QUELQUES REFLEXIONS SUR LA QUESTION DE LA PRIERE …
Depuis trente-trois ans déjà dans cette paroisse …
Parmi les traits qui la caractérisent, notre paroisse (qui inclut les fidèles et les frères moines responsables de la vie pastorale), il
en est une assez originale et essentielle qui marque la vie quotidienne de la communauté : c’est la célébration de la liturgie des
heures. Dès l’arrivée des frères en août 1977, il y a toujours eu chaque jour non seulement la célébration solennelle de
l’eucharistie, mais aussi la célébration des laudes le matin, des vêpres le soir et, selon les circonstances, des vigiles comme offices
pour entrer dans la fête liturgique du lendemain. Tenir ce rythme durant 33 ans au centre de la ville d’Aix n’a été possible que
grâce à la ténacité aussi bien des paroissiens — dans ce cas, ça s’appelle vraiment des “fidèles” ! — que des frères. Il y fallait une
perception lucide et spirituellement forte de l’importance de la prière commune comme réalité fondamentale de la vie
chrétienne. Qu’il s’agisse de l’apprentissage des chants, de la régularité de la participation, de la joie de se retrouver ensemble à
chanter et louer Dieu, tout cela relève d’un art de vivre spirituel et du souci de faire de la prière en communauté une
dimension majeure de notre identité chrétienne. Pour ma part, je considère (et j’espère que je ne suis pas le seul à le penser)
que cette colonne vertébrale de la prière célébrée de cette façon a été un élément porteur aussi bien de la fraternité que de la
paroisse, à travers les vicissitudes que nous avons dû parfois traverser …
Je voudrais également souligner l’importance de la création musicale et littéraire d’un répertoire adapté, celui de la Liturgie
chorale du Peuple de Dieu, un ensemble (encore inachevé) de plus de 3000 pages de répertoire dont la musique est du frère
André Gouzes et les textes et traductions ont été écrits par les frères Jean-Philippe et Daniel : ce travail de quarante ans — on
vient d’en fêter l’anniversaire à l’abbaye de Sylvanès durant le week-end de la Pentecôte — n’a pas d’équivalent actuellement
dans le domaine francophone et ce qui saisit d’abord les fidèles de passage dans notre église à l’occasion d’une messe ou d’un
office, c’est précisément cette forme de prière dynamique et heureuse que, selon leur témoignage, on ne trouve pas souvent
ailleurs … De ce point de vue, je crois que le style de nos paroisses d’Aix et d’Istres (avec un peu moins de bouteille, car
seulement quatre ans d’âge !) constitue un cas unique en France (comme style de paroisse, j’entends)…
Par ailleurs, le pari explicitement engagé par la fraternité dès le début de sa fondation à Aix, était de proposer à tous les membres
de la communauté paroissiale de participer, selon les disponibilités de chacun évidemment, à la célébration des offices, pour la
bonne raison que la prière publique et communautaire dans l’Église n’est pas un privilège réservé aux moines mais une
dimension de la vie de tous les chrétiens. Pour dire clairement les choses : beaucoup ont entendu parler de la liturgie de Saint-
Gervais à Paris (qui a fait beaucoup pour qu’on en parle …) ; c’est chez eux la reprise de la même liturgie que la nôtre (moins
ensoleillée dans l’exécution !) ; la seule et unique différence, c’est que la communauté monastique de Saint-Gervais propose
une liturgie chantée par les moines et à laquelle les fidèles peuvent participer (ou assister), mais la célébration de l’office repose
sur la seule communauté des moines ; à Saint-Jean-de-Malte, nous avons fait un choix fondamentalement différent, car c’est la
communauté paroissiale comme telle (frères et paroissiens) qui célèbre l’office. Dans le cas de Saint-Gervais, c’est le modèle
bénédictin classique (autonomie de la communauté des moines par rapport aux autres baptisés), d’où le slogan qui les désigne
comme « moines dans la ville » et de ce point de vue, je dirais : « rien de nouveau sous le soleil », si ce n’est le déménagement
de la campagne à la ville. Dans le cas de Saint-Jean-de-Malte, le pari est nettement plus audacieux et novateur (et peut-être
casse-cou) : les frères, dès leur arrivée ont cru que l’office n’était pas une spécialité ou un privilège de moines “autonomes”,
mais une réalité fondamentale de la vie de l’Église à partager avec tous les baptisés qui aiment prier. On me dit qu’on ne le
répète pas assez, alors je le répète …
Un certain fléchissement ? de curieuses tendances …
Or, la participation aux célébrations liturgiques connaît depuis quelques années un recul assez sensible. Pour ma part, comme
prieur de la Fraternité et curé de cette communauté, j’ai demandé d’abord aux membres du conseil paroissial, puis à nous, les
frères réunis en chapitre, que nous réfléchissions sur cette situation. Nous souhaitons que le plus grand nombre d’entre nous,
en tant que membres de la communauté paroissiale réfléchisse également à ce problème (peu importe que vous soyez fans ou
allergiques à l’égard de la liturgie : « parlez-en, il en restera toujours quelque chose ! »). D’où la présente note qui vous fait part
