AU FIL DES HOMELIES

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NUL NE PEUT LES ARRACHER DE MA MAIN

Dn 3, 13-20+46-52+91-92+95 ; Jn 10, 17-39

Jeudi de la cinquième semaine de carême – C

(9 avril 1992)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

A

u-delà de certaines ombres et d'un certain drame qui se tisse dans ces passages d'évan­gile, notamment quand Jésus s'approche de sa Passion, nous pouvons trouver quelque lumière rassurante pour nous. Aujourd'hui le Christ parle de Lui et de ceux qui lui sont attachés et qu'Il nomme brebis Et ce qui est consolant pour nous, c'est que ces brebis ne sont pas loin de leur Seigneur, loin de leur pasteur.

"Nul ne peut les arracher de ma main", nul ne peut arracher de la main du Seigneur ce que le Dieu tout-puissant a donné à Jésus et ce que le Père a donné à son Fils ce sont ses brebis. Quelles que soient les situations, quelles que soient les difficultés, rien ne peut séparer la brebis de son pasteur. C'est pour­quoi, en nous-même et dans notre vie, même si nous vivons parfois difficilement, et parfois même malgré notre péché, nous pouvons être sûrs que le Pasteur n'est jamais loin de nous et que peut personne ne peut nous séparer, nous arracher de Lui.

Saint Paul le dira : "Qui nous séparera de l'amour du Christ ? Ni la haine, ni la tribulation, rien ne peut nous séparer de Celui qui donne sa vie pour nous." C'est pourquoi nous devons vivre un attache­ment très profond et confiant en la personne de Jésus, sachant qu'Il est vraiment Celui qui nous conduit, Celui qui nous guide mais aussi Celui qui nous fait vivre. Mais nous ne pouvons pas être des brebis soli­taires. Une brebis toute seule, ça n'a pas de sens. Il faut qu'elle soit dans une bergerie, qu'elle soit dans le troupeau pour avoir toute la nourriture voulue. C'est pour cela que quand on lit cet évangile c'est signifié par cette parole du Christ dans le Temple. Il va et vient dans le Temple et Il parle de ses brebis qui écoutent sa voix.

Le Temple nouveau c'est l'Église, donc le Christ est présent dans son Église et l'Église est le lieu naturel où chaque brebis, chaque chrétien doit pouvoir trouver la nourriture. Certes on peut toujours être croyant mais pas pratiquant, mais il est difficile d'être chrétien et pas pratiquant car sinon cela n'a aucune signification. On peut être croyant et essayer de brouter quelques herbes en dehors de la prairie de l'Église, mais malgré tout ces herbes sont trop maigres pour nourrir substantiellement un croyant. C'est pour­quoi l'Église existe, c'est pourquoi le Christ veut que cette Église soit comme une bergerie. C'est pourquoi Il se présente Lui-même dans son évangile comme la porte de la bergerie. Et cela est signifié par le fait que Jésus se tient au portique de Salomon dans le temple de Jérusalem, portique qui voyait défiler de nombreu­ses personnes.

Nous ne pouvons pas être arrachées des mains du Christ, du pasteur. Pourtant Jésus accuse certains juifs, les scribes et les pharisiens, de ne pas être ces brebis, de ne pas vouloir être à la charge du pasteur. C'est pourquoi nous comprenons que dans ce que nous dit le Seigneur nous avons à vivre la réalité du Pasteur dans la confiance, dans la foi. Mais ces scri­bes, ces pharisiens et certains de ces juifs vont vouloir arracher aux brebis leur pasteur. "Ma vie nul ne la prend, mais c'est Moi qui la donne !" dit Jésus. Cela certains ne l'ont pas compris. Ils vont tenter de séparer le berger de son troupeau. Ils essaieront de l'arracher. C'est pourquoi en clouant le Christ sur la croix, en l'élevant de terre, ils essaient de l'arracher matérielle­ment à son troupeau. Ils l'arrachent de la vie pour le conduire à la mort ce Pasteur qui, Lui donne la vie. Et paradoxalement le signe même de l'arrachement va devenir le signe de la communion entre les brebis et le pasteur. C'est au moment où le Christ est élevé de terre, où Il est arraché de ce monde et aux hommes par ceux qui le haïssent, qu'Il devient à la fois voie, chemin, vie et vérité, nourriture, lumière dans l'obscu­rité du drame de la croix.

Où sont les brebis ? Elles sont près de la croix. Le Christ a dit de Lui-même : "Lorsque Je se­rai élevé de terre, j'attirerai tout à Moi !" Il y a le centurion, cette brebis qui reconnaît : "Cet homme est vraiment le Fils de Dieu !" Il y a l'apôtre Jean, il y a Marie, la brebis qui est le fils, la brebis qui est la Mère, il y a le brigand à côté du Christ qui entend : "Aujourd'hui, Tu seras avec Moi en paradis !" Nul ne peut arracher les brebis de la main du Fils car le Père les lui a données et elles écoutent sa voix. Il dit : "J'ai soif !" et elles répondent à ce cantique d'amour.

 

 

AMEN

 

 
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