AU FIL DES HOMELIES

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FILS POUR QUE NOUS DEVENIONS DES FILS

Jr 18, 18-20 ; Jn 10, 17-39

Jeudi de la cinquième semaine de Carême –B

(1er avril 1982)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

A

u fur et à mesure que nous avançons dans la lecture de l'évangile de saint Jean, nous nous apercevons que la discussion extrêmement serrée qui a lieu entre Jésus et les juifs qui sont autour de Lui et qui écoutent son enseignement se déplace petit à petit, que le centre de gravité n'est plus là où il était au début. Au début, le problème portait sur la personne de Jésus, sur son sa situation vis-à-vis d'Abraham, la place de Jésus à l'intérieur de l'économie de l'histoire du salut. Jésus revendique : "Avant qu'Abraham fut, Je suis." Il dit qu'Abraham est à cause de Jésus et non pas Jésus à cause d'Abraham. Il s'affirme, Lui, comme le cœur et le point, la clé de compréhension de toute l'histoire d'Israël. Bien entendu, le peuple refuse d'écouter cette voix, parce que le peuple ne peut se référer qu'à ses ancêtres. Il ne veut pas reconnaître qu'il est, aujourd'hui, interpellé par la voix même de Celui qui vient.

C'est pourquoi Jésus, dans la suite de sa prédication avec les juifs, met l'accent, non plus sur sa situation personnelle, mais sur sa relation avec le Père. Il est le Fils de Dieu. Il est le consacré. Il est celui qui a reçu l'onction du Père. Il est celui qui vient nous parler de choses que nous ne connaissons pas, parce qu'Il est l'Envoyé du Père. Il n'agit pas de Lui-même, mais il fait ce que le Père qui l'a envoyé lui demande de faire. Jésus veut manifester à son peuple que ce n'est pas lui seulement qui est en cause, mais que le cœur même du débat c'est la relation même de Fils qu'il a avec son Père. Oui, il est Fils de Dieu. Et si le peuple qui est autour de lui ne veut pas entendre cette parole, c'est parce que le peuple ne veut pas comprendre encore ou plus exactement ne peut pas comprendre le dessein de Dieu sur eux, sur ce peuple. Parce que Jésus est fils, et qu'il est venu de la part du Père, il vient annoncer à tous les hommes qu'eux aussi doivent devenir des fils de Dieu, et que, eux aussi, sont appelés à être à être appelés dieux par participation parce qu'ils doivent devenir participants de la nature divine.

En régime de foi chrétienne, sont inséparables d'une part cette manifestation de Jésus comme le Messie, Il est celui qui porte en lui tout l'amour du Père, Il est celui qui aime infiniment son Père, et en même temps, parce qu'il manifeste cela aux hommes, il nous dévoile notre véritable vocation, notre véritable appel, c'est de devenir, à notre tour, par adoption, dans le Christ, en vivant l'aventure de sa mort, de sa croix et de sa résurrection, de devenir, nous aussi, des fils de Dieu. Ainsi, le refus ou l'acceptation de Jésus-Christ, ne concerne pas uniquement la reconnaissance de ce qu'il est, mais indissolublement, la reconnaissance de ce qu'Il est et de ce que nous sommes. Si nous ne le reconnaissons pas dans cette relation privilégiée qu'Il a avec son Père, alors, nous-mêmes nous serons incapable de reconnaître que nous sommes appelés à être fils.

Marcher vers la Pâque, à la suite du Christ, c'est reconnaître inséparablement deux choses. C'est reconnaître que nous le suivons parce qu'il est "le Fils", et aussi parce que nous sommes appelés à être des fils. Si l'on ne vit qu'une seule chose, on ne suivra pas le Christ. Si l'on méconnaît l'une, on méconnaîtra l'autre. Alors, dans ces quelques jours qui nous séparent de la fête de la mort et de la résurrection du Christ, demandons-nous où nous en sommes, et de notre foi pour reconnaître que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, et de notre existence et de notre désir pour savoir si, en vérité, nous voulons être fils.

 

AMEN

 
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