de quelques fruits de nos discussions.
 On a toujours tendance à idéaliser le passé ; mais de fait, il semble qu’il y ait depuis quelques années un certain
fléchissement dans la fréquentation globale des offices ou des célébrations eucharistiques … L’habitude ou la lassitude ? Notre
communauté serait-elle devenue une paroisse saturée liturgiquement et notre célébration régulière des offices aurait-elle été
simplement un « effet de mode », utile il y trente ans, et maintenant dépassé ? S’il était vrai, un tel diagnostic serait affligeant :
il signifierait qu’une dimension aussi essentielle à la vie de l’Église que la prière publique et communautaire proposée à tous est
devenue un phénomène anecdotique ne correspondant plus à une nécessité profonde dans la vie des chrétiens …
 Une affaire de spécialistes ? Depuis trente ans, on pourrait imaginer que s’est produit un phénomène de « sélection
naturelle » : ceux qui savent chanter et ceux qui ne savent pas. D’où le fait que certains se sentent exclus d’une participation
active à cette liturgie, par manque de compétence musicalei. Mais c’est une mauvaise raison, la participation à l’office n’est pas
d’abord une affaire de compétence, mais de goût et l’essentiel est de favoriser le phénomène de transmission par contagion …
 Plus profondément, on assiste peut-être à un malaise qui se retrouve un peu partout dans les communautés chrétiennes
aujourd’hui : un réel manque d’équilibre entre la prière communautaire d’une part et la prière personnelle privée d’autre part, ainsi
qu’une perte de la complémentarité de ces deux domaines. En effet, beaucoup de chrétiens aujourd’hui, en raison du rythme assez
exigeant de leur vie et de leur emploi du temps, considèrent qu’ils n’ont plus le temps pour prierii.
D’où la tendance à se retrancher dans une pratique de la prière personnelle, privée et intime qui semble alors devenir un lieu de
ressourcement personnel dans le tourbillon de l’activité permanente. Par ailleurs, cette prière dont l’authenticité et la sincérité
ne sont pas à mettre en doute, n’a généralement pas beaucoup de moyens d’expression à sa disposition (on récite deux ou trois
prières, on “pense à Dieu” en regardant la Sainte-Victoire ou les nuages …) et devient de plus en plus pauvre dans son
contenu. On ne fait donc que creuser le fossé entre une prière riche de toute la tradition spirituelle, biblique, patristique, que
l’on croit réservée à quelques spécialistes, et celle qu’on pourrait nommer « la prière du charbonnier », à peu près aussi
simplette que sa foi ! Le résultat des courses, c’est l’aveu de tant de chrétiens qui reconnaissent ne plus savoir prier, un peu
comme ceux qui se plaignent de perdre leur forme physique parce qu’ils n’ont pas le courage d’arrêter de fumer … Il n’y a pas
de secret : ces deux dimensions (prière communautaire et prière privée) sont inséparables et doivent se nourrir l’une de l’autre.
Une prière de tendance piétiste/intimiste qui ne compte que sur ses sentiments et ses élans mystiques improvisés a vite fait de
sombrer dans une sentimentalité informe de type “mollusque” et, inversement, une prière communautaire sans vie intérieure
peut devenir très vite une tartufferie, ce qui n’est pas mieuxiii. J’ai ma petite idée sur ce sujet : chez les chrétiens, la prière est
présentée comme une grâce venant de Dieu, un cadeau (c’est l’enseignement fondamental de la foi chrétienne) : donc elle n’est
considérée comme accessoire et non obligatoire ! Elle est négligée et oubliée par méconnaissance. Tandis que dans d’autres
religions, la prière est présentée comme un commandement obligatoire imposé par Dieu : dans ce cas, la prière est pratiquée par
obéissance. Nous, chrétiens, nous devenons de plus en plus de minables représentants de la gratuité du salut et du caractère
accessoire et facultatif de la gratuité fondamentale de la prière et je comprends (avec honte) que, sur ce chapitre là, des adeptes
de religions non chrétiennes finissent par nous mépriser … Triste constat !
 Il y aurait sans doute bien d’autres observations à poursuivre dans cette analyse : difficultés et coût du stationnement en
ville … commodité des horaires et difficultés de synchronisation avec les moments forts de la vie familiale et les rythmes
scolaires … organisation de plus en plus itinérante du week-end, ce qui fait du dimanche un jour de congé et non plus un jour
où l’on vit de façon gratuite pour rencontrer Dieu (Le Jour du Seigneur est devenu un simple titre d’émission télé, au lieu d’être
un rythme fondamental de notre vie (cf. le débat sur l’ouverture des grandes surfaces le dimanche : heureusement qu’il y avait
la CGT pour appuyer la parole de quelques rares évêques courageux !) … Tous ces problèmes complexes prennent d’autant
plus de poids que l’on est prêt à mettre en balance cette dimension de la vie de prière avec la moindre difficulté. On comprend
que l’Église ait, aux époques précédentes, usé parfois de contraintes et de menaces pour sauvegarder le minimum (obligation de

