­faillance d'une seule femme serait ainsi rendue au monde par ces deux femmes qui chantent ensemble les merveilles de Dieu pour elles et qui annoncent ces merveilles de Dieu pour tous les hommes, de généra­tion en génération." S'il n'est pas le moment de dé­velopper ce mystère et ce ministère de ces deux fem­mes, l'une stérile et l'autre vierge et qui sont mères, ce serait d'ailleurs un point de départ extrêmement inté­ressant pour toute la mission de la femme dans l'Église et dans le monde, mais ce n'est pas le jour de s'y attarder. Ces deux femmes représentent ce que nous sommes. L'Église, d'un côté stérile, Elisabeth, et la même Église immaculée, la vierge. Mais l'une et l'autre sont heureuses et enfantent à cause du Sauveur.

Que la vierge Marie, qu'Elisabeth ne fassent pas que notre regard s'attarde trop sur elles, mais que dans leur visage, dans leur béatitude de foi, dans leur allégresse, nous puissions, avec elles, tourner notre regard vers le Christ Sauveur et, comme elles, avoir à cœur d'aller courir pour l'annoncer à nos frères, pour que se réalise vraiment ce chant de la Vierge que nous chantons tous les soirs : "Toutes les générations me diront bienheureuse !" Que les hommes, les femmes, les plus proches de vous, connus, inconnus, croyants mais surtout incroyants, puissent, à cause de vous, peut-être, en ce Noël, tressaillir, frémir, en sa­chant, par votre chant de joie, que le Christ est aussi leur Sauveur.

 

 

AMEN

 

 

 
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