AU FIL DES HOMELIES

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LAZARE EST TON NOM

Ez 37, 12 b-14 ; Rm 8, 9-11, Jn 11, 1-45
Cinquième dimanche de carême - année A (1er avril 1990)
Homélie du Frère Michel MORIN


Béthanie, le village de Lazare

 

Nicolas, David, Rachel, Isabelle, Julie, Benoît, Justine et Loïc, vous avez entendu avec nous ces deux paroles de Jésus, à Marthe et Marie : "Si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu" , puis Il dit à Lazare: "Sors du tombeau", et "Déliez-le, laissez-le aller". Ainsi lorsque Marie et Marthe et ceux qui les entouraient ont vu Lazare marcher, ils ont vu la gloire de Dieu en marche.

Vous allez être baptisés dans l'Église, vous savez, parce que vous êtes encore enfants, nous, nous nous en souvenons, que les premières choses de la vie, nous les apprenons de nos parents. L'Église qui vous entoure ce matin, est dans la foi, vos parents. Nous sommes votre père, votre mère. Aujourd'hui par mes paroles, l'Église dont vous voyez la multiplicité et la richesse des visages, c'est-à-dire des vies, a quel­que chose à vous apprendre, à vous confier de très important pour votre vie sur la terre, quelque chose que nous-mêmes nous essayons de vivre parce que déjà baptisés, que nous voulons mieux vivre chaque jour parce que nous avons entendu cette parole de Jésus adressée à chacun d'entre nous comme Il vous l'adressera au jour de votre baptême : "Lazare, sors du tombeau", François, sors du tombeau, Véronique, sors du tombeau, Jacques, sors du tombeau, Christine, sors du tombeau. Cette parole, nous l'entendons encore, car dans notre cœur il y a toujours un Lazare qui sommeille dans la mort, que Jésus veut ressusciter, que Dieu veut réveiller. Pourquoi ? pour que nous voyions sa gloire, c'est-à-dire tout simplement son amour, sa présence, sa proximité, son salut.

Le plus important, dans cet évangile, ce n'est pas que Lazare sorte du tombeau. D'ailleurs le voici le dernier mot de l'évangile : "Déliez-le et laissez-le aller". La leçon que Jésus nous donne et que l'Église qui est là, veut vous transmettre : à partir de votre baptême, vous sortez d'une sorte de sommeil, d'une sorte de mort, d'obscurité. Vous allez être déliés de tout ce qui, dans votre cœur, tient captif, la vie et l'amour de Dieu, vous allez commencer à marcher avec nous sur ce que les psaumes appellent la "terre des vivants. Avance dans la lumière du Seigneur sur la terre des vivants". En tant que baptisé, je marche, Seigneur, dans la lumière de ton amour, dans la puis­sance de ta résurrection. Tu es la résurrection et la vie, tu es le chemin sur la terre des vivants. "Déliez-le et laissez-le aller". Voyez-vous, je crois que, nous tous, les chrétiens, laïcs ou prêtres, jeunes ou moins jeunes, nous essayons, dans la foi en Jésus, de vivre de sa vie. Dans un monde où il y a souvent la mort, où nous connaissons la souffrance, nous voulons avancer cha­que jour dans la lumière de Dieu sur la terre des vivants.

Un romancier contemporain écrivit : "J'ai ap­pris que peu d'hommes vivaient avant de mourir". Eh bien, nous les chrétiens, en écoutant la Parole de Dieu chaque jour, nous apprenons à vivre de sa vie pour ne pas mourir, nous apprenons à accueillir sa Parole et son visage pour ne jamais être affrontés au désespoir de la souffrance et de la mort. Vous avez été guéris de toute puissance de mort et de mal, tout à l'heure, lors­que j'ai fait, au nom de l'Église et de Jésus, cette onc­tion d'huile fortifiante sur votre corps. Cela veut dire qu'il n'y a plus de mal radical en vous. Autrement dit, le mal n'a plus d'avenir en nous. Mais désormais l'avenir pour vous, c'est la vie de Jésus : "Sors du tombeau". Nous savons très bien, et nous vous le di­sons, que tout au long de notre vie, nous connaissons encore le mal, nous connaissons la tentation, nous succombons à la tentation, nous nous plaisons parfois dans le sommeil du tombeau et de la mort, mais nous savons que par la grâce de Jésus, par son pardon sou­vent reçu, par l'écoute attentive et régulière de sa Pa­role dans l'évangile, nous sortons de ces tombeaux et nous sommes toujours ressuscités, réveillés par Lui dans l'énergie intérieure de sa marche vers nous, avec nous, Lui le vivant, sur la terre de toutes nos morts. Oui, la mort et le mal n'ont plus d'avenir en vous. Jésus vient et tout votre avenir, comme le nôtre, est désormais caché en Lui. Alors, laissons-nous, comme Lazare, à la Parole de Dieu, être dépouillés, déliés de tout ce qui nous retient encore complices et captifs de force de mal ou de mort, pour être nous-mêmes la gloire de Dieu dans ce monde, en marchant dans la lumière et dans la liberté de Jésus.

L'oiseau chante, même quand la branche casse, parce qu'il sait qu'il a des ailes. Chantons la vie de Dieu, l'amour de Jésus, même au jour où notre vie terrestre cassera. Comme l'oiseau, nous n'avons rien à craindre : nous avons les ailes de l'amour, de la Résur­rection, de la vie pour chanter la louange du pardon et du salut de Dieu. Alors je vous redis, à vous qui allez être baptisés et à nous tous, frères et sœurs, cette pa­role du prophète : "Oui mon âme se réjouit en Toi, mon Dieu, Tu m'as revêtu des vêtements du salut lorsque j'ai été dépouillé de toute bandelette et de tout suaire, Tu m'as drapé dans le manteau de ton amour (Isaïe 60,10), "Tu m'as fait connaître le chemin de vie, Je m'avance dans la force de mon Dieu, Tu me com­bleras de bonheur devant ta face" (Ps 15,7-10).

 

AMEN

 

 

 
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