 …Depuis trente-trois ans déjà dans cette paroisse …

Parmi les traits qui caractérisent notre paroisse (qui inclut les fidèles et les frères moines responsables de la vie pastorale), il en est une assez originale et essentielle qui marque la vie quotidienne de la communauté :

c’est la célébration de la liturgie des heures. Dès l’arrivée des frères en août 1977, il y a toujours eu chaque jour non seulement la célébration solennelle de l’eucharistie, mais aussi la célébration des laudes le matin, des vêpres le soir et, selon les circonstances, des vigiles comme offices pour entrer dans la fête liturgique du lendemain. Tenir ce rythme durant 33 ans au centre de la ville d’Aix n’a été possible que grâce à la ténacité aussi bien des paroissiens — dans ce cas, ça s’appelle vraiment des “fidèles” ! — que des frères. Il y fallait une perception lucide et spirituellement forte de l’importance de la prière commune comme réalité fondamentale de la vie chrétienne. Qu’il s’agisse de l’apprentissage des chants, de la régularité de la participation, de la joie de se retrouver ensemble à chanter et louer Dieu, tout cela relève d’un art de vivre spirituel et du souci de faire de la prière en communauté une dimension majeure de notre identité chrétienne. Pour ma part, je considère (et j’espère que je ne suis pas le seul à le penser) que cette colonne vertébrale de la prière célébrée de cette façon a été un élément porteur aussi bien de la fraternité que de la paroisse, à travers les vicissitudes que nous avons dû parfois traverser …

 

Je voudrais également souligner l’importance de la création musicale et littéraire d’un répertoire adapté, celui de la Liturgie chorale du Peuple de Dieu, un ensemble (encore inachevé) de plus de 3000 pages de répertoire dont la musique est du frère André Gouzes et les textes et traductions ont été écrits par les frères Jean-Philippe et Daniel : ce travail de quarante ans — on vient d’en fêter l’anniversaire à l’abbaye de Sylvanès durant le week-end de la Pentecôte — n’a pas d’équivalent actuellement dans le domaine francophone et ce qui saisit d’abord les fidèles de passage dans notre église à l’occasion d’une messe ou d’un office, c’est précisément cette forme de prière dynamique et heureuse que, selon leur témoignage, on ne trouve pas souvent ailleurs … De ce point de vue, je crois que le style de nos paroisses d’Aix et d’Istres (avec un peu moins de bouteille, car seulement quatre ans d’âge !) constitue un cas unique en France (comme style de paroisse, j’entends)…

Par ailleurs, le pari explicitement engagé par la fraternité dès le début de sa fondation à Aix, était de proposer à tous les membres de la communauté paroissiale de participer, selon les disponibilités de chacun évidemment, à la célébration des offices, pour la bonne raison que la prière publique et communautaire dans l’Église n’est pas un privilège réservé aux moines mais une dimension de la vie de tous les chrétiens. Pour dire clairement les choses : beaucoup ont entendu parler de la liturgie de Saint-Gervais à Paris (qui a fait beaucoup pour qu’on en parle …) ; c’est chez eux la reprise de la même liturgie que la nôtre (moins ensoleillée dans l’exécution !) ; la seule et unique différence, c’est que la communauté monastique de Saint-Gervais propose une liturgie chantée par les moines et à laquelle les fidèles peuvent participer (ou assister), mais la célébration de l’office repose sur la seule communauté des moines ; à Saint-Jean-de-Malte, nous avons fait un choix fondamentalement différent, car c’est la communauté paroissiale comme telle (frères et paroissiens) qui célèbre l’office. Dans le cas de Saint-Gervais, c’est le modèle bénédictin classique (autonomie de la communauté des moines par rapport aux autres baptisés), d’où le slogan qui les désigne comme « moines dans la ville » et de ce point de vue, je dirais : « rien de nouveau sous le soleil », si ce n’est le déménagement de la campagne à la ville. Dans le cas de Saint-Jean-de-Malte, le pari est nettement plus audacieux et novateur (et peut-être casse-cou) : les frères, dès leur arrivée ont cru que l’office n’était pas une spécialité ou un privilège de moines “autonomes”,mais une réalité fondamentale de la vie de l’Église à partager avec tous les baptisés qui aiment prier. On me dit qu’on ne le répète pas assez, alors je le répète

…Un certain fléchissement ? de curieuses tendances …

Or, la participation aux célébrations liturgiques connaît depuis quelques années un recul assez sensible. Pour ma part, comme prieur de la Fraternité et curé de cette communauté, j’ai demandé d’abord aux membres du conseil paroissial, puis à nous, les frères réunis en chapitre, que nous réfléchissions sur cette situation. Nous souhaitons que le plus grand nombre d’entre nous, en tant que membres de la communauté paroissiale réfléchisse également à ce problème (peu importe que vous soyez fans ou allergiques à l’égard de la liturgie : « parlez-en, il en restera toujours quelque chose ! »). D’où la présente note qui vous fait part de quelques fruits de nos discussions.

  • On a toujours tendance à idéaliser le passé ; mais de fait, il semble qu’il y ait depuis quelques années un certain fléchissement dans la fréquentation globale des offices ou des célébrations eucharistiques … L’habitude ou la lassitude ? Notre communauté serait-elle devenue une paroisse saturée liturgiquement et notre célébration régulière des offices aurait-elle été simplement un « effet de mode », utile il y trente ans, et maintenant dépassé ? S’il était vrai, un tel diagnostic serait affligeant : il signifierait qu’une dimension aussi essentielle à la vie de l’Église que la prière publique et communautaire proposée à tous est devenue un phénomène anecdotique ne correspondant plus à une nécessité profonde dans la vie des chrétiens …
  •  Une affaire de spécialistes ? Depuis trente ans, on pourrait imaginer que s’est produit un phénomène de « sélectionnaturelle » : ceux qui savent chanter et ceux qui ne savent pas. D’où le fait que certains se sentent exclus d’une participationactive à cette liturgie, par manque de compétence musicalei. Mais c’est une mauvaise raison, la participation à l’office n’est pasd’abord une affaire de compétence, mais de goût et l’essentiel est de favoriser le phénomène de transmission par contagion … 
  • Plus profondément, on assiste peut-être à un malaise qui se retrouve un peu partout dans les communautés chrétiennes aujourd’hui : un réel manque d’équilibre entre la prière communautaire d’une part et la prière personnelle privée d’autre part, ainsi qu’une perte de la complémentarité de ces deux domaines. En effet, beaucoup de chrétiens aujourd’hui, en raison du rythme assez exigeant de leur vie et de leur emploi du temps, considèrent qu’ils n’ont plus le temps pour prieriiD’où la tendance à se retrancher dans une pratique de la prière personnelle, privée et intime qui semble alors devenir un lieu de ressourcement personnel dans le tourbillon de l’activité permanente. Par ailleurs, cette prière dont l’authenticité et la sincériténe sont pas à mettre en doute, n’a généralement pas beaucoup de moyens d’expression à sa disposition (on récite deux ou trois prières, on “pense à Dieu” en regardant la Sainte-Victoire ou les nuages …) et devient de plus en plus pauvre dans son contenu. On ne fait donc que creuser le fossé entre une prière riche de toute la tradition spirituelle, biblique, patristique, que l’on croit réservée à quelques spécialistes, et celle qu’on pourrait nommer « la prière du charbonnier », à peu près aussi simplette que sa foi ! Le résultat des courses, c’est l’aveu de tant de chrétiens qui reconnaissent ne plus savoir prier, un peu comme ceux qui se plaignent de perdre leur forme physique parce qu’ils n’ont pas le courage d’arrêter de fumer … Il n’y a pas de secret : ces deux dimensions (prière communautaire et prière privée) sont inséparables et doivent se nourrir l’une de l’autre. Une prière de tendance piétiste/intimiste qui ne compte que sur ses sentiments et ses élans mystiques improvisés a vite fait desombrer dans une sentimentalité informe de type “mollusque” et, inversement, une prière communautaire sans vie intérieure peut devenir très vite une tartufferie, ce qui n’est pas mieuxiii. J’ai ma petite idée sur ce sujet : chez les chrétiens, la prière est présentée comme une grâce venant de Dieu, un cadeau (c’est l’enseignement fondamental de la foi chrétienne) : donc elle n’est considérée comme accessoire et non obligatoire ! Elle est négligée et oubliée par méconnaissance. Tandis que dans d’autres religions, la prière est présentée comme un commandement obligatoire imposé par Dieu : dans ce cas, la prière est pratiquée par obéissance. Nous, chrétiens, nous devenons de plus en plus de minables représentants de la gratuité du salut et du caractère accessoire et facultatif de la gratuité fondamentale de la prière et je comprends (avec honte) que, sur ce chapitre là, des adeptes de religions non chrétiennes finissent par nous mépriser … Triste constat ! 
  • Il y aurait sans doute bien d’autres observations à poursuivre dans cette analyse : difficultés et coût du stationnement en ville … commodité des horaires et difficultés de synchronisation avec les moments forts de la vie familiale et les rythmes scolaires … organisation de plus en plus itinérante du week-end, ce qui fait du dimanche un jour de congé et non plus un jour où l’on vit de façon gratuite pour rencontrer Dieu (Le Jour du Seigneur est devenu un simple titre d’émission télé, au lieu d’être un rythme fondamental de notre vie (cf. le débat sur l’ouverture des grandes surfaces le dimanche : heureusement qu’il y avait la CGT pour appuyer la parole de quelques rares évêques courageux !) … Tous ces problèmes complexes prennent d’autant plus de poids que l’on est prêt à mettre en balance cette dimension de la vie de prière avec la moindre difficulté. On comprend que l’Église ait, aux époques précédentes, usé parfois de contraintes et de menaces pour sauvegarder le minimum (obligation de la messe du dimanche !). On se réjouit de la confiance qu’elle a faite à l’homme moderne en supposant que sa libre décision est une réponse plus adéquate à la grâce que la soumission passive à un commandement. Mais on peut s’interroger sur la capacité des chrétiens actuels à témoigner vraiment de cette gratuité et de cette générosité qui est à la base de la prière.

Deux modestes suggestions … d’abord une modification d’horaire …

Nous avons constaté que le samedi soir, l’enchaînement de deux offices (vêpres à 19h et vigiles à 20h45) constituait un bloc un peu lourd et qui divisait au lieu de réunir les quelques rares participants (certains ne pouvant venir qu’à un seul office). Par ailleurs, le samedi soir est souvent un moment de convivialité social fort (on s’invite, on passe une soirée ensemble, etc.). D’où la proposition suivante : à partir du samedi 10 juillet, il y aura un seul office du soir à 19h, combinant une partie des vêpres (surtout le beau rite du lucernaire) et une grande partie des vigiles. Cet office devrait se terminer avant 20h, ce qui libère la soirée pour un moment d’amitié et de convivialité familiale. Alors, pourquoi ne pas faire de cette fin de journée du samedi (après la liturgie de Carrefour et la séance de piscine ou de tennis), un moment de prière où on pourrait venir en famille pour mieux entrer dans la joie du dimanche comme véritable Jour du Seigneur ? on va essayer …

Une session sur la prière à Notre-Dame du Laus

Une autre suggestion, plus ponctuelle, serait la suivante : pour aider les familles (et plus spécialement celles dont les enfants sont catéchisés sur la paroisse) mais aussi pour aider les autres membres de la paroisse qui s’y intéressent, nous proposons deux journées de prière dans un cadre différent (pour faire un break, comme on dit en français !), l’hôtellerie de Notre-Dame du Laus (près de Gap, 930m d’altitude, promenades faciles aux alentours, espaces de jeu, etc.) : un grand bâtiment dans la montage, capable d’accueillir de façon confortable et bien organisée de nombreux pèlerins et visiteurs, avec des espaces prévus pour enfants ou adolescents et des chambres pour les adultes … Bref, un cadre de montagne et un lieu vraiment idéal pour se retrouver et essayer de découvrir ensemble une expérience plus profonde de la prière (pas simplement des enseignements, mais  surtou des moments de rencontre et de mise en pratique de notre prière).

Nous vous proposons une date : du vendredi 12 novembre vers 18h au dimanche 14 novembre vers 16h. Nous avons choisi un week-end qui ne mord pas sur les vacances de la Toussaint, qui n’est pas encore en vraie période d’hiver (été de la Saint-Martin) et qui, suit immédiatement le 11 novembre …

Pour faciliter la participation la plus large, la paroisse se propose de prendre elle-même en charge les frais de séjour des enfants ; dans ce cas, les adultes auraient à régler leurs propres frais de séjour (environ 80€ par personne en chambre couple, en pension complète, ce qui ne semble pas excessif). Nous ne demandons pas d’inscription immédiate

Frère Daniel Bourgeois

i Il faut aussi déplorer que, parmi les choristes, certain(e)s se sentent une âme de garde-barrière ou de sentinelles liturgiques, n’exerçant pas spécialement les vertus du sourire et de l’accueil (ce que je trouve fort regrettable et, je l’espère, corrigible) … Il y va tout de même de l’avenir de nos célébrations.
ii Curieusement, on arrive à en préserver pas mal pour regarder la télé, activité éminemment “contemplative” …
iii Au risque de provoquer, j’avoue qu’il m’arrive parfois de jalouser le culte musulman, car indépendamment des dérives abjectes et infra-humaines de l’islamisme, je remarque que les musulmans “normaux” ont d’emblée une approche de la prière dans laquelle la dimension communautaire (prière et prédication du vendredi) se conjugue sans problème avec les cinq prières quotidiennes, et cela même chez le plus simple croyant. Je crains parfois que cette articulation si fondamentale et si simple soit perdue dans la mentalité occidentale « postchrétienne ».
 
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